
Il y a ce ballon rouge qui flotte dans le salon depuis quelques jours et qui me glisse un sourire de môme à chaque fois que je l’observe. Les vacances en Egypte dans un minuscule dodo et le rêve de petite fille de naviguer sur le Nil à bord du Steam Ship Sudan. Les projets à finir et ceux à commencer. La petite angoisse de ne pas parvenir à tout faire tout créer tout écrire dans les temps et aussi bien que je le souhaiterais. Le sac rempli en quelques minutes en croisant les doigts pour ne rien oublier de trop important – parce que forcement, on sait déjà qu’on aura oublié une ou deux choses, mais aussi que cela ne sera pas l’essentiel.
Il y a le soleil, les pyramides et l’envie de s’éloigner un peu de ce quotidien où tout semble aller un peu trop vite et où les nuages ne semblent jamais décidé à laisser la place sereinement aux beaux jours. Il y a la fête des mères, ce bouquet rose rouge violet acheté au marché ce matin et l’envie tout à coup de prendre le temps, d’oublier les impératifs et de profiter-savourer-vivre. Il y a Holly, son petit rhume qui l’empêche de bien respirer depuis des semaines et ces câlins qui consolent de tout. Les cafés partagés au soleil et les soirées à refaire le monde autour d’un verre de vin. Les quelques jours à Barcelone et son atmosphère si douce et solaire. Les séances de cinéma comme des respirations et les pièces de théâtre qui secouent.
Il y a la fatigue accumulée au coin des yeux, le sourire sur mes lèvres, et ce moleskine qui attend sagement ses premiers mots. Il y a toutes ses images roses jaunes bleus dorées dans un coin de ma tête et qui me transportent déjà à cinq heures de vol au soleil. Tous les mails accumulés et ces petites choses à finir absolument avant-de-dormir pour m’envoler sereinement. Tous ces frissons et rêves à apprivoiser.


Il y a Claire, à mes cotés depuis quelques semaines, et qui me transmets chaque jour une énergie folle. Ses sourires, ses idées, son enthousiasme. Nos créations à quatre mains pour la fête des mères et notre créativité partagée. Ce projet d’agenda qui me glisse des papillons dans le ventre et qui me donne l’impression d’avoir une montagne à gravir. Ce mélange de fierté et d’être une usurpatrice dès que je ferme les yeux. Cette peur immense et cette envie, par dessus tout, de créer quelque chose de joli. Quelque chose d’harmonieux de doux et de créatif. De pouvoir dire écrire murmurer, dans quelques semaines, regarde, c’est moi qui l’ai fait.
Il y a l’Egypte en boucle, en majuscule et en sourire. Le décompte du nombre de dodos et la crème solaire, qui sent bon le bonheur, glissée dans le sac. Vous savez, c’est un peu tout dingue, un peu tout fou. Je m’envole avec Anthony et une poignée de blogueurs bien trop extraordinaires et talentueux – coucou Jéremy, Samantha, Juliette, Alice, Anne et Laetitia. Je m’envole grâce à Voyageurs du monde sur le plus joli et doux des bateaux à vapeur et je serre – encore et toujours – fort ma chance. Je m’envole et je crois que j’y suis déjà un petit peu. Et, j’ai tellement hâte de tout vous raconter cette parenthèse au bord du Nil.
Ce soir, j’ai un peu cinq ans et l’impression d’attendre le père-noël : c’est quand demain, dites ?




















