Et soudain, la lumière


Ce matin, je me suis réveillée un peu plus tôt et le soleil se reflétait déjà sur les immeubles d’en face. A la lumière, j’ai su que cette semaine serait belle. C’était 7 heures, peut-être un peu moins. J’ai ouvert les fenêtres. Cela sentait bon le printemps.


Je fais partie de ces personnes qui semblent avoir leur énergie directement connectée au soleil et aux saisons. Parfois, comme aujourd’hui, c’est très chouette. Je suis prête à gravir des sommets.


Au fils du temps, j’ai appris à composer avec mon rythme et cette énergie fluctuante. A ne pas m’inquiéter, en hiver, quand j’hiberne. Quand chaque tâche semble me demander une énergie démesurée.

Je crois que ces périodes de latence préparent, de l’intérieur, les beaux jours. En hiver, ma créativité infuse.

Aux beaux jours, elle s’éveille.


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La vie d’après


Depuis petite, j’ai ce besoin de vivre qui me colle au corps. C’est viscéral. Je suis obsédée par la recherche de la beauté et par l’intensité. J’ai toujours rêvé d’une vie en majuscules et je crois que ma plus grande peur était que mes rêves s’éteignent, doucement, avec l’âge.

J’ai grandi avec les vers de Rilke en filigrane. Des chutes obscures et des remontées infinies. Il en est tant qui vivent et ne veulent rien, et qui se sentent anoblis par les sentiments lisses et de leurs repas légers. Je voulais l’amour qui percute, qui intensifie tout sur son passage. Je voulais l’amour et la beauté en cavalcade. L’amour d’un paysage, d’une émotion, d’une musique. La beauté qui glisse des frissons et qui tient en éveil.

Il aura fallu du temps, des écorchures et beaucoup de bleus pour comprendre que la vie pouvait être plus douce et différente. Il aura fallu un confinement en tête à soi, que la course en avant cesse brutalement un soir de mars, pour comprendre, enfin, que la vie pouvait être là où on ne l’attendait pas. Que le revers du bonheur n’était pas, forcement, la chute et qu’il pouvait se trouver dans l’équilibre.

Il aura fallu des nuits blanches et la fatigue accumulée au bord des yeux pour comprendre que la recherche de perfection pouvait, être éloignée de la douleur, de la fuite et l’obsession. Que repousser mes limites ne feraient pas, toujours, de moi une personne plus heureuse ou meilleure. Que vivre, bien vivre, pouvait, aussi, ressembler à un soir d’été qui s’étire.

Il aura fallu des jours et des jours à observer le ciel et de voyages intérieurs. Il aura fallu l’impatience, l’excitation, la joie, la peur, le manque et la colère. Des orages et des accalmies. Il aura fallu l’impuissance, la patience et la confiance en écho.

Il aura fallu, oui, à apprendre à danser sous la pluie. Je ne sais pas trop à quoi ressemblera encore la vie d’après, ou plutôt ma vie d’après, mais je sais déjà qu’elle sera, je crois, un peu plus douce, un peu plus à l’écoute envers mes besoins et mes émotions, et vers cette recherche si précieuse d’équilibre.

Les photographies ont été prises dans l’appartement d’Ara et Pierre de Doux Août.

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32 ans


Aujourd’hui, j’ai 32 ans. J’ai 32 ans et je suis confinée. Je ne sais pas vraiment à quoi ressembleront les prochains jours ni la vie dans quelques mois.

En quelques semaines, beaucoup de certitudes ont volé en éclats. L’année dernière, je dinais en amoureux à la table d’un de mes restaurateurs préférés avant de prendre la route vers la mer. J’avais beaucoup de travail. J’avais insisté. C’était un caprice d’anniversaire, un caprice de petite fille qui refuse de grandir. Je savais que cela n’était pas le moment idéal de partir. C’était mon anniversaire et je voulais voir la mer. Alors, vers minuit, on a pris la route et on est allés voir la mer*.

On est arrivés au milieu de la nuit en Espagne. On s’est arrêtés à Bégur. Quelques heures plus tard, le ciel m’offrait le plus beau des levers de soleil. J’avais dormi deux heures, peut-être trois. J’ai pris mon ordinateur et je suis allée m’installer à la terrasse d’un café sur la place principale du village. J’ai siroté un zumo de naranja en répondant à mes mails. Malgré la route, malgré la petite nuit, j’avais le sourire des jours heureux collés à mes lèvres.

A onze heures, j’avais un premier rendez-vous Skype et je serrai fort ma chance de pouvoir, sur un coup de coeur, prendre la poudre d’escampette. Vers treize heures, on est descendus au port de pêche. Je me souviens très bien d’avoir alors pensé que je n’aurais pas pu être plus heureuse qu’à ce moment-là. On a commandé, face à la mer, une paella et deux verres de sangria. On a trinqué à mon anniversaire et aux beaux jours. Le déjeuner s’est étiré jusqu’à tard dans l’après-midi. Cela sentait bon le bonheur et les jours ralentis.

Aujourd’hui, c’est sûrement ça qui me manque le plus : la légèreté, la folie et la liberté de prendre la route qu’importe la destination, qu’importe l’heure, qu’importe la raison.


Aujourd’hui, j’ai trente-deux ans et j’ai peur pour les gens que j’aime. J’ai peur que la coeur de mon entreprise cesse de battre.

Alors, j’essaie d’être créative. J’imagine. J’écris. Je vous écris. J’envoie des lettres, des étoiles et des surprises. Je comble le vide et la peur. Je cuisine. Je lis. Je travaille, beaucoup. J’essaie, comme je le peux, de protéger les gens que j’aime et de les rassurer. Par écho, je me rassure aussi.

Je rêve de grands espaces et d’air vivifiant. Je voudrais m’allonger dans l’herbe et sentir le soleil sur ma peau. Je voudrais courir pieds nus dans le sable et me laisser absorber par l’horizon bleu. Je voudrais un pique-nique improvisé au bord de l’eau avec mes essentiels, les serrer dans mes bras et leur murmurer je t’aime.

En attendant, je ferme les yeux. J’imagine. Je respire. Je cherche la poésie. Je mets de la musique et je me laisse bercer. Je compose avec les nouvelles règles du jeu. J’apprends et je me surprends, déjà, certains jours, à trouver une certaine douceur à ce quotidien.


J’ai trente deux ans et je me souhaite de retrouver la légèreté, la liberté et la folie. Aujourd’hui, et même si ce n’est pas votre anniversaire, je vous le souhaite à vous aussi.

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