Je ne sais pas choisir


J’ai déposé mes affaires dans une maison en briques au bord du Tarn.

D’ici, je découvre une vie plus lente et respectueuse de mon rythme. Chaque matin, je m’émerveille de ce ciel bleu qui me manquait tant depuis mon appartement toulousain. J’écoute les oiseaux, le bruit du vent sur les arbres et le silence. Je ralentis. Je vais au marché. Le soir, on allume le barbecue et je savoure l’odeur des grillades.

Je savoure de vivre dedans-dehors. 

Chaque jour, je m’étonne de cette sensation d’être en vacances, sans que cela soit les vacances, sans devoir faire mon sac dans quelques jours pour rentrer à Toulouse cette fois. Je suis en équilibre. Je m’étonne. Je découvre. Je savoure cette douce sensation. 

Tout s’est fait très vite : une annonce, un coup de coeur, une visite. Un « cap ou pas cap » prononcé sans réfléchir ; et qui glisse, instantanément des étoiles dans les yeux. Et nous voilà, un mois plus tard, locataires de la maison rêvée dans une région que l’on aime tant. 

On me demande souvent comment je fais pour choisir, si je suis sûre de moi et si je n’ai pas peur de le regretter. Si tout ça, ce n’est pas un peu irresponsable et prématuré quand même et si j’ai bien réfléchi en amont. 

Je réponds toujours, avec le sourire, que je ne sais pas choisir. Je veux tout. Je sais écouter mon coeur, mes émotions et mon intuition. Je sais sauter dans le vide et courir vite avant d’avoir peur – et d’intellectualiser ce que je suis en train de faire. 

Je sais avancer sans me poser de questions. Je sais, je crois, oui, me faire confiance : me faire confiance en ma capacité à m’enrichir de chaque expérience, à aller de l’avant et à ne jamais rien regretter. Je sais le plaisir d’oser et du dépassement de soi, celui aussi d’explorer le monde et ses possibles. Je fais partie de ces personnes qui croient que la beauté de la vie se cache dans son étonnement et ses découvertes. 

 


C’est d’ailleurs ce que j’ai toujours fait depuis que je suis à mon compte. Je ne compte plus les personnes qui m’ont encouragée à créer mon agence de communication (oui, avec des bureaux et des salariés !) et qui m’ont assuré que j’allais détester mes journées à trente ans si je continuais de « stagner » – et que c’était bien dommage de refuser des contrats et de ne pas “s’élever”.

Je n’avais pas vraiment de réponses. Je n’avais aucune objection réelle si ce n’est un manque d’envie – là, c’est le moment où je fais ma tête d’enfant, et où je réponds PAS-ENVIE en boucle généralement quand on me demande pourquoi.
Sur le papier, toutes ces personnes avaient sûrement raison. Je savais juste, au fond de moi, que ce n’était pas la direction que je voulais prendre à ce moment-là. Que ce n’était pas le bon choix pour moi, même si on aurait pu le voir comme un “critère de réussite”. 
Ce n’était ni un manque d’ambition, ni de la peur ou un manque de confiance. Je savais juste que cela ne me rendrait pas heureuse. 


Durant près de dix ans, j’ai savouré ma liberté et mon absence de contraintes et de responsabilités : ma liberté de voyager, de pouvoir m’occuper de mes proches quand ils ont eu besoin de moi, et de ralentir quand j’en ai eu besoin à mon tour. 
Ma liberté aussi de partir au Chili, au Mexique, en Thaïlande, en Australie sur un coup de tête. La liberté de travailler où je voulais et au rythme que je souhaitais. 

Je savais que les réponses viendraient, que mon quotidien et mes besoins évolueraient avec le temps. Je me fais confiance. L’attente ne me fait pas peur.
Et si j’oublie et que je commence à douter, j’ai ces mots de Rilke qui me rappellent à l’ordre : “Je vous prie d’être patient à l’égard de tout ce qui dans votre coeur est encore irrésolu, et de tenter d’aimer les questions elles-mêmes comme des pièces closes et comme des livres écrits dans une langue fort étrangère. Ne cherchez pas pour l’instant des réponses, qui ne sauraient vous être données ; car vous ne seriez pas en mesure de les vivre. Or, il s’agit précisément de tout vivre. Vivez maintenant les questions. Peut-être en viendrez-vous à vivre peu à peu, sans vous en rendre compte, un jour lointain, l’entrée dans la réponse ». 


Doucement, l’idée de Les mots à l’affiche a grandi en moi. J’ai rédigé la première affiche fin 2013, vendu la première en 2017, lancé Les mots à l’affiche en 2019. Ce n’était pas prévu. En 2020, j’étais enfin prête à m’ancrer dans un nouveau projet. A négocier avec ma liberté et ma passion des mots et du graphisme.
J’avais trente ans et j’étais à ma place. 

Alors, oui, je ne sais pas vraiment encore à quoi ressembleront les prochains mois. Je n’ai pas encore mis mon appartement à louer. Je ne sais pas choisir. J’attends les réponses. Il y a des questions sur les distances entre l’atelier, mon imprimeur et cette maison-là. 

Je ne me presse pas. Je me laisse bercer les questions. Les réponses et ajustements viendront. Et en attendant, je savoure, les yeux grands ouverts, cette recherche d’équilibre et ce champ des possibles. 

C’est étrange et doux comme sensation. Cela bouscule toutes mes habitudes et repères. Cela me bouscule. Je suis un peu loin de tout, et un peu plus près de mes émotions. 

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Et cette douce folie,


Il y a quelques semaines, une amie me demandait comment faire pour mieux vivre ce quotidien de confinements successifs. Je lui ai répondu que j’avais besoin d’air frais, de nature et d’espace – de liberté, de poésie et de douce folie. C’est exactement ce qui me manque depuis un an.

Quelques jours avant, j’en avais parlé à mon amoureux après l’annonce du confinement. On rentrait de la montagne et je lui disais que j’appréhendais le retour à Toulouse, que chaque confinement me semblait plus difficile à vivre. Sur un coup de tête, je lui demandais s’il était cap de s’installer à la campagne.

Quelques secondes plus tard, je lui montrais la première annonce sur laquelle j’étais tombée en poussant des “oh“, et des “ah“, et “je la veux !” – je suis très mesurée comme personne.
Quelques minutes plus tard, je répondais à l’annonce.
Mardi dernier, on visitait la maison.
Mercredi prochain, on aura les clefs d’une maison qui donne sur un ciel bleu.

Cela me semble incroyable de l’écrire. Je ne sais pas encore vraiment comment je vais m’organiser entre Toulouse, l’atelier et cette maison. Il y aura, sans doute, quelques tâtonnements et ajustements pour trouver notre équilibre.

Alors, si je ne crois pas que la fuite soit souvent la solution ; je sais aussi qu’aujourd’hui, ce nouveau chemin et ce changement de perspective me rendent immensément heureuse et joyeuse. Je sais que l’on y sera bien pour créer-imaginer-écrire-dessiner-lire-flaner-rêver et s’étonner, oui, du ciel bleu. J’ai encore beaucoup d’inconnues qui clignotent dans ma tête ; mais je porte en moi l’apaisement des lendemains heureux.

Et ça, ça fait plus d’un an que cela n’était pas arrivé, que j’avais oublié les mots “rêves”, “douce folie” et “projets”.

Alors, je savoure et serre fort cette émotion qui éclot en moi : demain, le ciel sera bleu.

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Dormir comme sur un nuage


Alors, et puisqu’il faut bien commencer par quelque chose pour prendre soin de soi, je me focalise sur mon sommeil. Persuadée que mes nuits font mes jours, c’est aussi ce qui me semble le plus simple à ajuster. Cela sera le fil conducteur de tous mes changements : faire un pas après l’autre. Ne pas essayer de tout révolutionner en un jour, avancer doucement et sûrement. Petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Le premier pas fut de lire Pourquoi nous dormons de Matthew Walker qui m’a confortée dans mon choix. On passe un tiers de notre vie à dormir, alors autant bien le faire, non ? Le sommeil est au centre de notre bien-être. S’il a bien sûr des effets sur notre santé – notamment sur notre système immunitaire et équilibre -, il est aussi en lien direct avec nos émotions, notre logique ou encore notre faculté de mémorisation ou motrice. Je sais, par exemple, que j’ai beaucoup de mal à conduire et à me concentrer après une nuit très courte. Le livre développe enfin le rôle central des rêves dans la construction de notre réalité, et leur importance pour éveiller notre créativité et imagination.

Le deuxième pas, après avoir terminé sa lecture, fut de me promettre de me coucher, chaque soir, avant minuit. Ce changement fut accompagné par la décision d’éteindre mon ordinateur avant 21 heures et de laisser mon iPhone s’endormir, à son tour, une heure plus tard. J’ai la chance de ne pas mettre de réveil depuis des années et de prendre mes premiers rendez-vous en fin de matinée. Cela me permet de commencer la journée en douceur et de me réveiller de manière naturelle.

Je me suis lancée le défi de ne plus faire entrer l’ordinateur et mon téléphone dans la chambre durant un mois en octobre et d’aviser ensuite. Il m’arrivait de travailler dans le lit avec mon ordinateur. Quelques mois plus tard, s’il m’arrive de travailler à nouveau dans la chambre ; cela reste beaucoup plus rare et c’est toujours en journée. Ce n’est plus jamais au réveil ou avant de me coucher. Quant à mon téléphone, il est toujours banni de la chambre.

Ces nouvelles habitudes ont marqué le retour de la lecture et d’un endormissement beaucoup plus rapide et serein puisque je n’ai plus la tête dans les écrans, les notifications et les urgences à terminer ni la minute avant d’éteindre la lumière, ni celle après l’avoir allumée.


Le troisième pas fut la décision de changer ma literie avant la fin de l’année.

Cela faisait des années que je me promettais de remplacer mon lit d’étudiante et que je trouvais toujours des choses plus urgentes à acheter. Le livre de Matthew Walker a fini de me convaincre.

Magie de la vie, c’est le moment où je reçois un message de Bryan de Tediber pour me proposer de tester et m’offrir (oui, oui, vous avez bien lu !) un lit. Je n’ai jamais fait vraiment de partenariat, et même si cela tombe plutôt au bon moment, je suis un peu hésitante. Je ne suis pas sûre d’avoir la légitimité pour parler de mon expérience. Bryan me rassure en me disant que j’ai 100 nuits pour le tester et que je pourrais le renvoyer si le lit ne me convient pas.

Je fais quelques recherches – quelques, est un euphémisme – sur Google. Tediber vient d’ouvrir sa première boutique à Toulouse. Un après-midi, je vais tester le lit sur place. J’ai beaucoup de mal à me projeter et je me rends compte de la nécessité de la tester en y dormant. Cela fait des années que j’entends parler du fameux matelas de Tediber et plusieurs de mes amis me confirment la qualité du matelas et de la couette.

On est fin octobre, j’accepte la proposition de Bryan et je passe commande sur Tediber.com quelques jours après.


Je reçois le lit Tediber mi-novembre dans sa “boîte de nuit”. Je souris du packaging travaillé et drôle. Le lit est me semble immense. La couette est épaisse, volumineuse et donne l’impression d’un nuage. Les coussins sont fermes, gonflés et moelleux.

Je passe la journée, avec l’impatience d’une enfant de trois ans, en attendant le soir. Malgré mon excitation, je m’endors en quelques minutes. Après des années à avoir des nuits entrecoupées, je fais rapidement, et à nouveau, des nuits complètes. D’ailleurs, Holly aussi.

Cela fait aujourd’hui plus de cinq mois et je continue à dormir comme sur un nuage. J’avais un peu peur de l’effet nouveauté – et c’est aussi pour cela que je tenais à attendre avant d’écrire cet article -, cela semble bien une nouvelle habitude.

Au delà du lit, j’ai ajusté mon alimentation et commencé à faire du sport. J’ai aussi arrêté de prendre tout ce qui me passait par la tête pour m’aider à dormir de manière non naturelle, et ça, c’est une merveilleuse nouvelle. J’imagine bien que ces ajustements sont aussi responsables d’une meilleure qualité de sommeil.

On en discute dans le prochain article ?

Les informations pratiques

Cette article fait partie d’une série d’articles sur le bien-être : Introduction et mise en garde, mon cheminement et la prise de conscience lors du premier confinement.

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