Aujourd’hui, cela fait un an. Un an que j’ai décidé de prendre soin de moi, d’arrêter de me détester et d’avoir envie de pleurer à chaque fois que je me regarde dans un miroir. Un an que j’ai décidé de m’écouter un peu plus et d’écouter un peu moins les autres. Que j’ai arrêté de refuser d’aller prendre un café avec un copain parce que j’avais trois kilos en trop. Il y a un an, j’ai décidé que cette guerre-là était finie. Que c’était fini de pleurer et de me rendre malade pour un idéal que je n’atteindrais jamais.
Et qu’importe si je ne serai jamais aussi jolie que ces filles au teint parfait et aux longues jambes, qu’importe. J’ai enfin trouvé une certaine paix intérieure et c’est l’essentiel. J’ai appris à m’écouter, à me regarder, et à ne plus avoir peur. De moi, de mon image, du regard des autres. De leurs mots aussi. Et depuis un an, les maux de tête qui m’empêchaient de me concentrer et m’obligeaient certains jours à me fondre dans le noir, ont disparu avec cette angoisse-là. Je vais mieux.
Il y a un an, j’ai décidé de ne plus jamais écouter les personnes qui me diraient que je suis trop grosse trop mince trop. Les personnes qui voudraient, aussi, contrôler mon assiette. J’ai arrêté de me cacher sous mes vêtements. Sous mon cerveau, mon sourire, ma frange. Il y a un an, je me suis promise que l’image de mon corps ne dominerait plus jamais mon quotidien. Croix de bois, croix de fer. Alors, j’ai serré les poings et j’ai appris à me regarder. A apprivoiser mes imperfections. Mes bleus sur mes jambes, mes grains de beauté, mes fossettes. J’ai appris. A m’écouter, à me sourire. A être bienveillante.
Il y a un an, j’ai aussi appris à manger et à y prendre du plaisir. J’ai découvert que l’on pouvait profiter d’un repas entre amis sans avoir l’impression, à chaque fois, d’avoir fait la plus grosse bêtise de sa vie. J’ai appris à ne plus m’affamer et à manger. Par faim, par gourmandise, ou simplement parce que j’en ai envie. J’ai appris à apprécier ce que je mangeais. A ne plus dévorer mes émotions pour un oui pour un non. J’ai appris ce qu’un petit enfant apprend naturellement et qui n’avait jamais été vraiment inné pour moi. J’ai repris, lentement, les bases. J’ai levé les yeux, j’ai respiré, et j’ai cru en moi. Un peu. Chaque jour, un peu plus. J’ai appris à ne plus éteindre la lumière lorsque je prends une douche et à ne plus avoir les larmes aux yeux lorsqu’on me photographie. La tempête est passée. Le ciel est bleu et je suis apaisée. Je vais mieux.
Il y a un an, j’ai commencé à m’écouter. A tâtons, j’ai apprivoisé mon corps. Ses envies, ses besoins. Pour la première fois depuis des années, je l’ai regardé. Je me suis regardée. J’ai rencontré une naturopathe qui a su trouver les mots justes et m’aider dans ce parcours-là. Qui veille toujours sur moi. J’ai voyagé, seule. Et, j’ai apprécié ce temps-là. Cela peut sembler un peu étrange. Mais, vous savez, il arrive un moment quand on ne s’aime pas vraiment où l’on appréhende ces moments en tête à corps. J’ai appris en à profiter, à les savourer. A prendre soin de moi. J’ai arrêté de me fuir. Depuis un an, j’ai rencontré des personnes formidables. J’ai osé. J’ai eu un peu moins peur de – me – décevoir. J’ai commencé à courir. Repris la danse classique et pensé à découvrir le yoga. Je me suis apprivoisée. J’ai aimé un peu plus fort. J’ai accepté qu’on m’aime aussi. Qu’on me trouve peut-être, aussi, parfois un peu jolie. Et, c’est doux. Tellement doux.
Alors, voilà, je crois que c’est essentiel de conserver ce minuscule message en tête : on peut passer vingt-ans à se détester, à se faire un peu mal, à être un peu trop dure ; et un jour décider de faire la paix avec soi-même. Et, de commencer enfin et doucement à vivre.




