
Je me souviens de ce bateau, des petits pas attentionnés pour monter dessus et de ce sentiment de liberté qui m’envahissait alors. Je me souviens de bruit du moteur lorsque le port s’éloignait doucement de notre vue. De la boussole et de la carte. De mon admiration quand on dépliait tout à coup les voiles, de ma fierté quand je pouvais aider un tout petit peu. A ma hauteur. Tout ça, cela me semblait fabuleux.
J’étais minuscule et j’en conserve encore des souvenirs très clairs. Des souvenirs heureux et d’une incroyable intensité. Je me rappelle des encouragements pour que je les rejoigne dans l’eau. Je me souviens de ce bleu qui nous submergeait alors. De l’eau, qui me paraissait tout à coup, glacée. Je me souviens de ma petite peur, de ma bouée au cas où jamais bien loin, mais dont je me faisais un point d’honneur à ne pas utiliser. Parce qu’à huit ans, je portais déjà cette fierté de dire que je n’étais pas frileuse et que non, non, je n’avais pas peur. Je souriais, je savourais. Parfois, je serrais les poings.
Cela fait des années que le voilier est au fond du jardin de mes parents. Des années qu’il n’a pas vu l’eau. Des années qu’on se promet de le remettre à la mer avec E., d’apprendre à naviguer, de mettre les voiles. Qu’importe la destination tant qu’on étreint à nouveau ces souvenirs d’enfance, de liberté.
Alors, ce week-end, je commence par un stage de voile. Je sais déjà que cela va être formidable et que cela sera le début d’une nouvelle histoire.
Je vous souhaite, à tous, un doux week-end.


