

Il est un peu plus de trois heures du matin à Singapour. Pour la toute première fois, mon corps semble faire un peu de résistances aux décalages horaires. Je me suis endormie, vers 20 heures et réveillée il y a trois heures avec une énergie incroyable. Alors et depuis, je trie les photographies, j’écris et je pense fort à ces dernières vingt-quatre heures.
Il y a vingt-heures, je tendais mon passeport et mon billet d’avion, sourire aux lèvres, à l’aéroport à Toulouse. Quelques heures plus tard, j’atterrissais à Francfort et je me perdais dans son l’aéroport tentaculaire. Après un heureux hasard, des détours incroyables et une course folle dans les couloirs, j’arrivais tremblante nez à nez face à la porte d’embarquement B26. Quand l’hôtesse m’a tendu mon billet et m’a fait signe de rentrer dans l’avion, j’avais le coeur au bord des lèvres.
Et puis, il y a eu ces douze heures de vol qui se sont enchainées et que je n’ai pas vraiment vu passer. Ces douze heures, le nez collé contre le hublot, à dormir et à retrouver les heures de sommeil manquées des derniers jours. Douze heures parsemées de réveils, douze heures pour soi, à soi, à observer le ciel et à écrire quelques mots avant de m’endormir à nouveau le sourire aux lèvres. Douze heures à penser, somnoler, se projeter, rêver.
Je me suis réveillée avec le bruit des roues cognant sur le tarmac. Je me suis réveillée, toute secouée et en me demandant où j’étais et l’heure qu’il pouvait être. Et quand la réponse m’est doucement revenue, je me suis mordillée les lèvres d’avoir manqué cette première rencontre, vu du ciel, de Singapour. Alors, je me suis dit que Singapour serait sûrement à cette image-là, un voyage qui change vos habitudes, votre regard et qui vous secoue.


A la sortie, un chauffeur m’attendait avec mon prénom gribouillé sur une pancarte et, c’est un peu bête, mais me dire qu’une personne était là pour moi au bout du monde, m’a mis du baume au cœur.
On a traversé Singapour pour rejoindre le Club Hôtel. Dans la voiture, j’ai oublié les heures de vol et la fatigue. J’avais les yeux rivés à la fenêtre. Je voulais déjà tout voir, tout ressenti. J’ai posé mille questions. J’ai montré du doigt les bâtiments et les paysages inconnus. C’était beau, c’était grand, c’était vert.
A l’hôtel, j’ai déposé ma valise dans la chambre à la porte rouge et je suis allée, quelques minutes plus tard, me perdre dans la douceur de Chinatown. Sur le chemin, j’ai souri aux lanternes lumineuses et aux cavernes d’alibaba. Aux températures d’été et aux sourires, en retour, des singapouriens. Aux échoppes colorées, aux chatons porte-bonheur en porcelaine et à l’apaisement de ce quartier au cœur de la ville.
D’ici, tout me semblait incroyablement doux et rassurant. Je ne sais pas si c’était les heures de vol, la fatigue ou si ce quartier est vraiment une petite perle. En revanche, je sais déjà mon premier regard, je sais mes frissons et je sais cette façon particulière de m’y être sentie bien. De Singapour, j’ai déjà adopté son atmosphère et ses couleurs.
Sur le chemin pour revenir à l’hôtel, je me suis promise d’y retourner. J’ai commandé un repas à emporter et je suis montée dans la chambre, Alors, voilà, je finis de diner et je souris. Je suis en éveil. J’ai trié les quelques premières images et je vous écris ces quelques mots, pour vous dire combien ces vingt-quatre heures ont été jolies, lumineuses et intenses. Pour partager mes premières impressions avec vous. J’écris aussi, égoïstement, pour me souvenir de ce bonheur-là, pour ne pas oublier.
D’ici, j’entends la mélodie d’une guitare, des verres qui trinquent et des rires partagés du bar en face de la chambre. Si je m’approche et que je vais sur le balcon, je peux apercevoir le petit groupe d’amis. Cela sent bon le bonheur.





Dites-moi, si vous avez des petites adresses, des endroits à voir, des choses à gouter, à acheter, à photographier, à adopter, à aimer à Singapour, vous me glissez un petit mot ?
Je file me glisser sous la couette et essayer de dormir. On essaie de se dire à demain ?



















