Les habitudes se prennent plus vîtes que je n’aurais pu l’imaginer. Et quand je cherche encore du bout des doigts l’interrupteur, je me rappelle que je n’ai posé mes bagages que depuis un mois.
Chaque jour, j’ai l’impression d’avoir des aiguilles qui s’enfoncent lentement dans mon cœur nouvelle grise après nouvelle grise. Il y a encore des poignées de lettres en attente, des papiers à remplir à faire signer à envoyer et des délais qui sont déjà dépassés depuis trop longtemps. Il y a toutes ses mauvaises nouvelles qui arrivent par paquets et sans prévenir. Et les autres, qui n’arrivent pas.
Alors, je fabrique des jolies choses en entendant que le soleil m’éclabousse à nouveau. Il y a ce mail envoyé à M*ria qui me donne des ailes, ces mots espagnols qui m’envolent littéralement à chaque fois. Comme une ritournelle. Il y a toutes les promesses que l’on se fait à soi-même et qui nous pousse à avancer à y croire. Ces études à distance qui me cajolent m’harmonisent malgré tout. Ces gâteaux aux odeurs de grand-mère qui transpercent l’appartement. Ces sourires et ses images accrochés aux murs blancs. Ce projet avec Anthony qui m’enchante.
Je souris lorsque j’entre dans une salle de cours et que je sais que je vais apprendre des choses qui me passionnent. Je souris lorsque je vois Anthony et ses yeux de biche à la sortie de l’université. Lorsque j’étale des livres, du thé, des feuilles et des stylos dans tout le salon et que je m’y sens alors chezMoi, chezNous. Lorsque je reçois une lettre merveilleusement douce. Lorsque je m’endors le soir assommée par la fatigue dans ses bras. La vie semble alors si simple, si simple.




