
De février, je me souviendrai de la République Dominicaine et de nos huit ans en amoureux là-bas. Des billets réservés le jeudi de Dubaï pour le samedi à l’autre bout du monde. De l’escale de quelques heures à Paris et de mon impatience de môme. Des hôtels réservés, en quelques minutes, dans les quatre coins de l’île et de mes étoiles dans les yeux ce jour-là.
Je me rappellerai de ce mélange de peur de bonheur d’excitation et d’impatience. De la boule au ventre de faire une bêtise et de cette envie, plus forte et égoïste, de se retrouver juste tous les deux au bout du monde, de prendre du temps pour se retrouver. Et puis, de ce message glissé en milieu de l’après-midi « Rendez-vous en terre inconnue. Samedi, 14 heures, Charles de Gaulle » et du sourire accroché à mes lèvres.
Je me souviendrai de notre arrivée sur l’île. De la vue du hublot et des couleurs alors incroyables de la mer de la haut. De sa main dans la mienne, de ses mots murmurés et de ses baisers dans le cou. De l’attente interminable de la valise bleue ciel, de mon impatience et de mes sautillements. De mon espagnol retrouvé pour négocier la location de la voiture rouge et de mon manque d’assurance lors des premiers kilomètres. De la fatigue qui colle au corps, des fenêtres ouvertes et de nos hochements de tête sur la musique dominicaine qui passait à la radio. De l’accueil souriant à l’écolodge et de notre petite chambre en bois qui donnait sur la mer. De la fatigue oubliée envolée et de l’énergie retrouvée.
Allez, viens, on va voir la mer.





De cet hiver-là, je me souviendrai du premier lever de soleil en République Dominicaine et des couleurs pastels du ciel. Du premier café partagé sur la petite terrasse de la chambre et du bonheur au coin de nos yeux. Du paysage de carte postale et de la chaleur qui grimpe et nous berce doucement. De nos pas dans la petite forêt et de la nature qui prend au coeur. Du bruit de la rivière et du silence apaisant tout autour.
Du soleil qui caramélise la peau, de la mer turquoise à perte de vue et des paysage verts-verts-verts. Du premier trajet en voiture et de l’horizon qui donne envie de tout filmer tout photographier tout voir. Se souvenir des belles choses. Toujours. Des rencontres dans ce petit village de pêcheurs. Des sourires échangés et la joie de vivre des dominicains. Des conseils et des anecdotes partagés. De mes mots cherchés retrouvés prononcés un peu plus fort en espagnol. Des mots pour dire merci, pour découvrir l’autre, pour l’apprendre doucement. De mon enthousiasme et de mon expansivité qui me frappe, à chaque fois, que je change de langue. De cette voix un peu plus forte, peut-être un peu plus sereine en espagnol.
Plus tard, dans l’après-midi, je me rappellerai de ce repas improvisé à deux, face à la mer, et des peurs envolées. De m’être dit que la vie est belle, belle et surprenante. De ce premier baiser échangé dans une petite chambre étudiante il y a huit ans tout pile. De nos dix-neuf ans et de ce désir de grandir, de se construire ensemble. Des je t’aime que l’on ne prononce pas et de ceux glissés au creux de l’oreille pour les années à venir.
Dis, on sera toujours aussi heureux aussi amoureux aussi vivant dans dix vingt trente ans ?




Plus que tout, je me rappellerai de l’évidence et de cette envie de continuer à découvrir, ensemble, le monde. De nos promesses de bout du monde et de cette curiosité commune. De cette nécessité de rencontres, d’étonnement et de bienveillance. De s’ancrer, à deux, dans le mouvement. De ce besoin d’amour et de liberté partagé.
Février comme une bourrasque, un mois à perdre le souffle et à se répéter que la vie est douce douce douce et joyeuse. Que je veux des deux février comme ça pour toute une vie encore.




Les photographies sont à Barahona, dans le sud-ouest de la République Dominicaine . Les photographies de l’hôtel ont été prises à la Casa Bonita Tropical. C’est un petit coin de paradis – mais, en fait, attendez-vous que j’écrive ça pour toutes les régions visitées de l’île.
















