On était en avril. C’était un samedi. La veille, Anthony était rentré dans la nuit de Luxembourg. Vers midi, on a pris la voiture et la direction de l’océan. Sur le trajet, le ciel était lourd. Alors, on a croisé fort les doigts pour que le ciel s’apaise vers l’Ouest. On a demandé du soleil, un ciel bleu et des températures de printemps. Je crois qu’on nous a entendu. Vers 17 heures, on traversait le pont de l’île de Ré et le ciel semblait déjà un peu plus doux.
Et puis, les tout derniers kilomètres pour rejoindre le phare des Baleines tout au bout de l’île. La circulation sur la route principale et l’impatience qui grandit grandit grandit. À l’arrivée, se presser un peu. Quelques minutes plus tard, on nous souhaitait la bienvenue et tendait un trousseau de clef. Bienvenue chez vous, bienvenue au phare des Baleines. Alors, forcement, on a grimpé, comme des enfants, les marches. Deux cent cinquante sept. Forcement, on voulait voir la vue. Forcement, on était à bout de souffle à l’arrivée. Forcement, et qu’importe. Il y avait l’océan, le ciel et les maisons sur le côte. Il y avait l’essentiel. De là-haut, on aurait pu attraper les nuages.
Le phare était notre maison pour la nuit et c’était incroyablement beau. On avait dix ans et des étoiles plein les yeux. Les gouttes de pluie sur le visage, le bruit des vagues, la vue incroyable. Le bonheur d’une fin de journée. Alors, on est descendus doucement. Cette fois, on a pris le temps. On a pris des photographies de l’escalier en colimaçon et de la vue à chaque étage. On a capturé des souvenirs.
Arrivés en bas, le sol tournait sous nos pieds. On a couru jusqu’au front de mer. La marée était haute et les vagues s’abattaient à quelques centimètres de nous. Il pleuvait de plus en plus fort. On s’est réfugiés dans un café à côté du phare. On a trinqué au phare des Baleines et à nos aventures. Aux belles histoires que m’offre ce blog et à cette chance folle. À cette vingt-sixième année qui s’achève doucement et aux beaux jours. À nos projets communs et aux surprises à venir. À nous, à la vie.
On a commandé des huîtres et du vin blanc. La soirée avait ce goût particulier des premières fois – et peut-être des dernière fois aussi. Alors, on a savouré. Saisi cette chance-là. La soirée fut douce et calme. Magique et hors du temps, Vers vingt-deux heures, on est rentrés au phare. Dans la nuit, il brillait. Nos yeux aussi. C’était un peu fou de s’endormir dans ce lieu plein de vie, d’anecdotes, et d’histoires. On aurait aimé pouvoir le secouer et qu’il nous murmure ses secrets jusqu’au petit matin. Il faisait nuit, il faisait silence. L’océan nous a bercé. On s’est endormis.
Six heures. Yeux qui picotent et réveil au dessus des nuages. Ciel rose jaune orange. Réveil de bout de monde et tableau parfait. Quelques minutes plus tard, le ciel était bleu-bonheur et donnait la note des jours à venir.






















