Un bonheur simple
Insérer la clef dans la serrure, et retrouver son appartement comme on l’avait laissé. Les photographies sur les murs, les mille post-it, l’odeur de vanille laissée par la dernière bougie allumée, ont un goût de doudou. On est alors submergé. Le silence étourdissant, la douceur du canapé, et tout ce bordel minutieusement organisé sont intacts. On se laisse flotter par cette familiarité saisissante. On ne se sent jamais autant chez soi qu’après une absence.
Malgré la nostalgie du retour, ces premiers instants sont tendres. On se sent bien chez soi. On y retrouve un certain équilibre. Une harmonie, un bonheur simple. Au fil des mois sous la peinture, ou peut-être sous les rideaux, s’est glissée une part de soi, une part qui rassure, cajole et frappe par son intensité après une absence. A chaque fois qu’on s’imagine à la découverte du monde, qu’on rêve de voyages infinis, on devrait y penser. Vivre, avec pour seul chez soi un sac sur le dos, n’est peut-être pas toujours aussi simple et douillet qu’on aime le rêver.
Ces soirées-là, on se laisse toujours tomber dans le fauteuil moelleux près de l’entrée. C’est devenu un rituel, muet et spontané juste après avoir déposé le sac sur parquet. Alors, à chaque fois, on saisit le livre à coté. On y feuillette quelques pages. La lecture n’a pas la même saveur ailleurs, on le sait. Le silence, la luminosité, et cette absence d’impératifs rendent l’instant précieux. On savoure la soirée. On se laisse happer par l’atmosphère. On se plonge dans les photographies de vacances. Avec un autre regard, on découvre le voyage. Vers vingt-deux heures, on pense à manger quelque chose. Le repas sera simple. Une salade, des coquillettes, ou un œuf. On est l’enfant rassuré qui retrouve sa maison, son univers. On a pas besoin de grand chose. On a déjà tout.
A cet instant-là, on est rassuré, on se sent bien. Tout est à sa place. Tout simplement.







