Huit ans de nous


Ce week-end, c’était l’anniversaire de cette petite chose mignonne. Alors, on a fait des longues balades, des câlins et un détour chez le boucher.

Holly a eu huit ans. Je n’aurais jamais cru pouvoir l’aimer aussi fort et qu’elle rendrait mon quotidien aussi doux, drôle et joyeux. Qu’elle me rendrait aussi, à sa façon, un peu plus forte, grande et adulte.

Ensemble, on a bravé des tempêtes. Elle est la spécialiste pour faire le clown et me faire rire quand mon univers devient trop gris. Elle me pousse, chaque jour, à prendre l’air, à respirer et à observer le ciel. A ralentir et à vivre. Elle me fait tout oublier à coup de ronrons, de gratouilles et de câlins. Elle est ma fenêtre de respiration quand je travaille trop et que j’oublie de penser à moi. Elle est mon point d’ancrage à chaque fois que je tangue.

Je suis la spécialiste pour fuir quand il faut s’engager et prendre une décision importante. Pourtant, ce jour-là, quand j’ai croisé sa petite bouille, je n’ai pas réfléchi. J’avais vingt-quatre ans. Je venais de terminer mes études. Je ne savais pas vraiment où je voulais aller.

Une fois à la maison, j’ai paniqué. Je me suis sentie submergée par les responsabilités : comment s’occupe-t-on d’un autre que soi quand on a l’impression d’être encore un bébé ? Elle me semblait si fragile et minuscule. J’avais peur de ne pas être à la hauteur de cette petite vie.

Et vous savez quoi ? Huit ans après, tout va bien et c’est sûrement la plus belle décision de ma vingtaine. On grandit, on s’aime, on voyage – et on fait des affiches – ensemble.

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Et puis, novembre


Ici, ça fluctue et secoue.

On est en zone de turbulences. J’essaie de me concentrer sur ce que je maîtrise et de laisser passer le reste. Je respire lentement. J’écoute le ronronnement d’Holly.

J’observe le ciel en me rappelant, qu’à l’image des nuages, tout évolue, tout passe, tout change. Que derrière chaque ciel gris se cache un invincible été.


Quand je sens que je tangue, je me console en pensant que cela n’est – pour le moment – qu’une histoire de quelques semaines et que cela ne sert à rien d’imaginer demain. Demain, tout ira bien, puisque c’est écrit. Qu’on est forts et résiliants quand je vois ce que l’on a, tous, accompli depuis le premier janvier.


Et puis, malgré tout, je me demande à quoi ressemblerait un Noël confiné et l’économie après un Noël qui n’en n’est pas un. Je pense beaucoup à toutes les personnes en souffrance. Je pense aux élections américaines, aux attentats, à cette liberté et folie qui semblent s’être évaporées depuis quelques mois déjà.

Je pense à ce qu’ils appellent « le monde d’après » et à ma place dans celui-ci.



Certains jours, je semble avoir de l’énergie pour rendre le monde, à ma portée, un peu plus tendre à coup de mots et de regards positifs. Je mets en place des routines et des projets pour tenter de ne pas me laisser engloutir, pour rendre ce moment un peu plus joyeux, pour continuer à m’étonner de la beauté du monde.

D’autres, j’ai envie de glisser sous ma couette en attendant que le soleil brille. Je voudrais pouvoir, sur un coup de tête à nouveau, prendre la route, oublier les heures, la fatigue et kilomètres, et m’arrêter quand j’en aurais retrouvé le soleil et la mer.


J’ai cette chance et facilité d’être, par nature, joyeuse et enthousiaste. Je sais que la tempête intérieure va s’amenuiser au fil des jours. Je le sais et je suis confiante.
En attendant, je m’autorise à ralentir, à rêver, à aimer, et à prendre soin de moi et de ceux qui éclairent mon ciel.

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L’été au ralenti

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude
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Cela n’est jamais vraiment prévu et organisé à l’avance. Pourtant, je le sais. Cela fait bientôt dix ans que je travaille à mon compte et je commence à plutôt bien me connaître.

Chaque été, je ralentis. Je vis au ralenti. Je suis la ralentie.

Il y a cette chaleur, que j’aime tant, qui me berce et m’enveloppe. Les escapades sur un coup de cœur, les vitres ouvertes et les chansons que l’on chante un peu trop fort, un peu faux aussi, sur le trajet. Les villages et les paysages inattendus rencontrés sur le chemin, et mes “oh” et “ah” d’émerveillement comme si d’un été à l’autre j’oubliais la beauté des routes et du ciel d’été.

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude

Les baignades en fin d’après-midi et les soirées qui s’étirent à observer les étoiles. L’odeur du barbecue et celle de la lavande. La peau salée et les cheveux qui ondulent et prennent une couleur caramel à mesure que l’été avance. L’orage qui surprend au milieu de la nuit et les petits déjeuners sur la terrasse au soleil.

Il y a les siestes improvisées dans l’herbe et les livres dévorés à l’ombre d’un arbre. Les rêves qui infusent, la lumière et les couleurs des beaux jours qui semblent mettre un filtre poétique sur le moindre geste du quotidien.

Il y a cette drôle de façon de se créer du temps juste pour soi, à soi, de le tordre et de l’étirer. Cette façon, brutalement, d’être attentif à son rythme et à son intuition, de se retrouver et de se surprendre à observer son imagination en ébullition.

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude
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Les photographies ont été prises à la joli maison d’hôtes Camella Lloret dans l’Aude.

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