L’été au ralenti

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude
Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude

Cela n’est jamais vraiment prévu et organisé à l’avance. Pourtant, je le sais. Cela fait bientôt dix ans que je travaille à mon compte et je commence à plutôt bien me connaître.

Chaque été, je ralentis. Je vis au ralenti. Je suis la ralentie.

Il y a cette chaleur, que j’aime tant, qui me berce et m’enveloppe. Les escapades sur un coup de cœur, les vitres ouvertes et les chansons que l’on chante un peu trop fort, un peu faux aussi, sur le trajet. Les villages et les paysages inattendus rencontrés sur le chemin, et mes “oh” et “ah” d’émerveillement comme si d’un été à l’autre j’oubliais la beauté des routes et du ciel d’été.

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude

Les baignades en fin d’après-midi et les soirées qui s’étirent à observer les étoiles. L’odeur du barbecue et celle de la lavande. La peau salée et les cheveux qui ondulent et prennent une couleur caramel à mesure que l’été avance. L’orage qui surprend au milieu de la nuit et les petits déjeuners sur la terrasse au soleil.

Il y a les siestes improvisées dans l’herbe et les livres dévorés à l’ombre d’un arbre. Les rêves qui infusent, la lumière et les couleurs des beaux jours qui semblent mettre un filtre poétique sur le moindre geste du quotidien.

Il y a cette drôle de façon de se créer du temps juste pour soi, à soi, de le tordre et de l’étirer. Cette façon, brutalement, d’être attentif à son rythme et à son intuition, de se retrouver et de se surprendre à observer son imagination en ébullition.

Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude
Camella Lloret, maison d'hotes dans l'Aude

Les photographies ont été prises à la joli maison d’hôtes Camella Lloret dans l’Aude.

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Et soudain, la lumière


Ce matin, je me suis réveillée un peu plus tôt et le soleil se reflétait déjà sur les immeubles d’en face. A la lumière, j’ai su que cette semaine serait belle. C’était 7 heures, peut-être un peu moins. J’ai ouvert les fenêtres. Cela sentait bon le printemps.


Je fais partie de ces personnes qui semblent avoir leur énergie directement connectée au soleil et aux saisons. Parfois, comme aujourd’hui, c’est très chouette. Je suis prête à gravir des sommets.


Au fils du temps, j’ai appris à composer avec mon rythme et cette énergie fluctuante. A ne pas m’inquiéter, en hiver, quand j’hiberne. Quand chaque tâche semble me demander une énergie démesurée.

Je crois que ces périodes de latence préparent, de l’intérieur, les beaux jours. En hiver, ma créativité infuse.

Aux beaux jours, elle s’éveille.


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La vie d’après


Depuis petite, j’ai ce besoin de vivre qui me colle au corps. C’est viscéral. Je suis obsédée par la recherche de la beauté et par l’intensité. J’ai toujours rêvé d’une vie en majuscules et je crois que ma plus grande peur était que mes rêves s’éteignent, doucement, avec l’âge.

J’ai grandi avec les vers de Rilke en filigrane. Des chutes obscures et des remontées infinies. Il en est tant qui vivent et ne veulent rien, et qui se sentent anoblis par les sentiments lisses et de leurs repas légers. Je voulais l’amour qui percute, qui intensifie tout sur son passage. Je voulais l’amour et la beauté en cavalcade. L’amour d’un paysage, d’une émotion, d’une musique. La beauté qui glisse des frissons et qui tient en éveil.

Il aura fallu du temps, des écorchures et beaucoup de bleus pour comprendre que la vie pouvait être plus douce et différente. Il aura fallu un confinement en tête à soi, que la course en avant cesse brutalement un soir de mars, pour comprendre, enfin, que la vie pouvait être là où on ne l’attendait pas. Que le revers du bonheur n’était pas, forcement, la chute et qu’il pouvait se trouver dans l’équilibre.

Il aura fallu des nuits blanches et la fatigue accumulée au bord des yeux pour comprendre que la recherche de perfection pouvait, être éloignée de la douleur, de la fuite et l’obsession. Que repousser mes limites ne feraient pas, toujours, de moi une personne plus heureuse ou meilleure. Que vivre, bien vivre, pouvait, aussi, ressembler à un soir d’été qui s’étire.

Il aura fallu des jours et des jours à observer le ciel et de voyages intérieurs. Il aura fallu l’impatience, l’excitation, la joie, la peur, le manque et la colère. Des orages et des accalmies. Il aura fallu l’impuissance, la patience et la confiance en écho.

Il aura fallu, oui, à apprendre à danser sous la pluie. Je ne sais pas trop à quoi ressemblera encore la vie d’après, ou plutôt ma vie d’après, mais je sais déjà qu’elle sera, je crois, un peu plus douce, un peu plus à l’écoute envers mes besoins et mes émotions, et vers cette recherche si précieuse d’équilibre.

Les photographies ont été prises dans l’appartement d’Ara et Pierre de Doux Août.

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