Bel bonjou la Guyane !


 

Sur la carte au dessus du siège, je vois l’avion entre l’Europe et l’Amérique du sud se déplacer doucement. Je me dis que je suis, littéralement, au milieu de l’océan et l’idée me fait sourire. J’ai l’impression que cela fait des années que je n’ai pas pris un vol long courrier – en réalité en octobre quand je suis rentrée du Chili. Je me rends compte comme les voyages, et le dépaysement qu’ils procurent, me manquent. Comme ils m’éveillent et me forcent à sortir de ma zone de confort.

J’ai passé ces derniers jours à terminer les derniers projets avant l’Amazonie. A courir après les mails, les dernières validations et le métro parisien. A me surprendre, comme souvent avant chaque vacance, à devenir une personne beaucoup trop sérieuse et grande.

J’aime cet entre deux où je retrouve la lenteur des voyages aériens. J’écris. Je lis. Je mange. Je dors. J’oublie, doucement, les mails et les messages. Mon imagination est en éveil. J’imagine les couleurs, les odeurs et les paysages des jours à venir. Durant le vol, rien ne semble vraiment important. C’est l’heure de ralentir. C’est le voyage dans le voyage.

 

 


 

Dans quelques heures, j’atterrirai à Cayenne. J’ai l’impatience d’une enfant. Je m’étais promis d’écrire quelques mots dans l’avion, avant de découvrir les couleurs de la Guyane, avant que la réalité prenne le dessus sur l’imaginaire. C’est la première fois que je me rends dans un territoire d’outre-mer. C’est la première fois et je sais déjà que je ressortirai grandie de ce voyage-là.

Je ne connais de la Guyane que des livres et des films. Et même si cela fait partie de la France, cela me semble à la fois immensément loin et proche de nous. Je perçois les voyages comme une façon brutale d’agrandir ma carte mentale. De me confronter au territoire et de comprendre un peu mieux le monde dans lequel je vis. Voyager me fait grandir. En découvrant d’autres cultures et façons de penser, je comprends mieux ma culture et ma façon de vivre. J’analyse, je comprends, je me surprends et me questionne. Je suis dans la découverte et l’apprentissage.

 

 

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L’amour c’est…

 


 

L’amour, c’est penser à toi vingt-quatre fois par seconde. C’est voir ton nom qui clignote dans ma tête, qui m’illumine, qui me fait sourire débilement. Beaucoup trop débilement. C’est ce truc étrange au creux du ventre. Sous la peau.

L’amour, c’est un rempart face au monde. Un château fait de confidences, d’attentions, d’incertitudes et de promesses. C’est une cavalcade, une folie, la plus belle et impérieuse des folies. C’est avoir peur de rien tant que j’ai ta main collée-serrée dans la mienne. Ce sont mes cheveux emmêlés au réveil et ta façon de me regarder, de me respirer, de me répéter que je suis belle.

C’est te retrouver après quelques jours et chavirer comme lors de ce tout premier baiser un soir d’été. Ce sont mes yeux qui brillent et mes cuisses tremblantes. C’est me hisser sur la pointe des pieds et chercher ton regard tes lèvres tes cuisses ta peau. C’est te dévorer tout de suite, tout cru, maintenant. 

 


 

L’amour, c’est faire ce détour pour t’acheter tes pâtes préférées et trouver n’importe quel prétexte pour t’écrire un SMS. C’est un mail pour un oui, pour un sourire. C’est un repas improvisé à quatre mains et s’endormir en lisant l’un à coté de l’autre. C’est un pique-nique dans l’herbe, une déjeuner au soleil et des feux de cheminée quand approchent les jours glacés.

C’est le quotidien passionné lumineux tendre. Poétique. C’est me blottir contre toi. Ce sont tes mots et ton regard bienveillant quand tu me regardes, quand je tremble, quand j’ai peur. C’est t’aimer pour ton odeur tes mains tes cheveux. C’est ta présence, particulière, d’être au monde. D’être libre et heureux. Avec moi, sans moi.

C’est un sapin de Noël qui brille-brille-brille et un peu penché ; et dont on est, malgré tout, un peu fiers. C’est prendre la voiture, ouvrir les fenêtres et aller voir la mer. Ce sont des films jusqu’au crépuscule, des soirées à quatre cinq six et des horizons à en oublier les mots. Ce sont des attentions minuscules, des silences et notre respiration en écho.

C’est t’apprivoiser te découvrir te connaitre les yeux fermés et me laisser, malgré tout, surprendre. C’est apprendre, chaque jour, à t’aimer plus fort. C’est ne rien contrôler et se laisser porter, flotter, émerveiller par les jours à venir.

 

 


 

L’amour, c’est une mise à nu. C’est t’aimer pour tes défauts, tes caprices et tes folies. Pour ta façon d’être et de devenir.  Pour ton regard sur le monde. Pour mes lendemains à tes cotés. Pour nos rêves partagés. C’est t’aimer toi sans raison sans parce que.

L’amour, c’est notre confiance en l’avenir et en notre regard commun. C’est nos corps nus et vulnérables, et se sentir prêt à affronter n’importe quel ouragan, malgré tout, ensemble.

 

J’ai écrit ce texte pour un recueil sur l’amour illustré par Jack Koch où seront regroupés plusieurs auteurs – il va falloir attendre un tout petit peu pour découvrir les autres contributions. C’était un joli et doux exercice de réfléchir à sa vision de l’amour – faites-le, vous verrez, c’est incroyable et cela vous glissera, c’est promis, un énorme sourire. Si vous saviez comme j’ai serré ma chance lorsque l’on m’a proposé de participer à ce projet et quand j’ai, ensuite, découvert l’illustration de Jack.

C’est quoi l’amour à vos yeux, dites ?

 

 

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Les journées inspirantes


Je me souviens m’être inscrite aux journées inspirantes comme on saute dans le vide en se promettant, de soi à soi, que tout irait bien. Qu’il suffirait d’écouter, comme toujours, mon intuition.

Je suis timide et réservée. Et même si malgré les années, j’apprivoise tout doucement ma confiance en moi ; elle reste bancale. Je le sais. Je le sais et j’ai envie aussi de grandir. De m’apaiser et de croire en majuscules. D’aller au delà de mes peurs. Je ressens ce besoin-là pour continuer à avancer, pour continuer à m’émerveiller et m’épanouir. Pour monter sur la marche supérieure et observer l’horizon avec quelques centimètres supplémentaires. Alors, j’ai fait ce que je sais faire à chaque fois que la peur me saisit : j’ai fermé les yeux, j’ai respiré et j’ai sauté. Je n’ai pas cédé à la peur.

Je suis tombée nez-à-nez face aux journées inspirantes un jeudi de janvier. En lisant les mots de Clotilde et Delphine, j’ai reconnu mes limites et ce besoin de me faire aider par des personnes qui partagent mes valeurs. Je me suis sentie comprise et rassurée. Investir aussi, d’une certaine façon, dans mon entreprise souligne la valeur que je lui porte. Les podcasts de Clotilde me portent et m’apaisent depuis des mois – écoutez-les, vraiment, ils sont merveilleux, Clotilde est merveilleuse.

Alors, ce soir-là, j’ai répondu aux questions et j’ai envoyé ma candidature. Je ne me souviens plus ni vraiment des questions ni de mes réponses. J’ai répondu, j’avais un peu peur. Alors, j’ai respiré, j’ai appuyé sur envoyer et j’ai fermé l’ordinateur. Une semaine plus tard, je recevais une réponse positive : le même jour où la vie me réservait une bien moins jolie surprise.

Alors, je me suis dit que c’était sûrement une histoire d’équilibre et d’étoiles. Que cela ne pouvait être qu’un signe, et que, oui, tout irait bien. Que c’était l’heure d’y croire, de se donner les moyens, et de lever les yeux vers le ciel. J’ai envoyé un mail de confirmation et j’ai souri aux belles surprises qu’offrent la vie.

 

 


Durant le vol, le jour s’endormait et la lumière éclatait. C’était beau et doux. Il y avait du rose du jaune de l’orange. Il y avait de l’or, quelque chose de précieux et d’apaisant dans ce paysage-là. La nature m’enveloppait et me berçait.

A mon arrivée, je suis allée boire un chocolat chaud dans un de ces cafés typiquement parisien. Un serveur a eu une altercation avec un client. J’ai senti mon cœur mon ventre ma gorge se serrer, ma peau se nouer. Cela me semblait hors nature, hors propos. Je ne connais pas cette violence-là. Je ne connais pas la haine et la colère gratuite non plus.

Je me suis rendue compte de ma chance, de ma chance de vivre dans un lieu qui me préserve de cette violence-là. Je vis dans un quartier où tout le monde se sourit et se connaît, où les commerçants nous accueillent chaque jour avec un regard et quelques mots. Je vis dans un monde où la bienveillance est finalement la fil conducteur et où chacun semble y trouver naturellement sa place.

Alors, je ne sais pas si je parviendrais à percevoir le monde avec autant d’optimisme, d’apaisement et de poésie si je vivais ailleurs. Je ne suis pas ni plus forte ni clairvoyante qu’une autre. Ça, je le sais aussi. Je ne sais pas réagir face à la brutalité ou à la violence. Mes mots prennent la poudre d’escampette et je ne sais pas apporter de réponses.

 

 


 

Je sais et j’ai conscience, en revanche, de ma chance de vivre et de grandir dans ce climat-là. Je sais aussi que c’est grâce à ces bases que je parviens à essayer, chaque jour, de rendre le monde un peu plus doux, et justement peut-être aussi, un peu plus lumineux et inspirant. Que je parviens à guider, apaiser, veiller. A essayer de donner, à ma portée, confiance.

Je sais tout ça, et je pense à cette journée inspirante qui vient de se terminer le sourire aux lèvres. Je suis heureuse d’avoir osé. Je pense à cette citation de Bourdieu “la plupart du temps, nous allons là où le monde social nous aurait envoyé de toute façon, mais nous y allons contents. C’est ce que l’on appelle la vocation” qui m’avait, l’été dernier, bousculée. Je ne crois pas être une exception.

J’ai passé la journée entourée de personnes talentueuses, douces et passionnées. Je pense, pour la première fois depuis des mois, à mes envies et mes rêves. A ce sentiment d’être à sa place et, à cette importance que je porte malgré tout à la liberté. J’ai arrêté la course. Je prends le temps d’y penser, et y penser, c’est déjà y croire et le rendre presque tangible.

Alors, voilà, je pense à tout ça, à ces mots écrits aussi, il y a quelques semaines, qui font écho et qui sonnent comme un mantra pour les mois à venir.

 

 

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