Porto – informations pratiques

Informations pratiques de Porto


 

Pour finir cette série d’articles sur Porto, voici quelques adresses et lieux chouettes que j’ai pu tester qui m’ont particulièrement plu.  C’est aussi ma façon à moi de prolonger encore un peu les vacances.

Commençons par les nombreuses caves à vin de Porto. On associe souvent le tourisme de Porto avec son vin. J’ai testé la Cave de Calem. La visite était suivie d’une dégustation et d’une prestation de Fado.  Il faut faire attention lorsque vous réservez et si vous désirez absolument avoir une visite en français. Lorsque nous sommes arrivés, la visite initialement prévue en français s’était transformée en anglais. N’hésitez pas à insister si vous y tenez absolument.

Ensuite, je ne pourrais que vous conseiller d’aller manger au restaurant de la Casa de la Música. Cela sera l’occasion de découvrir le bâtiment conçu par Rem Koolhaas. Le repas a été parfait. C’était très bon, le service irréprochable et les plats joliment présentés. Et, ce n’était pas excessif. Nous en avons eu pour 60/70 euros avec un menu, un menu à la carte – les deux avec dessert –  et une bouteille de  vin. Le restaurant se transforme au alentour de 23 heures en salle de concert. C’est aussi l’occasion de savourer un bon repas en profitant du concert. Le restaurant se situe tout en haut de la casa de la Musica et offre une vue panoramique de la ville de Porto. Bref, parfaitement parfait.

Lorsque vous serez au centre ville, vous pourrez vous reposer – Porto monte et descend sans cesse ! -, en allant siroter un verre au Majestic Café. C’est un café ancien dans un style baroque. C’est l’endroit idéal pour reprendre des forces avant de continuer la visite de Porto.

N’oubliez pas, non plus, d’entrer au sein de la gare São Bento. Les azulejos sont tout simplement magnifiques.

Enfin, plusieurs d’entrevous me l’avez conseillé avant de partir : la visite de la bibliothèque Leelo. C’est tout simplement éblouissant, surprenant, fou, parfait. C’est la librairie que l’on voudrait tous avoir à coté de chez soi. Il est même possible de boire un café au dernier étage de la bibliothèque. Si vous allez à Porto, ne la ratez pas !

Et l’essentiel, ouvrez grand les yeux ! Partez à la rencontre des portuans – si vous ne parlez pas, comme moi, portugais, n’hésitez pas à parler espagnol-français-anglais. La richesse d’un pays, d’un lieu se construit avant tout part les personnes qui l’habitent.

J’ai été touchée par la gentillesse des portugais et leur effort pour nous comprendre. C’est la première fois que je ressens cela aussi fort lors d’un voyage. Je me suis sentie vraiment la bienvenue. Tous, ont eu un petit mot gentil, un conseil, une anecdote pour que l’on se sente bien et que l’on découvre les meilleurs aspects de Porto. C’est doux de se sentir si chaleureusement accueilli dans un pays, et cela donne envie d’y retourner.

 


Le voyage sur Porto s’achète déjà. J’espère vous avoir donné envie de visiter cette ville qui m’a beaucoup touché. Il y a de nombreux vols vers Porto. Alors, pour (long) week-end, cela peut être plutôt chouette.

Vous pouvez toujours retrouver le premier article, le second sur la Pousada, et le troisième sur Porto.

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Vers le Sud


On pose nos bagages en Espagne ?

 

Je me souviens la dernière fois où j’avais fermé la porte de l’appartement. C’était en juillet, je pleurais. Je savais que cette ville allait me manquer. Je ne savais pas encore comment. J’avais serré les petits poings et m’étais promis d’y revenir. Dans moins d’un an, croix de bois, croix de fer.

Le 11 août, je revenais sur mes pas. J’avais l’impression que cela faisait une éternité. Deux ans, deux ans où j’ai repoussé mes envies d’Espagne. Durant le trajet, les images se cognaient. Depuis ce départ, la vie s’est imposée. Parfois, je m’en mords les lèvres de me laisser autant glisser et de ne pas attraper le temps qui passe. De ne pas prendre le temps qui passe.

Mille fois durant le trajet, j’ai eu envie de tout plaquer. Voyager-enseigner-créer-vivre. Tout. Les longs trajets sont le moment idéal pour faire le point. Et rêver plus que de mesure. Dans le lecteur CD, il y avait toujours ce vieil album de Biolay qui tournait en boucle. Les sept heures de route se sont évaporées.

A l’arrivée, il faisait une chaleur moite, une chaleur qui enveloppe. La fatigue collait au front. Un sourire accompagnait à chaque respiration. A nouveau, j’étais à Valencia. Comme avant, j’ai dormi avec la fenêtre grande ouverte. Il n’y a qu’en Espagne où le bruit de la rue ne me dérange pas.

Cette semaine-là, on a beaucoup discuté. En quelques jours, on est allés, plus de fois, à la plage que lorsque j’y vivais. On a cuisiné,  ensemble. J’ai retrouvé mes marques. Il fallait que je vois que tout était toujours là. A sa place. L’université, mon ancien appartement, la mer à perte de vue. Aller à Port Saplaya, me perdre dans la vieille ville, manger dans le restaurant chinois du coin de la rue. On a trinqué dans le bar d’en face, les mojito avait toujours le même goût. On a passé plusieurs soirées au 100montaditos, tissé des histoires en deux langues, programmé des futurs voyages.

Au début de la semaine, on a pris la voiture et on est partis tous les quatre vers le Sud. Le voyage sentait la bonne humeur. A Cordoue, on a mangé le meilleur salmorejo d’Espagne, découvert ses ruelles et ses patios fleuris. On s’est perdus et retrouvés face à sa mosquée. A l’intérieur, sa beauté nous a rendu muet. A Grenade, on a mis vingt minutes pour se garer dans la petite place et faire enfin nos premiers pas dans la vieille ville. A chaque respiration, une odeur d’oranger s’infiltrait dans nos poumons. On a visité le vieux marché arabe, refait le monde autour d’un verre de Tinto de Verano et fini la soirée au bar d’en face de l’hôtel parce qu’il portait mon nom. L’Alhambra, cet air de flamenco qui flotte dans les rues, la cuisine Andalouse, c’était parfait.

Le 18 août, c’était déjà l’heure du départ. On s’est promis de se revoir, tous, bientôt. Le 20 août, à 8 heures, je regardais les appartements à Valencia avec vue sur la mer.

 

 


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La vie en arrondi


Et à nouveau, y voir

 

J’ai toujours un pincement au cœur à l’idée que la lutte est finie, que maintenant je devrais toujours les porter.

Aujourd’hui, lorsque je les retire, mes yeux se reposent. Ils ne se battent plus. Les lettres et les visages restent flous. A cinq ans, le verdict était tombé. Mes yeux étaient déjà fatigués. La guerre, déclarée. Les lunettes, je les cachais au fond de mon cartable. Je rusais pour ne pas avoir ce bidule bizarre et trop lourd sur mon nez. Au collège et jusqu’au lycée, mes yeux étaient tant bien que mal parvenus à se réparer. J’avais dans mon sac des lunettes de confort. Au fil des années, ma vue a de nouveau dégringolé. Le Master, les journées rivées face à un écran et la fatigue ont mordillé mon regard.

En mars, je me suis résignée. Cela faisait des années que je repoussais ce jour où je devrais voir un ophtalmologiste. Je m’étais habituée à y voir flou, en arrondi. J’étais de celles qui ne reconnaissent pas les gens qu’elles croisent dans la rue, qui mettent deux minutes de plus pour retrouver la table de ses amis dans un bar et qui disent qu’elles n’ont rien vu quand cela les arrange. Je vivais dans un monde fait de courbes et d’impressions, un rempart vaporeux face au monde. Cela ressemblait à un tableau impressionniste. Et, c’était plutôt joli et douillet.

Les migraines et mes trajets nocturnes ont eu raison de moi. En mars, j’allais voir un ophtalmologiste. Quelques jours plus tard, on me tendait une jolie paire de lunettes. Au départ, c’était étrange. Cela me donnait le tournis et, quand je les portais, j’avais la sensation d’être pompette. Dans le miroir, j’avais l’impression de me découvrir. Plus carrée, plus nette. Il y avait tout un monde à apprendre.

J’ai de plus en plus de mal à vivre sans. Elles me suivent partout. Lorsque je ne les porte pas, je me sens plus fragile. Elles me manquent. Parfois, je lutte. Je les retire durant quelques heures. Puis, toujours, je capitule.

Alors, voilà, je suis une fille à lunettes. Et vous ?

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