Un long week-end à Porto (Portugal)


Un week-end en amoureux à Porto

 

Ces quelques jours à Porto sonnaient comme la fin d’une période, une parenthèse douillette à deux. Quelques heures avant, je soutenais le mémoire. Quelques heures après le vol du retour, je retournais au bureau. Le vol pour Porto signait une rupture. Là-bas, on voulait trouver l’apaisement, le repos et le soleil. On voulait se retrouver et laisser derrière nous, le temps de quelques jours, un emploi du temps qui commençait à exploser et à nous éparpiller.

Porto est colorée. Joyeuse. Vivante. Authentique. On a réservé une Pousada merveilleuse. Chaque pièce, chaque couloir, chaque recoin est un petit bonheur à regarder. On a visité Porto, un peu. On s’est reposé, surtout. On a longé le Duoro, admiré les ponts immenses qui nous ont fait nous sentir, tout à coup, si minuscules et fragiles. On a dégusté un verre de Porto à la Ribeirinha. C’était délicieux, ce silence et cet apaisement qui nous envahissaient alors. Cette première respiration après la course.

On a flâné dans la vieille ville main dans la main, sourire contre sourire. Les petites ruelles, les azulejos, la gentillesse des portuans, les Francesinhas, les fanions à chaque coin de rue. On s’est émerveillés face à la beauté de la bibliothèque Lello. On aurait aimé y rester une éternité et se fondre dans le décors. On s’est promenés le long de plage, le soleil immense se cognait sur nos peaux encore trop blanches. On a respiré à plein poumon. L’air marin est une comptine, une comptine d’été. Trinquer face à la mer, une façon de trinquer avec l’infini et d’y croire, d’y croire s’y fort au bonheur et à la vie devant soi.

Porto, une halte de douceur, un cliché peut-être. Un ciel bleu immense, un amoureux, et un verre de Porto. Le cocktail parfait pour se ressourcer.

 


Week-end en amoureux à Porto


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La respiration



Et réapprendre à vivre

 

La soutenance est passée, et un sourire apaisé est apparu sur mes lèvres. Les minutes, qui ont suivi, avaient un goût particulier, peut-être un goût de liberté. Mention très bien. Je souris. Je pense que c’est un peu trop. J’ai passé la soirée avec ce sourire accroché à mes lèvres et cette coupe de champagne qui glissait entre mes doigts.

Se raconter, se murmurer, se crier que l’on peut être fière de soi, au moins un peu. Se répéter alors les mots de jury, pour y croire. S’en convaincre. Se répéter les mots jusqu’à ce qu’ils deviennent flous et qu’ils se vident de leur sens. Se secouer. Appeler papamaman et se sentir toute petit fille. Entendre leur voix, leur fierté peut-être, et être déjà un peu à côté. Sourire. Trinquer. Et, délicatement, penser déjà à l’après.

Le ballet ne s’arrête jamais, on le sait. Un pas après l’autre, un caillou qui en remplace un autre. Parce qu’il va encore falloir faire des choix et que l’on sait inexorablement que derrière toute décision se dissimule un renoncement. Il va falloir se prouver que l’on en est encore capable de grandir. D’avancer. Mais là, tout de suite, l’essentiel est de respirer. Vivre. 

Le lendemain, je me réveillais trop tôt, allumais le Mac. Et, en tailleur, faisais quelques modifications. Les dernières. Il n’est pas facile de le laisser s’envoler, de se dire que voilà, c’est fini. Que même si cela n’est pas parfait, il ne faut plus y toucher. On aura fait pour le mieux.

Puis, j’ai déposé le Macbook dans un coin de la valise et je n’y ai plus touché. Cela fait du bien parfois de se libérer de l’écran. Porto a été parfaite et d’une douceur absolue. Je crois qu’il est parfois nécessaire de s’éloigner pour se retrouver. Un vent de liberté.

 

 

Les photographies ont été prise à l’Ile de Ré avant de s’envoler à Porto. L’air marin sur la peau, il n’y a rien de mieux, pour se sentir vivante.


 

 

 

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La dernière virgule du mémoire


Et soutenir le mémoire

21 juin 2012

Depuis quelques jours, le stress commence à grimper le long de la colonne vertébrale. En apnée, je compte les dodos avant le jour J. J’ai un peu peur. Beaucoup. Trouillarde.  J’ai toujours pensé que faire un mémoire, c’était compliqué, pour les grandes personnes en quelque sorte. Je ne sais trop comment, peut-être par un fabuleux concours de circonstances, je soutiendrai la semaine prochaine.

Depuis toujours, j’ai cette impression d’être une usurpatrice, comme si le jury allait, tout à coup, se rendre compte que non, ce n’est pas possible. Que je suis trop minuscule. J’ai toujours pensé que mes petites réussites étaient liées à une grande part de chance et qu’un jour celle-ci prendrait forcément la poudre d’escampette […].

 

26 juin 2012

Tenir son mémoire entre ses mains est doux. Grisant. Hier soir, je pensais que c’était la première fois que j’alignais autant de mots sur le même support, et peut-être, la dernière. Je respire. Je ne sais pas s’il y a de quoi en être fière, ou en rougir. Le fait est qu’il est là et que depuis hier, je le regarde, le feuillette, l’observe. Souris.

C’est mon sujet. Ce sont mes mots, mes phrases et mes maladresses. C’est une part de cette année universitaire qui se referme. Bien sûr, j’aurais aimé qu’il soit un peu plus comme-ci, ou un peu plus comme ça. J’aurais voulu avoir le temps d’affiner le style, de gommer toutes ses répétitions. J’aurais aimé ne pas avoir à me mordiller les lèvres à chaque fois que je lis une lourdeur. Avec le recul, je changerais encore beaucoup de choses, sûrement le plan même. Mais, il est là et c’est mon travail.

Dans quelques jours, quelques heures, je le soutiendrai et ferai tout pour le protéger, pour le montrer sous son meilleur jour. De là, je m’envolerai pour un long week-end à Porto. L’unique objectif sera alors de respirer, flâner et de profiter de mon amoureux. Je crois qu’écrire un mémoire, ou plus largement s’impliquer dans un long projet, c’est emmener avec soi celui qui partage sa vie. Cela fait des mois que je n’ai pas passé un seul jour sans parler-manger-respirer mémoire. Alors, voilà, on va se retrouver, penser à nous et se couper du monde le temps d’un week-end.

 

Et, peut-être que j’aurais dû commencer par ça, je tenais à vous remercier pour vos petits messages, vos encouragements et votre bonne humeur. Aussi, beaucoup d’entre vous, ont pris le temps de répondre au questionnaire du mémoire. J’ai été touchée par tant de réponses aussi détaillées. Sachez que cela m’a beaucoup aidée : en quelques heures, j’ai obtenu plus de 200 réponses. Encore une fois, vous avez été parfaits.

 


« Pendant dix ans, je disais tous les jours j’arrête demain. On va s’apercevoir que je n’y connais rien. J’ai toujours pensé qu’on finirait par me démasquer »

Sonia Rykiel

 

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