Extrêmement fort et incroyablement près
J’avais lu le livre de Jonathan Safran Foer il y a quelques années. Plusieurs personnes me l’avaient conseillé. Je crois que c’était la première fois que je lisais une oeuvre sur les attentats du 11 septembre 2001. J’avais trouvé le livre original et incroyablement poétique sur ce sujet pourtant si délicat. L’histoire est assez simple : un garçon de 9 ans, Oskar, perd son père lors des attentats du 11 septembre. Un an plus tard il trouve une clé dans les affaires de son père : à ses yeux, cette clef ne peut être qu’un message de son père. Oskar part alors en quête d’une réponse : la créativité, la sincérité, la spontanéité propre à l’enfance mais aussi la pudeur se mêlent à cette fabuleuse aventure qui commence alors.
Le livre m’avait laissé un joli souvenir. L’écriture de Jonathan Safran Foer est très fine et délicate. J’aime plus que tous ces livres-là. Ces livres qui transportent, nous changent un peu ; et qui nous laissent, comme en guise de remerciement, quelques phrases parfaites qui nous colleront à la peau durant des années.
Je suis allée voir Extrêmement fort et incroyable près de Stephen Daldry au cinéma hier soir, et j’ai été agréablement surprise. Je suis toujours enthousiaste à l’idée de regarder l’histoire d’un joli livre : découvrir la façon dont le réalisateur à ressenti et vécu le livre est un petit délice. C’est une façon pour moi de découvrir à nouveau un livre avec un autre regard, une sorte d’expérience formidable.

J’ai vu plusieurs adaptations de livres ces derniers mois . Et à chaque fois, je suis ressortie de la salle un brin déçu. Je n’avais pas (su) retrouvé dans le film l’essence du livre, ce petit brin de folie ou de poésie qui amène une histoire minuscule au nom d’œuvre.
Extrêmement fort et incroyablement près m’a coupé le souffle. Je suis rentrée doucement dans l’œuvre, la musique et l’esthétique très soignée y aidant sûrement. J’avais un peu peur que les personnages finissent par m’énerver, qu’ils écrasent la beauté du livre. Et puis non, ils m’ont touché. J’ai apprécié la délicatesse et la pudeur qui s’en dégage, cette façon si fine de saisir les émotions. Thomas Horn joue incroyablement bien. A la fin du film, j’aurais voulu rester encore un peu avec les personnages et les prendre chacun dans mes bras.
Finalement, j’ai ressenti les mêmes sentiments qu’à la lecture du livre : de la poésie (beaucoup de poésie), de la peine, de l’absurdité, de la tendresse. J’ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises.
Alors, je vous conseille le livre (et même tous les livres de Jonathan Safran Foer en fait) ainsi que le film.





