Tout ce qui nous lie


« Si tu ne saisis pas le petit grain de folie chez quelqu’un, tu ne peux pas l’aimer. Si tu ne saisis pas son point de démence, tu passes à côté. Le point de démence de quelqu’un, c’est la source de son charme. »

Gilles Deleuze

Avec les années, mes amis sont devenus essentiels à mon équilibre. Ils sont ma boussole, mon espace d’expression et de liberté.
J’ai mis beaucoup du temps à me faire des amis. Petite, j’avais peur. Je donnais peu de moi. Je me protégeais. Ou plutôt, j’essayais de me protéger. Je voulais être parfaite. Je voulais aussi, je crois, qu’on m’aime. Je jouais la meilleure version de moi-même. Je jouais la perfection.

Et un jour, je ne sais ni trop comment ni trop pourquoi, j’ai enfin compris : j’ai compris qu’en amitié, comme en amour, on n’obtient rien sans se mettre à nu. J’ai compris qu’il faudrait que j’accueille et offre ma vulnérabilité si je voulais que l’autre, en face de moi, m’offre la sienne. J’ai compris, ce jour-là, qu’on ne m’aimerait jamais parce que je semblerais heureuse et équilibrée mais que l’on m’aimerait, toujours, pour ma sincérité et pour, c’est un peu bête, oui, celle que je suis. Qu’on m’aimerait autant pour mes fêlures et ma fragilité que pour mes réussites.

Sans vraiment m’en rendre compte, j’ai baissé doucement la garde. J’ai levé la tête et je me suis regardée. En m’apprivoisant, j’ai oublié la peur du jugement et du regard de l’autre. J’ai oublié cette recherche, vaine, de perfection. J’ai appris à m’aimer et je me suis alignée. J’étais alors prête à m’accueillir, puis à accueillir, l’autre. Je me suis ouverte.
Et, alors, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire. J’ai rencontré, tout à coup, sur mon chemin, une poignée de personnes formidables, qui sont devenus, au fil des mois et des années, mes essentiels.

Alors, j’ai écrit cette affiche en pensant à eux. A ces êtres incroyables qui sont là pour rire pour un oui, pour une bêtise. Qui sont là pour me secouer quand je tremble, quand j’ai peur et quand je dis que je n’y arriverai pas cette fois. Qui sont là quand je fais une bêtise (souvent donc !) et quand je grimpe fièrement – ce qui me semble – des sommets. Qui sont là pour aller boire des verres jusqu’au petit matin et m’écouter radoter et pleurer, durant des heures, sur le même sujet. Qui sont là pour relire patiemment mes affiches (merci Benoit, c’est grâce à toi qu’on évite une énorme coquille sur cette affiche !) et veiller sur moi.

Alors, voilà, j’ai écrit cette affiche égoïstement pour leur dire merci : vous êtes, quand même, les meilleurs amis du monde.


L’affiche sur l’amitié est disponible sur Les mots à l’affiche. Et si vous avez, vous aussi des amis formidables et que vous ne savez pas trop comment leur dire que vous les aimez, vous êtes autorisés et encouragés à partager cet article.

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