Je me suis assise en tailleur sur le tapis blanc du salon. J’ai dispersé mes livres, mes crayons et mes carnets. J’ai dessiné, j’ai collé. J’ai mis de la couleur un peu partout un peu nulle part. J’avais de la colle et des couleurs sur les doigts. Cela faisait des années que cela ne m’était plus arrivée. Je crois que j’avais presque oublié la sensation et l’odeur. J’ai découpé, gribouillé, photographié. J’ai mis du marron sur mes paupières et un pull en cachemire bien trop grand.
J’ai allumé les petites lumières, juste assez pour ne pas me cogner sur les murs et éviter les bleus. J’ai regardé des films si doux si doux que j’aurais voulu m’y glisser à l’intérieur. J’ai mis de la musique pétillante, et de la musique qui fait pleurer. J’ai lu sur le lit sur le canapé à même le sol. J’ai balancé mes mots par la fenêtre. Je me suis lovée dans un roman. J’ai vagabondé en petite culotte et j’ai gouté à 4 heures de l’après-midi un œuf sur le plat.





