
Mardi, la tête dans les nuages, le sourire aux lèvres et le téléphone oublié à la terrasse d’un café.
Alors et depuis plus de dix jours, j’apprivoise la vie sans téléphone à portée de main. Se retrouver sans téléphone dans un autre pays, c’est s’imaginer sans plan et repérè au bout des doigts. C’est se dire que l’on ne pourra plus vérifier ses mails ou appeler je-ne-sais-qui si on est perdu au milieu de la ville. Que l’on ne pourra pas chercher les lieux à visiter et les informations pratiques en marchant. C’est se mordiller les lèvres de son inattention.
C’est aussi, tout doucement, apprendre à se déconnecter et à se détacher. Des mails, des réseaux sociaux, du GPS. C’est apprendre à lever les yeux et à faire confiance à son intuition. Respirer et relâcher la pression. C’est, tout à coup, se rendre compte que l’on se repère finalement pas si mal et que ce restaurant, juste là, ne semble pas si mauvais et que l’on y sera bien à coup sûr. Et puis, qu’en vrai, ce n’est pas si important.
C’est écouter sa toute petite voix à l’intérieur.


C’est ralentir et, tout doucement, se retrouver. C’est prendre la rue à droite au lieu de celle de gauche et découvrir un minuscule café dans une rue piétonne. C’est se détacher brutalement de ses mails, d’Instagram, de Twitter, de Facebook ; et vivre un peu plus juste pour soi.
C’est se dire que l’on a cette chance-là, de ne finalement pas avoir besoin d’être toujours connecté. Que l’on peut, si l’on en a envie, mais que cela ne devrait jamais devenir une nécessité ou un devoir. Qu’un iPhone ne devrait pas être là pour combler le vide ou la peur. Que prendre du recul, que cette respiration, est peut-être et finalement une chance. Une parenthèse offerte, une ralentie d’été.
C’est apprivoiser le temps, la vie sans connexion et message qui sonne sonne sonne. C’est retrouver l’essentiel et dévorer des livres des glaces des sourires des sangria au bord de la mer. C’est prendre le temps d’écrire de photographier de vivre. C’est, aussi, prendre le temps de partager, mais un tout petit plus tard. Au calme, sur l’ordinateur, et lorsqu’on l’aura décidé.


C’est arrêter de se fondre dans un petit écran et se retrouver en tête à soi. C’est apprendre la lenteur et le calme. C’est lever les yeux, regarder les panneaux et demander, parfois, son chemin. C’est partager un sourire et quelques mots avec un inconnu. C’est apprendre, à nouveau, à regarder. C’est se dire que si l’on se perd, si on met deux minutes de plus à se retrouver sur cette grande place, si on rate un message, ce n’est pas si grave. C’est oublier le temps et vivre sans cet iPhone-doudou connecté. C’est prendre la vie, à bras le cœur, et ouvrir les yeux.
C’est se dire que cet oubli est un joli cadeau, un mal pour un bien, un perte pour une retrouvaille. C’est savoir que l’on avait besoin de cette déconnexion, de ce détachement-là. C’est se remercier de notre inattention.
C’est, brutalement, se connecter et se retrouver.





















