
De Grenade, je me souviens de ses ruelles étroites, de sa musique envoûtante et de cet appartement tout blanc que nous avons loué à la dernière minute. Le petit déjeuner en face, les heures de marche la tête en l’air et des verres qui se prolongent tard dans la nuit. La Sangria glacée, le jambon de Serrano et la découverte de la ville au crépuscule. La gentillesse de Pablo, la vue sur la Sierra Nevada au petit matin et son ciel azur.
Je me souviens de cette minuscule carte qu’on tournait dans tous les sens. Et nous, autour d’elle. De ces photographies prises la nuit, et de cette joie tout à coup figée qui frappait. De la bonne humeur de Luisa dès le réveil malgré la fatigue et les ampoules qui s’accumulent, et de ces paroles qui touchent plus que d’autres. De ce bonheur d’être ensemble, de ce plaisir inchangé à découvrir le monde à quatre yeux. Toujours.
J’en garde un souvenir moelleux. Là-bas, je m’y suis sentie bien. Là-bas, on a commencé à évoquer la possibilité de s’installer en Espagne. Quelques semaines, quelques mois ou quelques années. Si j’avais pu, j’aurais étiré le voyage de quelques jours. Une certaine douceur de vivre flottait dans l’air. Un battement de cœur. A Grenade, tout paraissait si simple que le mot rêver et faire étaient accolés. Fairêver.
Je crois, que, finalement, je pourrais tomber amoureuse de mille lieux, de mille villes.

















