Faire un trek dans le désert


 

Pour le trek dans le désert, je suis partie avec Allibert Trekking. Allibert propose plusieurs treks – pour tous les niveaux – au Maroc et dans le monde entier. C’est la toute première fois que je réalisais un voyage axé sur la nature et la marche et j’ai eu un énorme coup de cœur. Si j’ai l’habitude des petites randonnées d’une demie, ou d’une journée, en voyage ; c’est la première fois que je partais dans ce but précis.

Je sais que ce besoin de déconnecter et de ralentir est lié à mon rythme de vie, et je crois que je suis loin d’être la seule en échangeant avec vous. Plus je grandis, et plus je recherche ce contact avec la nature. Plus je comprends comme le corps et le mental sont aussi intrinsèquement liés.

Je sais que, même si l’envie est là, mon corps n’est absolument pas préparé et que l’objectif principal reste de retrouver l’équilibre perdue dans la bouillonnement de la ville. J’ai trouvé le programme d’Allibert parfait entre marches, paysages à couper le souffle et temps de repos – oh, les belles après-midi au soleil au milieu du désert. J’ai aussi aimé la simplicité des repas partagés et les échanges avec les locaux. Je crois que c’est ce dont j’avais vraiment besoin. Souvent quand on idéalise un voyage, on est un peu déçus. J’ai répété pendant plusieurs jours que j’allais faire un trek dans le désert, le sourire aux lèvres, avant de partir.

Et une fois sur place, j’ai conservé ce sourire des rêves, imaginés, puis concrétisés. J’ai répété des dizaines de fois que c’était vers ce type de voyages que j’avais, je crois, envie de m’orienter aujourd’hui – je suis d’ailleurs partie faire un trek dans les Pyrénées ce week-end et c’était drôlement, drôlement, chouette et beau.

 

 


Je ne suis pas de nature sportive – à part préférer la marche à la voiture et aux transports en commun à Toulouse, je ne fais aucun sport – et j’ai longtemps cru que j’étais nulle en sport et que je ne pourrais jamais y prendre de plaisir. A l’école, j’angoissais avant chaque séance. Je me sentais petite, boulotte et honteuse d’être plus lente et moins endurante que les autres.

En grandissant et tout doucement, j’ai appris à m’écouter et à aller à mon rythme. J’ai compris que je n’étais pas particulièrement nulle (mais que je manquais d’entrainement !). J’aime, doucement, me surpasser et découvrir les limites dans mon corps sans pour autant le bousculer. Je ne suis ni dans la compétition ni dans la performance. Je suis, en revanche, heureuse que mon corps me porte pour découvrir des paysages incroyables. Je suis bienveillante envers lui et j’ai appris au fil des années à l’écouter, à m’écouter.

Chez Allibert Trekking, les programmes de niveau 1 ou 2  – moins de 5 heures de marches par jour – sont accessibles et permettent de profiter sans avoir l’impression de mourir chaque jour. Si Nicolas ne m’avait pas proposé de participer à ce trek, je n’aurais jamais osé franchir le pas en me disant que cela n’était pas pour moi (c’est d’ailleurs la première chose que je lui ai demandé…). Merci Nicolas.

C’est une jolie façon de découvrir une région, ou un pays, tout en prenant soin de soi (et en étant mine de rien un peu fière de soi !).

 

 


 

Les deux dernières images ont été prises par Florian Mosca. Mille mercis.

 

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Il est un peu plus de minuit ici et j’ai les yeux fatigués des belles journées.

On a passé des heures à marcher au milieu des dunes. On a croisé des chèvres qui descendaient de la montagne, et puis un peu plus tard dans la matinée, d’autres qui s’abreuvaient au puits Allibert. Vers midi, on a posé nos affaires et nos tentes au milieu du désert. C’était notre maison pour la nuit. On a préparé le déjeuner et profité de l’après-midi pour dormir-rêver-lire-flâner. Il faisait un soleil d’été et les dunes semblaient nous observer.

Je me suis endormie. Quand je me suis réveillée, j’avais des couleurs et des idées plein la tête. J’ai pensé que ce logo, ce logo sur lequel je travaillais depuis quelques jours, serait né au milieu du désert, et que, c’était quand même une jolie histoire. Il aurait pris forme, une après-midi de printemps, dans le sud du Maroc. Il sentirait bon le soleil, le voyage et la fleur d’oranger.

J’ai serré cette chance-là. De pouvoir, au quotidien, voyager, imaginer, créer. J’ai compris aussi que ces deux besoins – envies – sont intrinsèquement liés. Voyager et créer sont les deux choses qui me rendent les plus heureuses au monde – et faire des câlins à Holly. Mon imagination n’est jamais autant en éveil que lorsque je voyage. Je m’étonne, j’observe, j’ouvre les yeux. J’aime imaginer qu’il y a un peu de Singapour, du Mexique ou de la Thaïlande dans chacune de mes créations. De chaque voyage, je rapporte des rencontres et des souvenirs. Je grandis avec eux, à travers eux. Je les transforme en création

 


 

Un peu plus tard, on a quitté le camp et on s’est dirigés vers les dunes. On a grimpé, marché, observé. On a pris des photographies. Il faisait beau, il faisait silence. Vers dix-huit heures, on s’est assis face aux dunes. En attendant que le soleil s’endorme, on a refait le monde et beaucoup ri. On semblait seuls au monde, et avoir la beauté de ce monde-là juste, justement, pour nous. Le ciel est devenu bleu rouge jaune orange. Il faisait bonheur, il faisait nuit.

On a couru dans les dunes pour rejoindre le chemin. On est tombés. On a ri, encore. On avait cinq ans, peut-être huit. Après le diner, on a observé les étoiles. Avec Mohamed, j’ai appris les étoiles. Je fais partie de ces personnes qui ne connaissent du ciel que son élégance et sa profondeur.

J’ai appris la grande Ourse et les autres constellations. J’ai écouté des histoires et des légendes d’un autre temps. J’ai vu, tout doucement, des formes se dessiner dans le ciel. J’avais l’impression d’avoir en face de moi un alphabet que je parvenais, après des années d’incompréhension, enfin à déchiffrer. J’avais ce sourire des premières fois. Je me suis promis, en rentrant, de regarder ce tableau dans la salle à manger et d’apprendre le ciel.

 


Vers vingt-deux heures, j’ai essayé d’apprivoiser les étoiles sous le regard, cette fois, de mon appareil photo. J’ai passé la soirée à tâtonner et à essayer de me rappeler comment fonctionne le trépied et le reflex à la nuit tombée.

Forcement, j’avais oublié de mettre des piles dans la télécommande pour ne pas avoir à déclencher et bousculer mon appareil photo lors de la prise de vue. Forcement, j’avais oublié de lire des tutoriels pour photographier le ciel. Forcement, j’avais oublié l’emplacement des boutons. J’ai joué avec les ISO et le temps d’expositions. Alors, et tout doucement, j’ai essayé.

J’ai tâtonné en me disant que le résultat n’était pas si important, et en me rappelant comme j’aimais avant tout prendre des photographies, que le souvenir était aussi important que l’image capturée.

Je suis restée une heure, peut-être deux à observer le ciel, et son reflet dans mon appareil photo. Je viens de me glisser sous la tente et j’ai des étoiles plein les yeux.

 
 

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Je viens de me faufiler sous la petite tente installée pour la nuit et d’ouvrir le moleskine. On est au milieu du désert et j’ai un énorme sourire à l’écrire.

Je ne sais pas vraiment pourquoi le désert me bouscule toujours autant. La première fois où je suis allée dans le désert, c’était en Jordanie. C’était il y a un peu plus de quatre ans. Je conserve un souvenir particulier de cette soirée passée à la belle étoile. Je me souviens de l’odeur du narguilé et des notes de musique jouées par un touareg. Quelques mois plus tard, il y a eu le désert du Maroc, puis un peu plus tard encore celui d’Abu Dhabi.

A chaque fois, j’en suis ressortie bouleversée et apaisée. A chaque fois, il y a eu cette connexion à la nature qui m’a saisie et émerveillée. Je suis une enfant de la ville. Je suis née au  milieu d’immeubles. Je suis hyper-connectée. Je cours, j’ai un iPhone greffé à la main et toujours trop de mails en attente. J’aime aller au musée, découvrir une nouvelle pièce de théatre et me glisser dans un fauteuil de cinéma. J’aime travailler dans un café l’après-midi et partager quelques tapas au milieu d’une place animée à la nuit tombée. J’aime la ville pour son histoire, son architecture et son bouillonnement.

 

 


Et si je ne quitterai le centre-ville pour rien au monde, je ressens, souvent, au quotidien le besoin de ralentir et de me recentrer. A lire vos mots sur mon article Sur le nécessité des creux et du vide, je crois que je ne suis pas la seule à ressentir ce besoin-là.

A Toulouse, j’ai toujours autant de mal à me déconnecter plus de quelques heures. Cela sonne et se bouscule dans ma petite tête. Parfois, et sans m’en apercevoir, cela me compresse doucement et bloque mon imagination et ma créativité. Je suis dans la course, le contrôle et l’action, et, cela déborde.

Alors, avec le temps, j’ai appris à un peu mieux me connaitre, me protéger et m’écouter. Dès les beaux jours, on profite des parcs toulousains avec Hollynette. Je laisse mon ordinateur et mon téléphone à l’appartement. Je regarde moins mes mails et je prends le temps pour y répondre. Je ne me force pas. J’ai troqué mon iPhone contre un livre avant de m’endormir. J’essaie d’être moins connectée, mais mieux. J’essaie aussi d’avoir un rôle actif et conscient lorsque je me connecte, et de me détacher de ce sentiment de vide quand je n’ai pas mon iPhone-doudou près de moi.

Et puis, aussi, depuis quelques mois, j’essaie de prévoir des escapades, d’une journée ou un peu plus longues, où je m’éloigne de ce bouillonnement-là. Où je retrouve la nature et où mes sens sont en éveil. Je sais que je n’ai pas besoin ni de partir au bout du monde ni durant des semaines, et que, souvent, les plus belles surprises sont proches de nous : ce trek dans le désert en est définitivement une.

D’ici, tout semble se faire naturellement. Il y a ce silence réconfortant des grandes étendues et la chaleur du soleil qui berce dès le levé du soleil. Il y a les longues journées à observer les couleurs du ciel et l’horizon. La connexion oubliée au porte du désert et la force et la simplicité de la nature retrouvée.

Il y a un peu tout ça qui fait sens, qui se mélange, et qui rappelle aussi en filigrane la beauté, et la simplicité, de la vie.

 


Merci, merci encore Allibert Trekking pour cette belle, et vivifiante, parenthèse au cœur du désert marocain.

 

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