[Lectures estivales] Légère comme un papillon et Grandir

Michela Marzano et Sophie Fontanel


 

Avec l’année chargée qui vient de s’écouler, j’ai peu lu. Je feuilletais généralement le soir quelques pages avant de m’endormir. Les livres me duraient des semaines. J’ai un peu plus de temps devant moi et je commence à lire à nouveau,vraiment. Alors, pourquoi pas, vous faire partager de temps à autre, mes dernières lectures – et si cela vous intéresse aussi.

Les deux derniers livres que j’ai lus et qui m’ont particulièrement touchée portent le joli titre de Légère comme un papillon de Michela Marzano et Grandir de Sophie Fontanel : deux livres qui m’ont parlé, m’ont fait un peu grandir, et dans lesquels je me suis reconnue. Ce sont deux récits intimes, justes et pudiques et où les faits et les émotions sont contés avec beaucoup de délicatesse.

 

Légère comme un papillon, Michela Marzano

 

Dans Légère comme un papillon,  Michela Marzano évoque son rapport de à la nourriture, à sa maladie (l’anorexie) mais aussi plus généralement à son rapport au père, aux hommes, à sa profession – professeur de Philosophie – et à la vie. Elle y rapporte un cheminement de vie et de guérison. Ce livre m’a beaucoup émue, touchée. Malgré la traduction de l’italien, il sonne vrai. Ce livre déborde de passion et d’amour et chaque mot, chaque virgule trouve naturellement sa place. J’imagine que je ne serais pas la seule à être happée par son histoire et à m’y reconnaitre. Il fait partie de ces livres qui restent près de nous après l’avoir refermé, qui bouleversent et qui nous poussent à aller plus loin.

Michela Marzano enseigne à Paris-Descartes la Philosophie du corps et à sa façon d’en parler dans ce livre, on l’imagine comme un formidable professeur. Vous savez ces professeurs qui ne font qu’un avec la matière qu’ils enseignent et qui vous poussent délicatement à découvrir sa beauté. J’ai refermé le livre en me disant que j’aurais aimé (j’aimerai) beaucoup assister à ses cours et avec l’envie de découvrir plus de ses livres et cette Philosophie du corps que je connais finalement que trop peu.

Un livre qui m’a fait réfléchir, m’a émue, et qui m’a aussi fait poser des questions sur moi, mon avenir – notamment sur les raisons qui peuvent me pousser à envisager de faire une thèse -, et que je ne pourrais que vous conseiller.

 

Grandir, Sophie Fontanel

 

Le second est de Sophie Fontanel. Le livre est un peu moins récent, il date de 2010. J’avais lu il y a quelques mois Envie. J’ai parcouru furtivement la quatrième de couverture en y découvrant un thème qui me fait chavirer à chaque fois que j’y pense : la vieillesse de ses parents. C’est le première fois que je découvre un livre sur ce thème et il m’est apparu particulièrement juste.

Si cette situation est universelle, elle n’en demeure pas moins délicate. Personne n’est préparée à voir vieillir ses parents, à les voir devenir de plus en plus fragiles et dépendants.  Lorsqu’on grandit, la relation parent-enfant semble s’inverser peu à peu. On devient tout à coup presque responsables de ses parents jusqu’à ce que le « presque » disparaisse. Ce livre est joli et doux. Sophie Fontanel en parle avec délicatesse et beaucoup de pudeur. Si elle parvient à glisser des jolies choses pour adoucir le quotidien de sa mère, la vieillesse ne demeure pas moins présente et réelle.

En résumé, une oeuvre émouvante, qui a mis des mots sur mes angoisses, mes peurs, et qui m’a aussi peut-être fait comprendre qu’on continue de grandir toujours auprès de ses parents. Même lorsqu’ils sont au seuil de la mort, c’est eux qui nous poussent à prendre notre envol et à nous apprendre maintenant à vivre seul.

 

 


« Des années durant, j’ai cherché par tous les moyens à devenir aussi légère qu’un papillon. Et j’y suis presque arrivée. En termes de kilos, s’entend. Car pour ce qui est du reste, la vie a souvent été trop pesante pour moi. De devoir être la meilleure. De m’efforcer de répondre aux attentes des autres. D’oublier Alessandro, d’abandonner mon pays, de faire du français ma langue. Mais le plus pesant fut de recommencer à vivre… »

Michela Marzano

Quelles sont vos lectures de l’été ?

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Un long week-end à Porto (Portugal)


Un week-end en amoureux à Porto

 

Ces quelques jours à Porto sonnaient comme la fin d’une période, une parenthèse douillette à deux. Quelques heures avant, je soutenais le mémoire. Quelques heures après le vol du retour, je retournais au bureau. Le vol pour Porto signait une rupture. Là-bas, on voulait trouver l’apaisement, le repos et le soleil. On voulait se retrouver et laisser derrière nous, le temps de quelques jours, un emploi du temps qui commençait à exploser et à nous éparpiller.

Porto est colorée. Joyeuse. Vivante. Authentique. On a réservé une Pousada merveilleuse. Chaque pièce, chaque couloir, chaque recoin est un petit bonheur à regarder. On a visité Porto, un peu. On s’est reposé, surtout. On a longé le Duoro, admiré les ponts immenses qui nous ont fait nous sentir, tout à coup, si minuscules et fragiles. On a dégusté un verre de Porto à la Ribeirinha. C’était délicieux, ce silence et cet apaisement qui nous envahissaient alors. Cette première respiration après la course.

On a flâné dans la vieille ville main dans la main, sourire contre sourire. Les petites ruelles, les azulejos, la gentillesse des portuans, les Francesinhas, les fanions à chaque coin de rue. On s’est émerveillés face à la beauté de la bibliothèque Lello. On aurait aimé y rester une éternité et se fondre dans le décors. On s’est promenés le long de plage, le soleil immense se cognait sur nos peaux encore trop blanches. On a respiré à plein poumon. L’air marin est une comptine, une comptine d’été. Trinquer face à la mer, une façon de trinquer avec l’infini et d’y croire, d’y croire s’y fort au bonheur et à la vie devant soi.

Porto, une halte de douceur, un cliché peut-être. Un ciel bleu immense, un amoureux, et un verre de Porto. Le cocktail parfait pour se ressourcer.

 


Week-end en amoureux à Porto


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La respiration



Et réapprendre à vivre

 

La soutenance est passée, et un sourire apaisé est apparu sur mes lèvres. Les minutes, qui ont suivi, avaient un goût particulier, peut-être un goût de liberté. Mention très bien. Je souris. Je pense que c’est un peu trop. J’ai passé la soirée avec ce sourire accroché à mes lèvres et cette coupe de champagne qui glissait entre mes doigts.

Se raconter, se murmurer, se crier que l’on peut être fière de soi, au moins un peu. Se répéter alors les mots de jury, pour y croire. S’en convaincre. Se répéter les mots jusqu’à ce qu’ils deviennent flous et qu’ils se vident de leur sens. Se secouer. Appeler papamaman et se sentir toute petit fille. Entendre leur voix, leur fierté peut-être, et être déjà un peu à côté. Sourire. Trinquer. Et, délicatement, penser déjà à l’après.

Le ballet ne s’arrête jamais, on le sait. Un pas après l’autre, un caillou qui en remplace un autre. Parce qu’il va encore falloir faire des choix et que l’on sait inexorablement que derrière toute décision se dissimule un renoncement. Il va falloir se prouver que l’on en est encore capable de grandir. D’avancer. Mais là, tout de suite, l’essentiel est de respirer. Vivre. 

Le lendemain, je me réveillais trop tôt, allumais le Mac. Et, en tailleur, faisais quelques modifications. Les dernières. Il n’est pas facile de le laisser s’envoler, de se dire que voilà, c’est fini. Que même si cela n’est pas parfait, il ne faut plus y toucher. On aura fait pour le mieux.

Puis, j’ai déposé le Macbook dans un coin de la valise et je n’y ai plus touché. Cela fait du bien parfois de se libérer de l’écran. Porto a été parfaite et d’une douceur absolue. Je crois qu’il est parfois nécessaire de s’éloigner pour se retrouver. Un vent de liberté.

 

 

Les photographies ont été prise à l’Ile de Ré avant de s’envoler à Porto. L’air marin sur la peau, il n’y a rien de mieux, pour se sentir vivante.


 

 

 

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