

Au réveil, j’ai vu le ciel bleu et un grand soleil par la fenêtre de la chambre d’hôtel. J’ai su que cela serait une belle journée. Alors, j’ai oublié les petites heures de sommeil et cette difficulté à nouveau à le trouver la veille. J’ai enfilé un short et un débardeur et je suis allée prendre un petit-déjeuner à quelques minutes de l’hôtel à Ya Kun Kaya, une café où les singapouriens ont l’habitude de se retrouver le matin. J’ai commandé un café et des toasts au beurre et à la confiture de lait de coco à tremper dans des œufs mollets avec de la sauce au soja salé. J’ai mangé, souri, grimacé. J’ai mangé à nouveau.
Avant d’atterrir à Singapour, j’avais cette image fascinante d’une ville équilibriste entre l’Occident et l’Orient, tournée vers le futur, hyper-connectée et où la nature et la technologie cohabitent. J’avais hâte de découvrir ce visage plus naturel et préservé de Singapour. Je le guettais depuis mon arrivée au fil de mes balades et je m’enthousiasmais à la vue des parcs et des arbres centenaires au loin.
Si j’aime la ville et son bouillonnement, j’ai besoin d’espaces naturels pour me ressourcer et reprendre ma respiration. Dès les beaux jours, à Toulouse, je file souvent entre midi et deux, ou l’après-midi, profiter d’un petit coin d’herbe et d’un livre au soleil. Cela me permet de ralentir. Dans la nature, j’ai toujours la douce impression de me reconnecter à mes émotions et au temps. De revenir à l’essentiel.


Après le déjeuner, je me suis dirigée vers le Southern Ridges pour découvrir la jungle singapourienne. J’ai rejoint Mount-Faber, et j’ai pris le chemin pour rejoindre Hort Park. J’ai marché au dessus des arbres à travers les ponts suspendus. C’était beau et surprenant, et cela me rappelait une jolie randonnée en Australie. C’était encore tôt, il y avait peu de monde et cela sentait bon le calme et la sérénité. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et je crois que je n’aurais pas vraiment pensé-rêvé à une flore aussi développée si proche de la ville. J’imaginais vaguement quelques arbres et une forêt minuscule.
J’ai vu la nature s’épanouir et trouver sa place au coté de la ville. J’ai vu la beauté des arbres centenaires et j’ai été fascinée par cette capacité de la nature à se construire autour des installations de l’homme. A faire corps avec. J’ai marché et j’ai respiré. J’ai pris le temps. A mesure que je marchais, j’ai ressenti tout doucement l’énergie et la force sauvage de la nature. Sur mon chemin, j’ai croisé des écureuils et oiseaux. A l’horizon, on voyait les gratte-ciels se fondre dans les arbres.
L’après-midi, j’ai pris un bain de soleil au bord du lac de MacRitchie Reservoir. C’est à quelques minutes en voiture du Southern Ridges et on a l’impression d’être au bout du monde. Ici, aucun immeuble à l’horizon. On est au milieu de la forêt, au milieu du lac, au bout du monde. C’est le moment parfait pour faire la sieste à l’ombre d’un arbre, d’observer les canoés et d’écouter les rires des enfants. A l’intérieur de la forêt, je sentais le soleil traverser les arbres et caresser mes épaules ; il faisait doux, il faisait soleil.





Avant le coucher de soleil, j’ai rejoint le quartier colonial de Singapour et j’ai marché jusqu’à Clarke Quay. J’ai découvert un quartier branchée et moderne avec ses grattes-ciels, son quartier d’affaires, ses nombreux bars et restaurants. Je n’avais encore survolé que cette partie-là de la ville en privilégiant, tout d’abord, les quartiers plus traditionnels de Singapour. A l’image de la nature, l’association et le mélange des cultures, de l’ancien et du moderne, m’ont semblé extrêmement doux, naturels et rassurants.
De la rive, j’ai pris un bateau. J’ai observé le ciel changer doucement de couleurs à mesure que le soleil se cachait derrière les buildings. De là, on pouvait apercevoir la Marina Bay et toutes les grandes tours où se situent les banques de Singapour. Je ne sais pas si vous ressentez parfois cela : des moments où vous vous dites que l’instant ne pourrait être plus parfait qu’à ce moment-là. Hier et à ce moment-là, sur le bateau alors que le soleil se couchait, c’était ça et c’était incroyablement émouvant. Sur la rive, il y avait un groupe qui dansait et faisait de la musique. Cela donnait des airs de fêtes, une sorte bande originale joyeuse à cette fin de journée.



Avant de rentrer, j’ai dîné un chilli crab sur le Boat Quay, un plat singapourien préparé à base de crabe, de sauce tomate et de chili. C’est bon, cela pique et on s’en met partout.
Du restaurant, je suis rentrée à pied à l’hôtel. Il faisait encore chaud. J’ai mis mes écouteur et j’ai écouté ce morceau en me disant que oui, que la vie était quand même drôlement easy. J’ai traversé le quartier d’affaire, puis Chinatown. Cela sentait bon les épices et les beaux jours. J’ai pensé à tout ce que j’ai vu-ressenti-photogaphié depuis dimanche. J’ai pensé à la course à l’aéroport à Franckfort et cette boule au ventre quand je ne trouvais pas la porte d’embarquement. J’ai pensé à Singapour, à mon arrivée, à ses différents quartiers. J’ai pensé à Singapour et à sa nature folle, à ses forêts tropicales, à ses réserves, à ses arbres centenaires, à ses écureuils, à ses orchidées, à ses lacs et ses respirations. J’ai pensé et j’ai souri.
J’ai fini le trajet en en me disant que Singapour était aussi belle et surprenante de jour que de nuit, de ville que de nature.


































