Et soutenir le mémoire
21 juin 2012
Depuis quelques jours, le stress commence à grimper le long de la colonne vertébrale. En apnée, je compte les dodos avant le jour J. J’ai un peu peur. Beaucoup. Trouillarde. J’ai toujours pensé que faire un mémoire, c’était compliqué, pour les grandes personnes en quelque sorte. Je ne sais trop comment, peut-être par un fabuleux concours de circonstances, je soutiendrai la semaine prochaine.
Depuis toujours, j’ai cette impression d’être une usurpatrice, comme si le jury allait, tout à coup, se rendre compte que non, ce n’est pas possible. Que je suis trop minuscule. J’ai toujours pensé que mes petites réussites étaient liées à une grande part de chance et qu’un jour celle-ci prendrait forcément la poudre d’escampette […].
26 juin 2012
Tenir son mémoire entre ses mains est doux. Grisant. Hier soir, je pensais que c’était la première fois que j’alignais autant de mots sur le même support, et peut-être, la dernière. Je respire. Je ne sais pas s’il y a de quoi en être fière, ou en rougir. Le fait est qu’il est là et que depuis hier, je le regarde, le feuillette, l’observe. Souris.
C’est mon sujet. Ce sont mes mots, mes phrases et mes maladresses. C’est une part de cette année universitaire qui se referme. Bien sûr, j’aurais aimé qu’il soit un peu plus comme-ci, ou un peu plus comme ça. J’aurais voulu avoir le temps d’affiner le style, de gommer toutes ses répétitions. J’aurais aimé ne pas avoir à me mordiller les lèvres à chaque fois que je lis une lourdeur. Avec le recul, je changerais encore beaucoup de choses, sûrement le plan même. Mais, il est là et c’est mon travail.
Dans quelques jours, quelques heures, je le soutiendrai et ferai tout pour le protéger, pour le montrer sous son meilleur jour. De là, je m’envolerai pour un long week-end à Porto. L’unique objectif sera alors de respirer, flâner et de profiter de mon amoureux. Je crois qu’écrire un mémoire, ou plus largement s’impliquer dans un long projet, c’est emmener avec soi celui qui partage sa vie. Cela fait des mois que je n’ai pas passé un seul jour sans parler-manger-respirer mémoire. Alors, voilà, on va se retrouver, penser à nous et se couper du monde le temps d’un week-end.
Et, peut-être que j’aurais dû commencer par ça, je tenais à vous remercier pour vos petits messages, vos encouragements et votre bonne humeur. Aussi, beaucoup d’entre vous, ont pris le temps de répondre au questionnaire du mémoire. J’ai été touchée par tant de réponses aussi détaillées. Sachez que cela m’a beaucoup aidée : en quelques heures, j’ai obtenu plus de 200 réponses. Encore une fois, vous avez été parfaits.
« Pendant dix ans, je disais tous les jours j’arrête demain. On va s’apercevoir que je n’y connais rien. J’ai toujours pensé qu’on finirait par me démasquer »
Sonia Rykiel




