La déconnexion

valencia-100


 

Mardi, la tête dans les nuages, le sourire aux lèvres et le téléphone oublié à la terrasse d’un café.

Alors et depuis plus de dix jours, j’apprivoise la vie sans téléphone à portée de main. Se retrouver sans téléphone dans un autre pays, c’est s’imaginer sans plan et repérè au bout des doigts. C’est se dire que l’on ne pourra plus vérifier ses mails ou appeler je-ne-sais-qui si on est perdu au milieu de la ville. Que l’on ne pourra pas chercher les lieux à visiter et les informations pratiques en marchant. C’est se mordiller les lèvres de son inattention.

C’est aussi, tout doucement, apprendre à se déconnecter et à se détacher. Des mails, des réseaux sociaux, du GPS. C’est apprendre à lever les yeux et à faire confiance à son intuition. Respirer et relâcher la pression. C’est, tout à coup, se rendre compte que l’on se repère finalement pas si mal et que ce restaurant, juste là, ne semble pas si mauvais et que l’on y sera bien à coup sûr. Et puis, qu’en vrai, ce n’est pas si important.

C’est écouter sa toute petite voix à l’intérieur.

 
valencia-99valencia-95 valencia-61


 

C’est ralentir et, tout doucement, se retrouver. C’est prendre la rue à droite au lieu de celle de gauche et découvrir un minuscule café dans une rue piétonne. C’est se détacher brutalement de ses mails, d’Instagram, de Twitter, de Facebook ; et vivre un peu plus juste pour soi.

C’est se dire que l’on a cette chance-là, de ne finalement pas avoir besoin d’être toujours connecté. Que l’on peut, si l’on en a envie, mais que cela ne devrait jamais devenir une nécessité ou un devoir. Qu’un iPhone ne devrait pas être là pour combler le vide ou la peur. Que prendre du recul, que cette respiration, est peut-être et finalement une chance. Une parenthèse offerte, une ralentie d’été.

C’est apprivoiser le temps, la vie sans connexion et message qui sonne sonne sonne. C’est retrouver l’essentiel et dévorer des livres des glaces  des sourires des sangria au bord de la mer. C’est prendre le temps d’écrire de photographier de vivre. C’est, aussi, prendre le temps de partager, mais un tout petit plus tard. Au calme, sur l’ordinateur, et lorsqu’on l’aura décidé.

 
valencia-90

valencia-port-saplaya-22

 


 

C’est arrêter de se fondre dans un petit écran et se retrouver en tête à soi. C’est apprendre la lenteur et le calme. C’est lever les yeux, regarder les panneaux et demander, parfois, son chemin. C’est partager un sourire et quelques mots avec un inconnu. C’est apprendre, à nouveau, à regarder. C’est se dire que si l’on se perd, si on met deux minutes de plus à se retrouver sur cette grande place, si on rate un message, ce n’est pas si grave. C’est oublier le temps et vivre sans cet iPhone-doudou connecté. C’est prendre la vie, à bras le cœur, et ouvrir les yeux.

C’est se dire que cet oubli est un joli cadeau, un mal pour un bien, un perte pour une retrouvaille. C’est savoir que l’on avait besoin de cette déconnexion, de ce détachement-là. C’est se remercier de notre inattention.

C’est, brutalement, se connecter et se retrouver.

 

valencia-89 valencia-port-saplaya-48

 

 

 

Vous aimerez aussi
C'est promis

Le premier réveil

egypte-steam-shit-sudan-19


 

Ce qui me fait chavirer quand je m’envole vers des ailleurs ; est souvent le tout premier regard au réveil.

Vous savez, ce premier regard où, parfois, vous ne savez pas encore très bien où vous êtes. Alors, vous tâtonnez. Vous ouvrez les yeux. Vous vous raccrochez au monde. Il fait nuit. Il fait jour. Il fait chaud. Vous êtes bien. C’est un peu flou. Vous vous rappelez les heures au dessus des nuages, le trajet jusqu’à l’hôtel ou la maison d’hôtes, les derniers gestes avant de vous endormir. Et puis, l’impatience de découvrir une nouvelle ville, un nouveau pays, un nouveau continent.

Vous ne savez plus très bien encore ni où vous êtes ni la couleur de votre ciel. Alors et doucement, vous ouvrez les yeux. Vous observez. Vous souriez.

 

 

egypte-steam-shit-sudan-10egypte-steam-shit-sudan-25


 

En Egypte, il y a eu ce premier regard depuis la chambre du Sofitel Winter Palace Luxor.

La veille, il faisait déjà nuit quand on atterrissait à Louxor. Volontairement, j’avais laissé les rideaux de notre chambre ouverts. De l’Egypte, on n’avait alors vu que des routes sombres et imaginé ce qui pouvait bien se cacher un peu plus loin.

Des draps froissés et des bras de mon amoureux, je découvrais la vue du Nil et la luminosité égyptienne. D’ici, on apercevait les palmiers, les plaines et les bateaux amarrés sur la rive. C’était beau. Incroyablement beau.

 

 

egypte-steam-shit-sudan-11

egypte-steam-shit-sudan-41

egypte-steam-shit-sudan-81


 

Et puis, il y a eu ce second réveil, le jour d’après, cette fois à bord du Steam ship Sudan.

C’était cinq heures du matin, peut-être six. On commençait les visites tôt pour éviter les grosses chaleurs. Je me souviens de ce premier réveil sur le Nil alors que le jour se levait. Du contraste du bois foncé et de l’atmosphère feutrée de la cabine avec l’horizon si clair. De la petite fatigue, tout à coup, évaporée.

Il y avait ce silence apaisant des grandes étendues. Le ciel était jaune rose orange or. Au loin, on apercevait des montgolfières qui survolaient le Nil. Ce matin-là, on avait l’Egypte pour nous.

C’était le début du voyage et cela ressemblait à un conte pour enfants.

 

 

egypte-steam-shit-sudan-1 egypte-steam-shit-sudan-10


 

Et puis, le tout dernier réveil en Egypte, au Caire cette fois.

La veille, le brouhaha de la ville et sa chaleur étouffante. Le contraste, à notre arrivée, avec le silence et l’apaisement des jours précédents. Le souk coloré, joyeux, moite. Les échoppes et les cavernes d’ali-baba à chaque coin de rue.

Et puis, encore et toujours, la vue sur le Nil depuis notre chambre. Un Nil citadin encore endormi. Au réveil, mes petits pas jusqu’au balcon pour observer le paysage une dernière fois. Et sourire de cette vue-là surplombant la ville avant de se glisser dans le taxi pour prendre l’avion.

 

 

egypte-steam-shit-sudan-58egypte-steam-shit-sudan-66 egypte-steam-shit-sudan-70egypte-steam-shit-sudan-51egypte-steam-shit-sudan-48


Dites, vous nous racontez vos plus éveils ?

 

Mille mercis Voyageurs du monde pour cette semaine féerique et hors du monde. C’était incroyablement parfait. Merci, merci, merci.

 

 

Vous aimerez aussi
C'est promis

D’abord la mer, puis on verra

valencia-port-saplaya-29valencia-port-saplaya-30


 

Depuis dix jours, je me lève avec un immense ciel bleu au dessus de la tête. A quelques pas, il y a la mer.

Cette mer qui apaise, qui lave, qui berce. Cette mer dans laquelle je me fonds et que je pourrais observer durant des heures. Il y a les mots espagnols qui chantent dans les rues et les verres Sangria qui trinquent a la vida, al verano au coucher de soleil.

Je me souviens des mots de Victoire quand je lui confiais un après-midi de juillet que j’étais un peu fatiguée et que j’avais envie me fondre dans le bleu de l’Espagne : d’abord la mer, puis on verra*. Je me souviens de ces sept heures de route ce vendredi-là dans la petite voiture bleu-océan et de mes mains tremblantes à l’arrivée en prenant les clefs de l’appartement. Je me souviens, quelques minutes plus tard, de cette première vue de la mer au coucher de soleil.

Depuis, je me répète ces mots d’abord la mer, puis on verra. Et, à chaque fois, je souris.

 

valencia-port-saplaya-21valencia-bulldog-francesvalencia-86valencia-78


 

Il y a cette espagnole à coté de moi dans ce café un matin qui me demande pour combien de temps je suis ici et à qui je réponds avec un immense sourire que je ne sais pas très bien encore. Alors, je lui raconte ma chance de pouvoir travailler d’où j’ai envie, de la façon dont j’en ai envie. Et de ce besoin de liberté, de créativité et d’éveil qui me colle au corps. Il y a son numéro dans ma main serrée quelques minutes plus tard et qui me promet que je serai heureuse ici.

Il y a Holly, ses toutes premières nages dans la mer et mon sourire pour l’encourager à me rejoindre. Cette petite fierté de la voir si épanouie et heureuse ici, de la voir grandir chaque jour. Ses petites pattes brulées par le soleil à trop courir, notre première visite chez le vétérinaire et ses petits chaussons de ballerine. Ses quelques mots d’inconnus bienveillants croisés aux hasards de nos pas et ses habitudes confectionnées-trouvées-aimées. Le petit déjeuner à Colón, les courses au mercado central et les longues promenades au Turia en fin de journée.

Et puis, l’ordinateur posé dans ce café face à la mer, dans l’herbe dans ce parc immense à l’ombre d’un arbre et sur les genoux en tailleur sur le canapé à la nuit tombée. Les premiers churros au sucre dévorés en quelques minutes dans la rue et les huevos de pescado comme nourriture-doudou. Cette sensation de retrouvée le temps, de ralentir, de se retrouver. Tout, tout doucement. La peau couleur caramel et les cheveux blondis par le soleil, ondulés par la mer. Ce livre dévoré au bord de l’eau en une après-midi et le petit traiteur italien juste en bas de l’appartement. Ce cahier d’espagnol fermé sur le bureau depuis notre arrivée et cette envie déjà de découvrir pour la millième fois l’Andalousie.

 

valencia-48valencia-el-carmen-28valencia-port-saplaya-50


 

Je ne sais pas très bien ce que l’on vient chercher à sept cent kilomètres de chez soi, je ne sais pas non plus très bien ce que l’on peut y trouver, je ne sais pas grand chose. Mais, je sais la douceur du soleil, le pouvoir apaisant de la mer et le bonheur du ciel bleu au dessus de notre tête.

 

Vous aimerez aussi
C'est promis