On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.
Du bout des doigts, je compte les jours qui me séparent avant de grandir, encore. Prendre un an en un jour, c’est symbolique. Oui, mais. J’ai cette impression que chaque année m’éloigne un peu plus de cet idéal, de cette sensation de liberté. On a beau dire, beau faire, on devient chaque année un peu moins fou, un peu moins insouciant, un peu moins.
Les possibilités s’effondrent. Il faut assumer les directions choisies et, si possible, avec le sourire. Devenir responsable. On s’éloigne de l’âge où les crises identitaires sont permises, et où la fragilité semble inhérente à l’âge. Presque belle.
On a beau faire semblant, on sait bien que cela n’est plus pareil. Ce goût de première fois devient peu à peu plus rare. L’intensité dans le regard et la folie qui nous poussait dans nos retranchements s’effacent. A 17 ans, il n’y a pas de limites. On se joue. On se risque. On s’écorche. On se sent incroyablement vivant et fragile à la fois.
On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. J’ai tant aimé répéter cette phrase qu’elle a fini par s’imprégner en moi comme une vérité. Dans le creux des os. Je ne sais pas si on apprend un jour à la faire le deuil de ses 17 ans. Je ne sais pas non plus si on apprend un jour à grandir. Cela serait quand même bien plus simple de tirer les rideaux. La pièce est finie. Voilà. On applaudit. Maintenant, on en démarre une autre. Maintenant, on est des adultes responsables.
Demain soir, je vais voir Cali. Cela me rappellera mes dix-septs ans. Et ça, c’est parfait. Tellement. C’est fou comme c’est douillet et confortable la nostalgie.
Mise-à-jour : ce texte s’est publié un peu trop vite alors qu’il n’était encore qu’un brouillon – le vilain !. Il y aurait eu sûrement plus de mots en demi-teinte, plus d’arrondis si je n’avais pas cliqué sur « publier » un brin trop vite. Un paragraphe supplémentaire afin de boucler la boucle.
Parce que, oui, bien sûr, c’est aussi merveilleux de grandir, d’acquérir une nouvelle forme de liberté. Une liberté plus harmonieuse et réfléchie. C’est toujours fabuleux de voir le fruit de nos choix et de nos efforts se concrétiser, et devenir bien réel. C’est douillet de pouvoir vivre la vie que l’on a choisi, fabriqué, désiré. Devenir grand, c’est un doux voyage – même si, il y a des soirs comme ça où on remonterait bien un peu l’histoire.
« Est-ce que tu vois, toi aussi, quand tu fermes les yeux, quand tu serres le poing,
Haut vers le ciel, est-ce que tu sens l’odeur délicieuse de la liberté ? »
Cali, 1000 coeurs debout














