Attestation de déplacement dérogatoire pour enfants


Je crois que si vous m’aviez dit, il y a un mois, que j’aurais imaginé une création à imprimer pour une attestation de déplacement dérogatoire, j’aurais beaucoup ri.

Je l’écrivais hier. Je ne sais ni coudre ni fabriquer des masques, mais je voudrais tout de même utiliser mes compétences pour adoucir votre quotidien à ma portée. Alors, si vous avez des créations à imprimer qui pourraient vous être utiles, c’est le moment de me les murmurer.

Je n’ai pas d’enfants (donc, si c’est une idée très très bête, vous avez le droit de me le dire). Quand j’en ai parlé à mes amis, aucun n’a levé les yeux au ciel. J’ai imaginé une attestation de déplacement dérogatoire pour les enfants un peu plus douce et esthétique que l’attestation officielle.

Je me doute que c’est une période très compliquée à gérer lorsque l’on a un enfant et j’ai pensé qu’une attestation moins austère pourrait permettre une approche plus douce. Je n’ai pas modifié le texte. J’ai juste retiré le premier cas sur l’activité professionnelle qui ne me semblait pas adapté à un enfant.

Vous pouvez télécharger l’attestation de déplacement dérogatoire pour enfants par ici. Si votre chien en veut une juste pour lui aussi, glissez-moi un mot, j’en discuterai avec Holly pour voir ce que l’on peut faire. ;-)


Est-ce que cette attestation de déplacement dérogatoire pour les enfants est valable légalement ? Ecoutez, j’aurais tendance à dire que oui, puisqu’on peut également la recopier à la main mais comme je ne souhaite pas que vous m’envoyiez vos amendes (et que ce n’est pas vraiment le moment !), on va dire qu’il est préférable d’en imprimer une officielle. Dans tous les cas, si vous l’utilisez et que vous vous faites contrôler, vous pouvez poser directement la question et déposer un commentaire pour confirmer ou infirmer sa validité.

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Latence


Alors, voilà, c’est compliqué. La situation est compliquée. Depuis plus d’une semaine, je me répète chaque jour, que je devrais venir écrire ici pour vous tenir au courant, parce que je crois plus que jamais au pouvoir et à la force des mots, parce qu’égoïstement, vos mots et attentions me font aussi beaucoup de bien. Parce que même si je reste silencieuse, je vous lis et que cela m’apporte souvent un peu de légèreté et de réconfort.

Parce que les dernières commandes que j’ai reçues sont de pensées positives envoyées, des cadeaux, et que c’est aujourd’hui une belle façon de dire tout l’amour que l’on porte à ses proches.

Pourtant, depuis une semaine, je reste prostrée et sidérée face à la situation sans savoir quoi faire ni comment réagir. J’oscille. Même si je sais que l’énergie va vite revenir, j’ai peur pour mes parents, ma famille, mes amis. Pour vous aussi. Pour toutes les personnes précaires et celles qui doivent continuer à travailler à l’extérieur et qui sont exposées chaque jour.

Depuis plus d’une semaine, je ne suis pas sortie de chez moi – si ce n’est pour sortir Holly, deux fois par jour, méthodiquement, devant l’immeuble. Je me répète que je dois tout arrêter, rester confinée et attendre que la tempête passe. Que la plupart des affiches sont chez mes parents et que, bien sûr, je veux leur faire prendre aucun risque.


J’ai peur. C’est irrationnel et égoïste. C’est, sûrement aussi, humain. J’ai très peur pour mon entreprise que j’ai créée il y a bientôt dix ans. Je sais que je n’ai aucun filet de sécurité, aucune économie (les petites économies que j’avais ont été utilisées, il y a un an, pour l’apport de mon appartement et j’imagine que le vendre à la fin de cette crise ne sera même plus une réelle solution…). J’ai peur de tout perdre et je sais que cela peut, et va, aller très vite. Je sais toutes les charges et les coûts mensuels indissolubles. J’aimerais être plus forte.


J’ouvre mes fenêtres. Le temps s’étire. J’observe la valse des passants, justement des livreurs aussi, et des scooters UberEats et Deliveroo, au fil de la journée, en bas de mon immeuble : est-ce que mes affiches, et mes quantités minuscules, changeront grand chose face à cette crise sanitaire mondiale? Certaines minutes, je me dis que non, que je suis une goutte d’eau. Je me dédouane. J’ai peur. Et puis, inlassablement, cela revient. Cela clignote dans ma tête et je me dis que l’on a, tous, notre part de responsabilités à prendre.

Alors, j’attends. Je dors. Je me lève pour applaudir à vingt heures et, chaque fois, cela me colle des frissons. Je me dis que demain, je saurai. Je comprendrai. Que demain sera un autre jour. Le lendemain, je me lève et je ne sais toujours pas.

On me répète d’appeler mon comptable, les impôts, la banque. D’envoyer mes factures. De prendre mes dispositions, vite. Très vite. Qu’après, cela sera déjà trop tard. Je n’ai rien fait. Je me promets de le faire, chaque jour, demain : demain, demain matin, c’est promis.


Je me connais, j’ai cette chance d’être un naturel optimiste et têtue, je sais que l’énergie et la créativité vont revenir. Que de tout chaos, il en sort quelque chose de beau. J’ai confiance en la vie. Je mesure ma chance d’être confinée, dans un lieu sûr et lumineux. En attendant, je m’autorise ce temps de latence, ce temps de non-productivité et performance inattendue.

J’ai des idées qui fleurissent. Des affiches, en privilégiant, le format PDF, avec de beaux mots à envoyer à ceux qu’on aime « De chez moi, je pense à toi », une affiche avec de belles idées à faire seul ou en famille durant cette période confinée, une affiche à partager pour ceux qui prennent des risques pour nous chaque jour, pour les soignants, les livreurs, les caissiers – je l’ai finalement écrite après la rédaction de cet article et vous pouvez la télécharger gratuitement ici. Les autres, on pourrait les écrire à plusieurs si vous le souhaitez. On pourrait les écrire pour dire « merci », « la vie est belle » et cela nous fera du bien, je crois aussi, de partager ces pensées positives ensemble.

Hier matin, un client m’a murmuré aussi une solution temporaire : vous proposer de passer commande sur le site au format A2, et si vous le souhaitez, je vous enverrai alors l’affiche au format PDF, sans frais supplémentaire, en attendant la livraison réelle quand l’orage sera passé. Si vous la commandez avec support, je pourrais même la personnaliser gratuitement au format PDF. Il suffit, après votre commande, de me glisser un mot à may@lesmotsalaffiche.fr.

Est-ce que cela vous dirait ?


L’horizon sera un peu plus clair demain. Je n’ai pas encore expédié vos dernières commandes. Elles sont toutes prêtes à partir. La Poste est au bout de ma rue, et j’ai la chance qu’elle soit ouverte. J’irai à la Poste demain ou mardi. Si vous souhaitez passer une commande sur lesmotsalaffiche.fr, vous pouvez encore. Après, on verra fil des jours, d’accord ?

A l’intérieur de chaque commande, je vous glisse une carte « tout ira bien » comme grigri porte-bonheur : parce que même si tout ça nous secoue et nous bouscule, que c’est un peu compliqué ; on se promet que tout ira bien, d’accord ? La vie est belle, oui.

Prenez bien soin de vous,

May

Ps : Comme, je ne sais ni coudre ni fabriquer des masques, j’ai fait ce que je sais faire, encore, je crois, le mieux : mettre des mots à l’affiche et rester confinée chez moi. Vous pouvez imprimer l’affiche gratuitement et l’offrir à tous ces héros de notre quotidien – choisissez la version numérique.

C’est ma façon de dire merci aux soignants, livreurs, éboueurs, caissiers et à tous ces métiers indispensables. Elle est pour vous si vous en faites partie afin que vous n’oubliez jamais combien vous êtes courageux et combien votre travail est nécessaire et précieux. Et puis, bien sûr, vous pouvez l’offrir si vous souhaitez, à votre tour dire, merci.

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L’image de la perfection


Il y a quelques années, j’aurais rejeté cette photographie à cause du doudou préféré d’Holly dans le fond et c’est peut-être ce doudou (et le regard d’Holly) qui fait que j’aime tant cette image et qu’elle m’émeut aujourd’hui. J’aurais sûrement fait disparaitre l’étiquette blanche sur le pot de la plante et harmonisé la couleur du fauteuil. J’aurais peut-être aussi trouvé la photographie trop sombre et retravaillé la luminosité. J’aurais guetté chaque détail à la recherche de la moindre imperfection.


Il y a quelques années, je voulais des photographies parfaites et aseptisées. Je recherchais, sans vraiment m’en rendre compte, cette perfection que l’on retrouve dans les magazines de décoration. A chaque fois que je sortais mon appareil photo, et déclenchement après déclenchement ; l’angle se vidait, de chaque objet, que je jugeais de trop. Je faisais le vide. Il fallait que rien ne dépasse. Il fallait que tout soit aligné, rangé et ordonné.


Il m’aura fallu du temps pour accepter mes failles et mes fêlures, pour accepter que ce joyeux bordel faisait intrinsèquement partie de mon quotidien. Que c’était ces imperfections qui me rendaient vivante. Parce que ce doudou-là, c’est aussi Holly, qui le prend dans sa gueule en remuant la queue, alors qu’il est plus grand qu’elle et qu’il l’empêche de marcher, à chaque fois que je pousse la porte de l’appartement.

Il m’aura fallu des années pour oser sortir du cadre, accepter ma vulnérabilité et commencer à m’écouter. Commencer à penser à moi, à dire non et à accepter que ce qui me rendait heureuse ne ressemblait pas forcement ni à un magazine ni à l’image que je me faisais de la perfection.

Alors, voilà, cette photographie, elle est parfaite comme elle est, avec sa luminosité de fin de journée et ses marqueurs de notre quotidien. Elle nous ressemble et c’est l’essentiel.

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