Et cette neige qui m’enveloppe
C’est doux, c’est moelleux. Un petit cocon. Chaque année, j’attends la neige. J’ai trois ans et les yeux qui brillent. J’aime sa blancheur, son coté ouaté. Je peux passer des heures derrière la fenêtre. Le soleil glacial qui l’éclabousse. A chaque fois, c’est même ritournelle. J’ouvre grands les yeux. Je regarde, j’admire. On dirait du velours. Et, si une personne est à ma coté, je ne peux m’empêcher le sourire au bout des lèvres de lui conseiller de regarder, de s’arrêter un peu. Les yeux écarquillées, j’aimerais pouvoir saisir chaque flocon. Une parenthèse délicieuse.
La neige est une pause. Un souffle. On oublie les journées sombres, brouillons, glaciales. La neige transforme ces journées-là. Elle les rend lumineuses, précieuses presque. Et ces petits flocons, qui font une derrière danse avant de se poser en douceur. On voudrait les attraper. Qu’ils s’éternisent entre nos doigts.
C’est beau, ces ailes d’ange tombées. Un joli symbole, un murmure, le printemps n’est plus très loin. La neige donne des ailes, métamorphe l’hiver. On se sent plus léger. Le froid sur les joues réveille. Les premiers pas sur la neige encore repassée sont une merveille. Par contraste, l’intérieur devient plus douillet, plus clair. On savoure un chocolat chaud. On partage une fondue. On respire, l’apnée hivernal cesse.
Ce sont des petits riens, des pas grands choses qui font que l’on se sent vivants. Certains diront que je suis niaise, je dirais juste que je suis vivante.







