Gaspard Proust, du cynisme et de l’impertinence


De l’humour grinçant et un air nonchalant

Vendredi soir, je suis allée voir Gaspard Proust au TAP de Poitiers. Je dois dire que cela m’a fait un bien fou et que j’en suis ressortie avec un énorme sourire. Gaspard Proust, pour ceux qui ne le connaitraient peut-être pas, est un humoriste et aussi le héros du film encore à l’affiche L’amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder. C’est d’ailleurs un peu un clone de Beigbeder avec quelques années de moins. Comme Beigbeder, Gaspard Proust allie à la perfection cynisme, séduction et culture.

On apprécie – ou on déteste – son coté cynique et désabusé, son humour grinçant, sa façon de dire des horreurs comme si ne rien était. J’aime. J’aime son impertinence. Son air nonchalant et cette absence de théâtralité. C’est un délicieux mélange de Desproges, Cioran, Guillon et Dr House. Tout en finesse et sans aucun tabou, il nous fait rire. Avec son humour cruel. Sans pitié. D’un ton monotone, il papillonne de sujet en sujet. Et, tout y passe : la droite, la gauche, les handicapés, le racisme, les femmes, le machisme. Gaspard Proust est brillant, cinglant, percutant. D’un ton neutre, il se plaît à provoquer.

Il laisse entrevoir en filigrane beaucoup de culture et son goût pour la littérature. L’humoriste, passionné par Balzac, a d’ailleurs cette même façon d’observer et de décrire la société. J’ai beaucoup aimé cette phrase reprise de Houellebecq par Gaspard Proust dans une interview pour Télérama qui synthétise assez bien je trouve son humour : « on se fait traiter de cynique dès qu’on se contente de décrire les choses comme elles sont.”

Et puis, Gaspard Proust est beau (oui, oui, cela a son importance), élégant et insolent. Le trio parfait pour faire fondre presque n’importe quelle fille. Une sorte de héros romantique, un dandy à la française.
Il est arrivé sur scène veste de tailleur noire, jean clair, chemise claire et sourire parfait. Sur la scène, une chaise et une bouteille d’eau.  C’est simple et cela fonctionne à la perfection.

Gaspard Proust poursuit sa tournée jusqu’à fin avril : si il passe près de chez vous et que vous n’êtes pas contre l’humour grinçant, allez-y, allez-y !


Les photographies sont issues du film L’amour dure trois ans. Je n’ai pas vraiment trouver de (chouettes) photographies de sa tournée.

«Je suis un cartésien désabusé. C’est-à-dire que je pense donc je suis. Mais je m’en fous !»


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Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry


Extrêmement fort et incroyablement près

J’avais lu le livre de Jonathan Safran Foer il y a quelques années. Plusieurs personnes me l’avaient conseillé. Je crois que c’était la première fois que je lisais une oeuvre sur les attentats du 11 septembre 2001. J’avais trouvé le livre original et incroyablement poétique sur ce sujet pourtant si délicat. L’histoire est assez simple : un garçon de 9 ans, Oskar, perd son père lors des attentats du 11 septembre. Un an plus tard il trouve une clé dans les affaires de son père : à ses yeux, cette clef ne peut être qu’un message de son père. Oskar part alors en quête d’une réponse : la créativité, la sincérité, la spontanéité propre à l’enfance mais aussi la pudeur se mêlent à cette fabuleuse aventure qui commence alors.

Le livre m’avait laissé un joli souvenir. L’écriture de Jonathan Safran Foer est très fine et délicate. J’aime plus que tous ces livres-là. Ces livres qui transportent, nous changent un peu ; et qui nous laissent, comme en guise de remerciement, quelques phrases parfaites qui nous colleront à la peau durant des années.

Je suis allée voir Extrêmement fort et incroyable près de Stephen Daldry au cinéma hier soir, et j’ai été agréablement surprise. Je suis toujours enthousiaste à l’idée de regarder l’histoire d’un joli livre : découvrir la façon dont le réalisateur à ressenti et vécu le livre est un petit délice. C’est une façon pour moi de découvrir à nouveau un livre avec un autre regard, une sorte d’expérience formidable.

J’ai vu plusieurs adaptations de livres ces derniers mois . Et à chaque fois, je suis ressortie de la salle un brin déçu. Je n’avais pas (su) retrouvé dans le film l’essence du livre, ce petit brin de folie ou de poésie qui amène une histoire minuscule au nom d’œuvre.

Extrêmement fort et incroyablement près m’a coupé le souffle. Je suis rentrée doucement dans l’œuvre, la musique et l’esthétique très soignée y aidant sûrement. J’avais un peu peur que les personnages finissent par m’énerver, qu’ils écrasent la beauté du livre. Et puis non, ils m’ont touché. J’ai apprécié la délicatesse et la pudeur qui s’en dégage, cette façon si fine de saisir les émotions. Thomas Horn joue incroyablement bien. A la fin du film, j’aurais voulu rester encore un peu avec les personnages et les prendre chacun dans mes bras.

Finalement, j’ai ressenti les mêmes sentiments qu’à la lecture du livre : de la poésie (beaucoup de poésie), de la peine, de l’absurdité, de la tendresse. J’ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises.

Alors, je vous conseille le livre (et même tous les livres de Jonathan Safran Foer en fait) ainsi que le film.

« Je me suis mis à inventer des choses, et puis je n’ai plus pu m’arrêter, comme les castors. Les gens croient qu’ils coupent des arbres pour construire des barrages, mais en réalité c’est parce que leurs dents n’arrêtent jamais de pousser, et s’ils ne les limaient pas constamment en rongeant tous les arbres, leurs dents finiraient par leur pousser dans le museau, ce qui les tueraient. Mon cerveau, c’était pareil. »


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Et ce ciel bleu, immense.

Le temps est fascinant. Plus je grandis et plus j’apprécie l’observer. Au fil de mes déménagements, j’ai été frappée par l’importance du climat. Je trouve toujours ça un peu fou comme le ciel peut jouer sur mon moral et sur le ressenti des journées.

Dimanche, au réveil, le ciel était bleu, d’un bleu-printemps, d’un bleu-fleur. Je crois que c’est le meilleur. Le premier ciel bleu de l’année lorsque le gris s’estompe enfin. La lumière éclabousse la pièce. Il fait blanc. C’est un ciel de fin de film heureux.

Ce ciel-là, à lui seul, il promet une belle journée. Je suis restée fascinée quelques secondes devant cette luminosité. C’est toujours comme ça, les premières journées de soleil me donnent une énergie incroyable. Tout d’un coup, j’avais envie de prendre la poudre d’escampette et d’aller voir la mer. Pour une journée, quelques heures ou même une poignée de minutes. Peu importe tant que mon regard croise cette ligne infinie et si précieuse entre le ciel et la mer. Cette ligne de fuite qui emplit les poumons et donnerait du courage aux moins audacieux.  J’avais tout d’un coup  envie d’un pique-nique, d’un livre au soleil, et d’épaules dénudées. A la fin de l’hiver, les épaules dénudées deviennent la liberté absolue.

J’avais envie de tout ça et tout en même temps si possible. La mer, un livre, une robe légère,un pique-nique, des amis. L’instantané parfait.

Ce ciel-là, et malgré sa couleur parfaite, est encore glacial. Il aime se faire désirer. Pourtant, à cet instant précis, ce ressenti-là est déjà si précieux qu’on l’oublierait presque.


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