
J’ai passé une journée au paradis. Si je devais décrire ma journée en une phrase pour me souvenir de ce jour-là, je crois que c’est cette phrase que j’aurais écrite dans le moleskine. J’ai passé la journée dans les eaux turquoises de Comino et Gozo. J’ai passé une journée entourée de soleil, de rire et d’une mer bleu-paradis.
Avant de m’envoler à Malte, j’avais prévu une journée dans la semaine un – tout petit peu – plus loin de mon ordinateur pour pouvoir visiter Gozo et Comino. Je me laisse toujours surprendre par les paysages rencontrés à quelques heures de route, ou de vol, de Toulouse ou Paris. Cela me surprend et mon enthousiasme me surprend – et je croise fort les doigts pour conserver cet étonnement-là toute une vie encore.
Je suis une fille du Sud et des horizons bleus. J’aime les températures élevées et sentir le soleil caraméliser mes épaules. J’aime quand les températures grimpent grimpent grimpent et que le soleil se glisse dans la pièce à travers les volets encore fermés. J’aime enfiler une robe d’été et sentir mes jambes nues. Les bords de mer, les centre-villes pavés et le goût déposé par l’air marin sur la peau en fin de journée.
Si vous voulez me rendre heureuse une journée un peu grise, écrivez-moi « viens, on va chercher le soleil et voir la mer« . Ni une ni deux, je sauterai dans la voiture avec, déjà, un sourire retrouvé – je ne suis pas très difficile à convaincre. On ouvrira les fenêtres, on mettra la musique un peu trop forte et, à mesure que les kilomètres s’accumuleront, le ciel deviendra un peu plus bleu. C’est ma recette magique, mon chocolat contre les tempêtes intérieures.


De la Valette, on a rejoint le nord de l’île. Dans le bus, on a observé les paysages. C’était vert jaune orange bleu, beau. On a traversé des villes, on a oublié les noms des villes, on s’est laissées absorber par le bleu de la mer.
Arrivées à Cirkewwa, on a pris un bateau jusqu’à Comino. On avait le vent sur la peau et des sourires d’été. On est restées quelques heures sur l’île pour savourer sa sérénité. On a marché, observé, ouvert les yeux. Sur les rochers, on a joué aux équilibristes. C’était doux. On a déjeuné les yeux rivés sur l’horizon. On a savouré le silence et les beaux jours.
On s’est baignés. Il faisait beau, bleu.



Et puis Gozo, et puis Popeye Village, et puis le sourire aux lèvres. Quand on est rentrés à la Vallette, il faisait presque nuit. On a trinqué une dernière fois dans ce café minuscule donnant sur le port. On a dîné, une dernière fois, chez Taproom.
On est rentrées dans ce restaurant le premier soir où l’on est arrivées à la Vallette. C’était un heureux hasard. La plupart des restaurants sont fermés ou complets le lundi. Ce soir-là, il semblait y avoir, à TapRoom, une table en terrasse qui nous attendait.
Cela aura été notre cantine durant toute la suite du séjour. Alors, j’ai commandé pour la quatrième fois de la semaine des pâtes à la truffe et j’ai terminé mon assiette le sourire aux lèvres ; parce que c’était drôlement bon, parce que je ne sais pas vraiment quand je reviendrai, parce que, parce que.
Vers minuit, on a rejoint le petit appartement. On a mis le réveil un peu trop tôt, on a réservé un taxi pour l’aéroport et on avait des étoiles qui débordaient des yeux.



















