
En bousculant mes repères et en me stoppant dans ma course folle, le premier confinement m’a rappelé la nécessité et l’urgence de prendre soin de moi. Je n’avais jamais vraiment pris soin de mon corps : disons, de manière un peu triste, que j’ai plutôt misé sur mon cerveau.
J’ai eu une première prise de conscience vers vingt-cinq ans. J’avais d’ailleurs écrit cet article : apprendre à s’aimer en 2015. Que j’aurais peut-être plutôt dû intituler « arrêter de se détester« .
Quelques mois plus tard, je publiais cet article sur le dépassement de soi.
Depuis, je me sens beaucoup plus libre et apaisée : c’est à ce moment-là que j’ai appris, pour la première fois de ma vie, à me détacher du regard des autres et à arrêter de juger mon corps pour un oui, pour un kilo de trop. C’est aussi à ce moment-là, que j’ai, je crois, enfin appris à écouter ma façon d’être et à la respecter.
Je me suis alors fait la promesse que je ne laisserai plus jamais personne juger dmon apparence, ma façon d’être au monde et me donner des conseils pour rentrer dans un cadre.


Et puis la vie a continué.
Je vis ma première rupture amoureuse. Je m’accroche alors à ce qui reste. Je plonge, la tête la première, dans le travail et les soirées entre amis. Je comble le vide et le silence par de la musique, des verres qui trinquent et des nuits à travailler. Je voyage. J’écris. Je m’émerveille de la beauté du monde. J’ai des projets plein la tête et des amis formidables. Je lance Les mots à l’affiche. J’oublie de dormir.
Et si je sens que ce nouveau rythme ne plaît pas à mon corps, je ne l’écoute pas. J’aurais mis, finalement, plus de trente ans à comprendre que j’étais un tout : un cerveau qui pense, qui rit, qui pleure, qui rêve… et oui, aussi, un corps qui ressent, qui parle à sa façon et qui peut se mettre à hurler si je ne l’écoute pas.
En 2019, je sens que mon corps a de plus en plus de mal à se satisfaire de ce manque de soins. Je n’arrive plus à le discipliner comme j’ai envie. Je suis fatiguée. J’ai le teint terne, des plaques qui me brulent sur le visage et le cuir chevelu. Je perds mes cheveux. J’ai trente ans.

Confinement, et la vie au ralenti
Le premier confinement a mis en lumière ce que je refusais de regarder : mes fuites régulières à l’autre bout du monde pour me ressourcer et me reconnecter, mon alimentation d’adolescente, l’absence complète de sport dans mon quotidien, le temps bien trop long sur les écrans et un sommeil chaotique, réduit et entrecoupé.
Je n’ai pas de dates précises. J’ai eu un déclic au printemps dernier en me disant que j’allais finir littéralement par me tuer si je continuais de pousser mon corps dans ses retranchements et en testant ses limites. Et que cela n’avait rien, non, de normal – ni de romantique – de devoir partir régulièrement au bout du monde pour respirer ; qu’une vie plus douce, plus confortable et sans montagnes russes – et cette sensation régulière de manquer d’air – pouvait exister.
Ce temps au ralenti, malgré moi, m’a permis d’ajuster mon quotidien. En mars, j’ai perdu la majorité de mes contrats web. Les mots à l’affiche était à l’arrêt. J’avais plus de temps. J’ai cuisiné. J’ai mis de la musique. J’ai regardé des films et j’ai même suivi quelques cours de sport. Cela faisait plus de quatre ans que cela n’était pas arrivé.
Confinée, j’ai accueilli mes émotions. Je ne pouvais pas les fuir à coup de voyages et de soirées entre amis. J’ai compris, enfin, à ce moment-là, que c’était normal d’être parfois triste ou angoissée, et que oui, ça passerait : demain, le ciel serait bleu.
J’en parlais, entre les lignes, sur l’article de mes trente-deux ans en avril dernier.


La prise de conscience
Si ces jours au ralenti ont fait germer en moi quelques graines, mon quotidien a repris peu à peu son rythme à la fin du premier confinement.
Début juin, je signe des nouveaux contrats. Je cherche – et trouve – des solutions créatives pour continuer à faire grandir Les mots à l’affiche avec les nouvelles règles du monde.
Début septembre, le rythme s’accélère : on obtient plus de quarante nouveaux points de ventes en quelques semaines, on lance deux formats et la collection d’automne. Je suis rassurée après ce début d’année compliquée.
Mi-septembre, on fête les deux ans de Les mots à l’affiche et j’organise un shooting photo dans ce lieu qui me fait rêver depuis plus d’un an. J’accompagne plusieurs entrepreneurs pour lancer leur boutique en ligne, et en conseille d’autres pour ajuster leur communication avec le Covid. Début octobre, je réalise un rêve de petite fille : je donne des cours de communication. Je cours, je sautille.
Avec la situation sanitaire, je ne voyage plus. Je ne vois plus mes amis. Je n’ai plus de fenêtres de respiration. Je vis-mange-dors pour mon entreprise.

Brutalement, je recommence à faire des crises d’angoisse.
Et justement, j’angoisse de ne pas parvenir à tenir le rythme soutenu de la fin de l’année. On est en octobre. Mon corps m’oblige à ralentir. Je lui en veux un peu. C’est à ce moment-là que je commence à me dire qu’il était temps de prendre soin de moi : je veux dire de prendre réellement soin de moi, pas de faire semblant durant deux semaines le temps de faire taire, ou d’atténuer les crises.
Je me rappelle la conversion avec un ami, en Thaïlande, sur la nécessité de revenir aux fondamentaux quand tout vacille. Je décide de reprendre les bases : mieux dormir, mieux manger et faire du sport.
Je vous raconte la mise en pratique dans un prochain article ? Vous verrez, c’est magique.
Prendre soin de soi
Le programme des articles pour se retrouver et prendre soin de soi :
- Introduction et mise en garde
- Mon cheminement et la prise de conscience lors du premier confinement
- Le rôle central du sommeil et la nécessité d’en prendre soin
- L’alimentation : se nourrir comme une adulte (ou presque)
- Faire du sport, prendre du temps pour soi et se retrouver
- Se regarder et se donner la place d’exister





