Une semaine à Rome


Rome a été d’une douceur incroyable. J’avais besoin de reprendre mon souffle. J’ai réservé le vol peu de temps avant le voyage. On n’avait rien prévu. Le seul impératif était de profiter-flâner-respirer-vivre. D’ouvrir les yeux. En immense. J’en garde un souvenir ensoleillé et apaisant. J’ai aimé me perdre dans les ruelles de Rome, siroter un mojito pour l’aperitivo et murmurer à nouveau quelques mots d’italien. J’ai aimé. Savourer une pizza sur la piazza dei Campo dei Fiori, me tordre le cou dans la chapelle Sixtine. Déguster la dolce vita. A pleines dents.

J’ai marché, beaucoup. Ouvert les yeux aussi grands que je pouvais. Pris trop de photographies ratées. Mangé plus de pizza et de glaces que mon poids. Parlé italien en me reprenant trop de fois. Ri au éclats, joué la touriste parfaite, fait un voeu à la fontaine de Trévi et bu un Bellini. Je me suis émerveillée sur le ciel bleu avant le coucher de soleil, ce ciel parfait pour accueillir le Colisée avant que la nuit enveloppe Rome.

Dans ces moments-là, j’aimerais avoir la capacité de tout garder en moi, de ne rien oublier. Je voudrais pouvoir me souvenir de la palette de couleurs de la ville, du vélo apposé négligemment sur le rebord de la fenêtre et du rire délicieux des italiennes.

 


Les cinq journées sont passées à une vitesse folle. J’aurais aimé pouvoir y rester plus longtemps. Avoir le temps de m’habituer à la luminosité, à la poésie de Rome. J’aurais voulu apprivoiser les terrasses de café romaines, me perdre un peu plus les rues étroites et finir par connaître par cœur le nom des pizzas italiennes. J’aurais voulu courir encore un peu vers cet italien fuyant, absent, troublant. J’aurais aimé avoir le temps de l’apprivoiser.

Lors de chaque voyage, j’aimerais pouvoir conserver en moi tous ces détails minuscules. Ces virgules qui font l’âme d’une ville, qui font que l’on aura le coup de cœur. Ou à l’inverse, on s’y sentira comme un point-virgule de trop. Un peu trop lourd, un peu trop décalé.

Une ville déborde de sentiments et de valeurs. Ce n’est pas seulement beau ou joli, c’est avant tout vivant. J’ai aimé écouter respirer Rome, la sentir battre en moi. Rome fait partie des villes où je sais que je pourrais y vivre pour quelques semaines, quelques mois ou années. Des villes où je sais déjà que je m’y sentirais drôlement bien. Je l’ai ajouté à la liste des villes où il fait bon vivre, où on s’y sent tout léger.

Aujourd’hui, j’en garde un goût sucré sur les lèvres et un besoin de partir qui s’impose. De l’intérieur et qui fait un boucan d’enfer.


 

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Voilà, je suis arrivée à la dernière destination. Au terminus. Il a fallu se forcer un peu pour descendre. J’avais les jambes remplies de coton. Pendant des années, j’ai cru que je n’y arriverais jamais. J’ai parfois même trouvé que le voyage était un brin trop long. Et pourtant. C’est une sensation étrange de se dire que je n’aurais plus jamais de cours. Que je ne serais plus jamais assise dans une même salle durant des heures et que je n’angoisserais plus sur les choses à apprendre, à comprendre, à retenir, à.

Je ne connais pas la vie en dehors du quotidien étudiant. Je ne connais pas ces week-end où l’on coupe vraiment de la semaine. Lorsqu’on est à l’université, il n’y a aucune frontière entre la vie privée et la vie universitaire. Les deux se mélangent dans un joyeux cocktail. Bien sûr, il y a tous les projets pro. à coté mais cela reste une parenthèse. Minuscule.

J’aime étudier, découvrir, sentir que je comprends de mieux en mieux et que j’avance. Pas à pas. Cette sensation délicieuse de sentir sa réflexion s’affiner au fil de mois. C’est si doux de se rendre compte que l’on progresse, que l’on va plus loin mine de rien et que l’on se surpasse.

 

 

J’ai peur de franchir cette porte, cette porte-là qui nous propulse vers le monde des grands et nous pousse tout à coup à voler de nos propres ailes. Mes bensimons, mes élastiques avec des nounours, mes bleus sur les genoux et moi, on a un peu peur de se perdre dans le monde des grands.

Je voudrais tant que cette impression de pouvoir encore tout devenir tout faire tout croire ne s’éteigne pas, continue de me coller encore la peau. Il y a aussi cette peur immense de s’éteindre à petit feu qui s’esquisse, cette peur de ne pas trouver le travail qui me permettra de m’épanouir et qui me donnera des ailes. De ne plus avoir ce sourire au coin des lèvres à chaque fois que je parlerais de mon quotidien. De se sentir encore bien trop minuscule et illégitime dans un travail de grand. De. Petite môme.

Alors, je ferme les yeux très fort et j’y crois, j’y crois. Ce travail qui débordera de créativité, de mots, de web et de mille jolies choses, il existe. Ce travail qui m’accaparera et me fera me sentir bien et utile, je le trouverai. A répéter dix fois. Comme un mantra.

La vérité est que j’ai 22 ans (et beaucoup trop de mois) et que j’ai toujours aussi peur de grandir. De découvrir ce qu’il y a après et de ne pas trouver ma place. Alors comme si de rien était, je pense à faire un doctorat. Pas tout de suite, non. Le doctorat, c’est juste une bouée pour ne pas grandir trop vite. Brindille.

 


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Et si on se fêtait le printemps ?


On se souhaite un joyeux Printemps ?

Mercredi dernier, j’ai commencé à rédiger un article avec cette idée en tête de fêter le printemps. Il est resté entre parenthèses et sans fin. En ce moment, je suis à côté. Il y a le soleil qui n’arrête pas de toquer à la porte et les devoirs qui voudraient plutôt que je reste sagement assise derrière l’ordinateur (et si possible nuit et jour). Alors, je sautille. Je lève les yeux au ciel et je joue à l’absente.

J’aime le printemps, à mes yeux c’est une sorte de renaissance. Le Printemps signe l’arrivée des beaux jours, des couleurs qui pétillent, des soirées qui sentent la bonne humeur. Et, des journées qui s’allongent comme une dernière danse. C’est à ce moment que je respire enfin. A nouveau. Je reprends mon souffle. Peu à peu, je retire les couches en trop. J’oublie de fermer les fenêtres. Il n’y a pas, je crois, de sensation plus agréable que de boire un verre en terrasse après un hiver glacial et les épaules au vent.

Depuis que je suis à la fac, l’arrivée du Printemps dessine aussi la fin de l’année universitaire. C’est à ce moment-là où les projets se finalisent. C’est la dernière respiration, la dernière course avant de présenter des projets d’une année au jury. Alors, on se force un peu. On se presse. D’ailleurs, demain, je présenterai enfin le Panier de Gérard. J’en ai déjà des petits oiseaux dans le creux du ventre (autrement dit, c’est la dernière fois que je vous embête avec ce projet-là, quoi qu’il y aura le mémoire comme sujet de prédilection ensuite).

Vous pouvez télécharger la petite carte du printemps qui déborde de soleil si le coeur vous en dit.

Ah oui, je m’envole pour Rome après-demain. Je l’ai déjà écrit-crié-raconté un peu partout, mais si vous avez des trucs chouettement-chouette à voir-savourer-boire, je suis (toujours) preneuse !


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