28 ans

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Aujourd’hui, j’ai vingt-huit ans.

Il y a dix ans, j’avais l’impression que, par la magie des dates, je devenais tout à coup adulte. Un peu grande, un peu libre. Un peu plus mesurée et sereine. En dix ans, j’ai appris doucement, et chaque jour, à le devenir. A essayer de le devenir. J’ai pensé changer le monde. Bien sûr, je n’ai rien changé. J’ai écrit, photographié, voyagé. J’ai grandi. J’ai lu et dansé. J’ai souri. Beaucoup souri. J’ai appris. J’ai pris un peu d’assurance. Je me suis apaisée. J’ai pleuré et je me suis écorchée. J’ai fait des choix. J’ai douté. Je ne voulais pas choisir, je voulais tout – je veux toujours tout. J’ai passé des nuits à oublier de dormir. J’ai travaillé. J’ai obtenu trois licences et un master. Pensé m’inscrire à douze autres. J’ai créé mon entreprise et adopté le plus mignon des chiens. J’ai déménagé. Je suis tombée folle amoureuse. J’ai pris des avions, rencontré des pays, découvert des personnes formidables. J’ai appris à parler espagnol. J’ai aimé. J’ai été obsédée par la beauté. Des mots, des corps, des paysages.

Il y a dix ans, tout pile, c’était un samedi, je partais courir seule. A l’arrivée, j’étais rouge comme une cerise. Je courrais, pour la toute première fois, plus de trente minutes. J’étais fière de mon corps qui avait été avec moi ce matin-là, fière de ma force d’y être arrivée. Le midi, je déjeunais et fêtais mon anniversaire avec ma famille. Mes parents m’offraient ma première caméra. J’avais de l’or entre les doigts. Je passais la soirée entourée d’amis. On a ri dansé parlé jusqu’au petit matin. Je crois que cette journée restera la plus douce de celle que j’ai pu vivre. Depuis ce jour-là, j’ai essayé de construire ma vie à cette image : comme une course vers la vie, une course créative folle joyeuse surprenante, une course où l’amour et la bienveillance sont au centre.

 

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Aujourd’hui, j’ai vingt-huit ans et j’ai compris, appris, admis que tout évolue, tout. Que l’on change, que l’on essaie d’aller de l’avant, que l’on essaie de faire de son mieux, mais que malgré tout on ne maîtrise pas tout. Que les routes que l’on avait parfois imaginées prendre avec le sourire pouvaient nous donner, lorsqu’on s’approchait un peu trop près, envie de faire demi-tour. Et, par dessus tout, j’ai compris que ce n’était ni grave ni – forcément – important, que l’on avait le droit de changer d’avis.

Voilà, j’ai vingt-huit ans et j’ai compris que l’on avait le droit de se tromper, de faire des erreurs et de décider un matin de prendre une autre route. Que cela ne faisait pas de nous une personne moins bien ou moins intéressante. J’ai compris la force et la nécessité de reconnaitre ses doutes et ses erreurs. De ne pas les cacher, de ne pas en avoir honte et d’en faire sa force. Et puis, que c’était ça avant tout la vie. Avancer, se tromper, s’écorcher. Tâtonner, recommencer. Tenir debout, lever les yeux, et doucement, aller de l’avant.

J’ai vingt-huit ans et j’apprends doucement à maîtriser ma peur. A faire avec et à l’accepter. Je sais que tout change, que rien n’est figé. Que l’on continue de grandir à dix-huit ans, comme à vingt-cinq et soixante-douze. J’ai vingt-huit ans et j’ai l’impression d’en avoir dix-huit. Ces douze derniers mois, j’ai remis en cause la plupart des valeurs qui me semblaient évidentes, instinctives. Je les ai observées, retournées, questionnées. J’ai emprunté des routes mal éclairées. J’ai fait des pauses. Je suis revenue au point de départ plus sereine.

J’ai vingt-huit ans et j’ai l’impression à nouveau à avoir tout à apprendre comprendre connaitre. J’accepte mes failles et mes contradictions. J’apprends le monde. A tâtons. J’apprends à faire des erreurs, et à accepter d’en faire. J’apprends à ne pas être parfaite, à ne pas vouloir être parfaite. Je m’écorche, tombe, me relève. J’apprends la peur. J’apprends l’égoïsme. J’apprends les doutes. J’accepte de ne pas suivre de logique. De perdre le contrôle et de ne pas tout maîtriser. Je pense à moi. Je respire. J’écoute mon instinct et la toute petite voix à l’intérieur qui me guide. J’apprends les nuances de couleurs et à être bienveillante envers moi. Les risques et les compromis. Je sors des cases, je les colore.

J’apprends la beauté de la vie.

 

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Aujourd’hui, j’ai vingt-huit ans et je sais que l’on peut changer, que beaucoup de choses sont possibles quand on les désire. J’ai vingt-huit ans et pour la toute première fois de ma vie, je ne me définis plus, avant tout, comme timide-angoissée-torturée. J’ai appris à maitriser l’angoisse de me retrouver au sein d’un groupe. A accepter ma réserve naturelle et mes craintes. Et, si vous saviez comme c’est doux, comme je suis fière de ça, comme c’est apaisant de maitriser peu à peu cette angoisse qui vous paralyse, d’apprendre à l’accepter et à aller de l’avant.

J’ai vingt-huit ans et j’apprivoise mon corps. Je ne me fuis plus. Je sais me regarder dans un miroir et sourire. J’ai allumé les étoiles. Je sais que l’on peut changer son rapport à soi. Je sais que l’on peut se détester, se fuir durant vingt-cinq ans ans, et apprendre doucement, un jour, à s’aimer un peu. Qu’on peut avoir un déclic et commencer à vivre entièrement. Voilà, le décider et se donner les moyens et le temps d’avancer.

J’ai vingt-huit ans et je sais que l’on peut modifier des choses qui nous semblent innées, instinctives, et qu’à partir de ce moment-là beaucoup de choses semblent tout à coup possibles. Je sais qu’on peut jouer et prendre de la distance avec ses peurs. Alors, doucement, j’apprends la force du temps et de la patience.

J’ai vingt-huit ans et des envies d’ailleurs. Je rêve de poser mes valises quelques mois au bout du monde et d’apprendre une nouvelle langue. De rencontres, de sincérité et de partages. J’ai vingt-huit ans et je ne sais plus trop bien où je vais, ni comment je veux y aller. Je ne sais pas où je serai dans cinq dix vingt ans. J’ai vingt-huit ans et j’apprends à aimer ce quotidien-là rempli d’incertitudes de poésie et de vie. Je sais déjà que l’amour, la beauté, et la bienveillance resteront le fil conducteur de cette vie-là et que j’en fabriquerai quelque chose de lumineux et qui me ressemble.

J’ai vingt-huit ans et j’apprends à relativiser. J’apprends à faire confiance en la vie, en l’univers. En mon étoile, J’apprends à écouter la petite voix à l’intérieur qui me murmure chaque jour de croire en moi, de m’écouter et à ne pas penser à demain. Ne t’en fais pas, tout ira bien.

 

 

Oh, et puis, si cela vous dit : le texte de mes 27 ans, celui de mes 26 ans et celui de 25 ans.

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Singapour - A380 business


 

En tailleur et la couverture sur les genoux, je tremble un peu. Je ne sais pas très bien si c’est la fatigue ou la température dans l’avion. J’écoute ce morceau de Biolay en boucle, le même qui me berce et m’accompagne depuis mes vingt ans. Il est un peu plus de cinq heures en France, onze heures à Singapour, treize heures en Australie.

Je viens de lire les dernières pages d’En avant toutes de Sheryl Sandberg, la directrice des opérations de Facebook. Vous êtes plusieurs à nous l’avoir conseillé (merci merci !) sous l’article où j’évoquais cette sensation d’être usurpatrice. Et voilà, je souris. Je crois que oui, tout est possible, ou tout au moins plus qu’on ne l’imagine, plus que les barrières que l’on s’impose. Alors, en avant, en avant toutes.

Du hublot et comme souvent lorsqu’on prend de la hauteur, le ciel est bleu-été. Bleu-apaisant. Le soleil toque à mes joues. Je ne sais pas quel pays se cache sous les nuages. Peut-être l’Inde, peut-être l’Iran. Je ne sais plus très bien sur quel fuseau horaire regarder l’heure non plus. Cela fait plus de vingt heures que le trajet a commencé. J’ai oublié les jours et j’ai arrêté de compter les heures. Je crois que ce n’est pas important.

Et malgré la fatigue qui picote les yeux, malgré l’impatience de pousser la porte de l’appartement et de sentir l’eau chaude glissée sur mon corps, je souris et je mesure ma chance. J’ai cette énergie apaisée des beaux jours. Je voudrais écrire comme cette semaine a été fabuleuse. Fabuleuse en rencontres, fabuleuse en premières fois, fabuleuse en découvertes. Je voudrais écrire comme ces derniers jours ont coloré mon monde et comme la beauté de l’Australie m’a secouée.

 

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Melbourne Australie


 

Je voudrais vous raconter l’énergie retrouvée et l’envie de poser mes bagages ailleurs . Je voudrais vous raconter la peur éclaboussée et l’assurance sereine à l’intérieur. Je voudrais vous écrire l’A380, les couleurs du ciel. Je voudrais vous écrire l’Australie. Vous écrire la ville, les montagnes, les plaines. La nature incroyable et cet apaisement qui vous saisit dès votre arrivée à Melbourne.

Je voudrais vous parler de la Great Ocean Road et de la vue à couper le souffle de notre voiture. Je voudrais vous raconter l’hélicoptère et mon visage collé-serré contre la vitre, mon regard d’enfant, et la vue des douze apôtres de là-haut. Je voudrais vous raconter les dizaines de photographies prises et les fous-rires partagés. Vous écrire la douceur et la tendresse des koalas. La force des kangourous d’aller, avec lenteur et assurance, vers l’avant.

Je voudrais vous écrire le sourire et l’enthousiasme d’Anna durant toute cette semaine à mes cotés. La bonne humeur et la bienveillance d’Anne, de Nath et de Florian. Je voudrais vous raconter la vue incroyable de l’horizon des Grampians. La fatigue oubliée, la hauteur des arbres dans la forêt tropicale et ce sentiment d’être à la fois incroyablement minuscule et forte. Je voudrais vous écrire cette première brasse dans l’océan indien avec les dauphins et la vue depuis le quatre-vingt huitième étage lorsque le soleil s’endort sur Melbourne.

Je voudrais vous écrire les yeux qui brillent et le cœur qui bat un peu plus fort.

 

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Australie, foret tropicale


 

Et peut-être et plus que tout, je voudrais vous dire que la vie semble apaisée, solaire et incroyablement sereine au bout du monde. Je voudrais vous dire de partir, de ne pas hésiter, de réserver un vol. Qu’importe la destination, qu’importe le lieu ; c’est le voyage qui compte. C’est le regard que l’on lui porte, ce que l’on y glisse à l’intérieur. Des rêves, de l’évasion, de la poésie, des images. De la vie, voilà, de la vie.

Je voudrais vous chuchoter que c’est souvent loin de son nid que l’on part à sa rencontre, à la rencontre de ce monde à soi que l’on se construit au fil des années. Qu’en prenant de la distance avec nos repères, ils apparaissent tout à coup un peu plus distinctement, et que l’on commence alors à s’apprendre doucement. Jeter des kilomètres et observer les valeurs et désirs qui restent.

Je voudrais vous écrire de voyager, d’ouvrir les yeux et de ne pas avoir peur. De ne pas se mettre de barrières. De partir seul. De partir en amoureux. En famille ou entre amis, qu’importe. De vous ouvrir, de partager, de sourire. Je voudrais vous promettre que vous ne le regretterez pas. Que les économies, les risques, et les choix faits vous apporteront bien plus que tout ce que vous pouviez imaginer. Je voudrais vous prendre dans mes bras et vous dire qu’il n’y a pas de plus belle découverte qu’un voyage, en tête à soi, avec l’univers à nos cotés.

Je voudrais vous écrire enfin que voyager, est avant tout un joli éveil, une rencontre brute et essentielle avec soi. Que c’est, peut-être à l’opposé de ce que l’on pourrait imaginer, s’ancrer.

 

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Merci, merci Nicolas d’avoir pensé à moi. Merci à Singapour Airlines pour ce vol incroyablement parfait, merci à l’office du tourisme de Victoria et de Melbourne. Merci Anna, Anne, Nath et Florian, vous avez été les plus chouettes des compagnons de voyage. L’Australie n’aurait pas été définitivement aussi joyeuse sans votre enthousiasme et votre bonne humeur. Vous êtes, tous les quatre, parfaits.

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Mon organisateur mensuel ré-créatif

J’ai l’impression que cela fait des mois que je vous ai pas écrit par ici – juste quelques semaines finalement avec les poissons d’avril. J’espère que vous allez bien, et que, comme moi, l’arrivée des beaux jours vous glisse une jolie énergie créative.

Je rentre tout juste d’Australie, j’ai un sourire géant collé aux lèvres et mille idées sur le bout des doigts (vous ne m’en voudrez pas si j’y glisse quelques koalas et kangourous, dites ?). Vous êtes plusieurs à m’avoir demandé sur la page Facebook si c’était possible d’avoir la version mensuelle de l’organisateur hebdomadaire après sa publication pour mieux vous organiser : oui, oui, oui, bien sûr !

 

Calendrier créatif à imprimer par Vie de miettes

Et puis,  je me suis dit que cela pourrait être tout pratique de s’organiser sur quelques mois en avance et d’avoir, comme ça ,une vue d’ensemble sur ses créations à venir. J’essaie toujours de penser mes créations – et mon travail de manière générale  – sur trois mois et de diviser les étapes :

  • celle où je réfléchis à ce que je pourrais faire et où je m’autorise à partir un peu dans tous les sens et à rêver beaucoup. Je fais des listes et de sous-listes. J’imagine, j’écris, je me projette. Je note ensuite ce que je voudrais faire dans un calendrier.
  • celle où je commence à y réfléchir/travailler « pour de vrai » et où ce n’est encore qu’un gros brouillon. C’est normal qu’il y ait des fautes et que cela soit encore bancal à cette étape. L’idée est simplement de faire le premier pas. Et puis, de respirer et de se dire que tout va bien.
  • l’étape où cela prend doucement forme et où je commence à rentrer vraiment dans le projet. En fonction du projet, cette étape contient souvent plusieurs sous-étapes. Je me fixe des objectifs réguliers et datés que je note dans le calendrier. J’essaie d’avancer chaque semaine : chaque petit pas compte.
  • Et enfin la dernière étape où je prends le temps de revenir et travailler les derniers détails. Avoir une étape où je reviens sur mon projet après l’avoir fini me permet de me concentrer sur des minuscules détails de manière plus sereine et de faire le bilan pour faire encore mieux la fois suivante.

 

Calendrier créatif à imprimer par Vie de miettesCalendrier créatif à imprimer par Vie de miettescoutureDiviser le travail créatif par étapes  permet de dé sacraliser la création de se lancer et de la peur de la feuille (création) blanche. Cela évite de procrastiner et de se mettre une énorme pression – comme si on devait presque avoir terminé avant d’avoir commencé. On s’autorise à y aller lentement et avoir des moments où on ne fait que réfléchir à ce qu’on voudrait faire, et où on a le temps d’avoir une création encore brouillon. Vous verrez, c’est tellement magique et apaisant !

Et puis, et surtout et en créant de cette façon-là, j’ai arrête d’attendre le moment parfait où j’aurais une longue journée devant moi juste pour créer – parce que je ne sais pas vous, mais ici, cela n’arrive jamais. C’est finalement souvent le premier pas le plus difficile. Alors, autant faire en sorte qu’il soit le plus doux, petit et léger possible.

 

Création mensuelle à imprimer par Vie de miettes Création mensuelle à imprimer par Vie de miettesCréation mensuelle à imprimer par Vie de miettes Création mensuelle à imprimer par Vie de miettes

 

couture

 

Dans la même idée, j’utilise, et grâce aux conseils de Célie,  mon iPhone pour m’organiser et écrire au quotidien. J’ai longtemps utilisé mon téléphone seulement pour répondre à mes mails et pour une écriture, disons, assez mécanique. Je pensais que l’écriture créative demanderait forcement un moment à soi privilégié et un peu hors du quotidien, un bureau rangé et du silence. Je me fabriquais juste des contraintes : avoir mon carnet créatif (mon iPhone donc) a portée de mains a changé mon rapport à l’écriture et a permis de désacraliser ce moment-là. C’est finalement beaucoup plus naturel et doux. J’écris plus souvent, plus sereinement, et avec beaucoup moins de pression.

Dans le même esprit, j’ai souvent lu que le meilleur appareil photo était celui que l’on avait toujours avec soi. Je crois que cela fonctionne pareil pour la plupart des passions créatives et artistiques : si vous faites du tricot, glissez votre création dans votre sac et tricotez en attendant le bus, et puis dans le bus. Ayez toujours un crayon sur vous pour dessiner. Vous avez dix minutes avant de partir au travail ? Parfait, profitez-en pour jouer un morceau de musique (laissez votre instrument à portée de main au lieu de le ranger dans ce placard si haut et difficilement accessible). Emportez votre appareil photo avec vous, et si vous le trouvez un brin imposant,  utiliser donc votre téléphone. Ouvrez les yeux. Créer. Laissez vous surprendre. Quelques minutes sont suffisantes pour créer un petit quelques choses. Et puis, parsemez votre quotidien de petits objectifs (notez les dans votre calendrier créatif !), cela vous permettra d’avoir une structure, d’être fier de votre avancée et de doucement progresser.

 

I

Organisateur mensuel à télécharger

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