La promesse d’une vie


Je porte, en moi, mon premier enfant.

J’ai souvent imaginé écrire ces mots. J’ai souvent rêvé d’écrire ces mots. Je ne sais toujours pas vraiment ce que cela signifie. J’entends les mots. Je les écris, les lis, les rêve souvent. Je les prononce encore, encore et encore : je porte, en moi, mon premier enfant.
Ils deviennent flous, ces mots sont fous.

J’observe mon ventre s’arrondir et mon visage s’apaiser.
Je suis heureuse comme, je crois, ne l’avoir jamais été. Ou plutôt, c’est un bonheur différent, un bonheur serein qui dure, s’étire et s’amplifie au fil des mois.

J’ai, en moi, deux coeurs qui battent.

C’est la plus folle et intense des cavalcades, une tornade qui emporte, saisit et bouscule tout sur son passage: cet enfant, qui, déjà avant de naitre, me fait grandir et pulvérise toutes mes croyances.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, j’ai toujours imaginé que j’aurais du mal à devenir maman, et peut-être avec beaucoup de tristesse, que je ne le serais jamais. C’était devenu une pensée obsédante qui hantait mon quotidien et assombrissait mon regard ces dernières années.

Dans quelques semaines, peut-être quelques jours, je deviendrai mère et j’en ai les larmes aux yeux à vous écrire.

Je porte, en moi, la promesse, la joie et l’énergie d’une vie.

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On dirait l’été


21 juin, on dirait l’été.

Je n’ai pas vu passer l’automne. Ni l’hiver, ni le printemps. Les saisons ont filé. J’ai couru derrière. 

J’ai fait des cartons, des dossiers, des plans sur la comète. 

En avril, j’ai eu trente-six ans. J’ai déménagé dans un appartement à quelques pas de la place du Capitole. Quelques jours plus tard, j’ai glissé une bague qui brille à mon doigt.

Sur le chemin, j’ai oublié la peur. Je l’ai troqué pour la confiance, l’amour et la sérénité des beaux jours.

J’attends cet été depuis des mois. Depuis des années dans le fond. On est le 21 juin et j’ai l’impression qu’hier nous fêtions Noël. A la fenêtre, il neigeait encore. 

Alors, voici les beaux jours. 
Voici le temps de l’amour et de ralentir.

Bonjour l’été !

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Notes de fin février


Depuis des semaines, je range. J’organise. Je jette, je donne. J’ordonne. Je fais des dossiers. J’essaie d’apprivoiser mon bordel et mes incertitudes. L’idée me fait sourire quand je l’écris. Pour la première fois en dix ans, rien ne dépasse dans la bibliothèque. Ni dans la cuisine, ni dans les placards, ni même dans les dossiers de mon ordinateur.

Tout est propre, à sa place. Et même s’il est encore bien ancré à l’intérieur, mon joyeux bordel semble s’être évaporé quand je regarde mon appartement.

Les journées douces d’hiver, je coupe le chauffage. J’enfile un gros pull et j’ouvre les fenêtres. J’ai besoin de silence, d’espace et d’air. J’enlace ma solitude. Je vais marcher. Souvent seule, parfois avec Holly. Plus les saisons défilent, plus Holly préfère le canapé à nos longues balades. En automne, elle aura douze ans.
J’observe le ciel bleu. Je respire. Je choisis les trottoirs au soleil. Je prends des photographies. J’écris à nouveau. J’écris les doutes, les peurs et mes incohérences. J’écris pour y mettre de la distance. J’écris pour calmer mes angoisses.
J’écris pour tenter de retrouver mon souffle.

Ce n’était pas arrivé depuis des années. Je ressens le désir de conserver une trace de ces émotions passagères. De jouer avec. De les modeler, de les transcender. Je ne sais pas quelle forme cela prendra encore.
Depuis le 1er janvier, je prends une photographie par jour.
Je trouve cela fabuleux de retrouver le chemin et la connexion avec ma créativité. Avec cette pulsion, si singulière, de vie.

Je sens que je mue. Je sais que je suis en transition. Je vais bien. Et même si c’est parfois inconfortable, je crois que c’est ça finalement grandir et devenir adulte : sentir le poids des responsabilités et apprendre à y faire doucement face. S’entourer de douceur. S’organiser plutôt que de se laisser couler, plutôt que de faire l’éloge de la fuite.

Apprendre à nager, à flotter et à regarder avec calme l’horizon bleu.

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