La mer comme boussole


Il y a un peu plus d’une semaine, je soufflais mes trente-et-une bougies. Il faisait beau, il faisait bleu.

Sur un coup de cœur, après un dîner attendu chez Yannick Delpech, je roulais vers le sud sans connaître la destination. Les vitres ouvertes, il faisait doux ce soir-là. C’était minuit ou une heure et j’étais libre. Qu’importe la fatigue et les heures de route, je voulais me réveiller avec la mer. Je voulais du soleil et de l’inattendu pour ce premier jour de presque grande.

C’était mon caprice d’anniversaire. Je voulais oublier les obligations d’adulte qui font que, l’on oublie trop souvent, ses désirs profonds en chemin. J’avais trente-et-un-an et je voulais voir la mer.



Au réveil, je découvrais cette vue-là.

Je me suis promis que cette année serait à cette image : surprenante, lumineuse et avec un goût de dolce vita et de poésie. De ce port, rien ne semblait vraiment important ou grave.

D’ici, j’ai repris ma respiration. J’ai repoussé quelques rendez-vous et fais la sieste au soleil. J’ai partagé des paellas et dévoré du pan con tomate. J’ai échangé sur Skype, avec quelques clients. On pouvait entendre le bruit des vagues en fond. Je me suis perdue dans les petites ruelles de Begur et siroté un cafe con leche sur la place centrale. Plus tard, j’ai longé la mer et je me suis laissée absorber par l’horizon bleu.

J’ai écrit, pris des photographies et trinqué à l’inattendu, aux rêves et aux beaux jours. J’ai imaginer les prochains douze mois à venir et c’était doux.


On n’est toujours pas sérieux quand on a trente-et-un ans et c’est une merveilleuse nouvelle.

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Et le printemps,


 

L’hiver a filé. Comme toujours, j’ai oublié le temps.

J’ai dormi, beaucoup. J’ai lu des livres. J’ai très peu écrit. J’ai puisé dans les journées glaciales le temps pour ralentir et me retrouver en tête à mots. J’ai souri, à chaque fois, que je levais la tête et lisais “2019, au ralenti” sur le mur rose en face du bureau. Je ne pouvais pas vraiment me reprocher de ralentir, c’est ce que je m’étais souhaitée, en imaginant 2019.

Ce qui est doux à trente ans est que l’on commence à se connaitre. Je me débats moins. Je ne panique plus. Je sais bien que mon énergie dort pour quelques mois, qu’elle suit le rythme des saisons. Je sais aussi que je ne peux pas lutter contre la nature. Je sais et j’attends. Je me laisse bercer. Je regarde la pluie tomber par la fenêtre. J’allume des bougies. Je respire en attendant le printemps.

Et puis, un après-midi, je sors le bout de mon nez. Je marche. Je n’ai pas froid. J’oublie l’écharpe et les gants au fond du sac. Avec Holly, on marche jusqu’à l’herbe jusqu’au soleil jusqu’à cette petite vie-là presque oubliée. On respire la lumière et on s’offre cette parenthèse des jours lumineux juste à nous. On n’a pas froid, on oublie de trembler. Il fait bleu, il fait beau.

Oh, les beaux jours sont là.

 

 

 

 

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2019, au ralenti


 

Je me suis beaucoup questionnée à vous envoyer ces vœux : 2019, au ralenti : est-ce vraiment très sérieux de la part d’une personne qui vient de créer une petite entreprise ? Ne doit-on pas être, à l’inverse, réactif, dynamique et tout donner ?

J’ai souri parce que je vous connais. Je vous sais merveilleux et je sais que vous saurez lire mes vœux de la plus juste et belles des façons.
Et puis, oui, c’est sérieux et c’est même, je crois, aussi essentiel. Dans ma vie personnelle et professionnelle, je ne sais être que sincère. Et, c’est sincèrement ce que je vous souhaite pour 2019 : de ralentir et de revenir à l’essentiel.

Parce que je crois que l’on ne peut pas bien ni bien travailler ni s’épanouir sans la confiance et la sérénité. Je crois que ralentir pourrait même être finalement le meilleur des conseils que je pourrais donner : ralentir pour s’équilibrer et se recentrer sur ses besoins et ses désirs, ralentir pour réfléchir à la façon la plus optimale de travailler, de vivre et de dépenser son énergie. Ralentir, enfin, pour donner du sens et de la valeur à son temps.

Alors, oui, 2019 sera au ralenti.

 


 

2018 aura été une année folle, bouleversante, lumineuse.

Début janvier, j’avais accolé le mot grandir, et il n’aurait pas pu mieux coller. En 2018, j’ai grandi, j’ai pris des décisions et j’ai osé. Osé. croire en mes rêves, osé croire que c’était possible. Osé envoyer des mails pour proposer des projets fous, prendre l’avion pour le bout du monde, et parfois aussi dire non. J’ai travaillé, trinqué, voyagé.

Début septembre, j’ai créé Les mots à l’affiche. Le même jour, mon premier livre paraissait aux éditions Eyrolles. Cet espace fêtait ses dix ans. Je suis devenue propriétaire du plus joli des nids et Holly a soufflé ses six premières bougies un soir de novembre.

En 2018, j’ai accepté ma fragilité et les mains que l’on me tendaient. Ce fut ma plus belle et riche leçon de l’année – sûrement de ma vingtaine : accepter l’aide et l’amour que l’on me porte. Baisser la garde et oser me mettre à nu. Accepter ma fragilité. Dire, répéter merci. Être reconnaissante. Le monde est bien plus doux et confortable entourée et épaulée.

 
 


 

Merci à vous qui m’apportez votre soutien et votre confiance. Je sais que c’est ce que vous me donnez ce que vous avez de plus précieux et j’ai conscience de ma chance : votre temps. Votre énergie et bienveillance me portent et j’essaie chaque jour d’être à la hauteur.

A 2019, j’accole le verbe “respirer” et “ralentir”. Alors, et si bien sûr, je vous souhaite de réussir dans tous vos projets. Je vous souhaite de réussir dans la vie. Plus que tout, je vous souhaite de ralentir, de trouver votre équilibre et de revenir à l’essentiel : d’apprendre, chaque jour, à s’écouter un peu plus fort et de vous créer une vie qui vous ressemble. De passer du temps avec les gens qui vous sont précieux et de leur dire combien vous les aimez. D’oser dire ces mots-là, de les répéter, parce que non, si on ne dit rien, personne ne saura.
Je vous souhaite de vous aimer assez fort pour ne plus avoir peur de vous et des autres.

Je vous souhaite, finalement, des choses, et des bonheurs, simples et essentiels.

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