Commencer une nouvelle vie,

Les habitudes se prennent plus vîtes que je n’aurais pu l’imaginer.  Et quand je cherche encore du bout des doigts l’interrupteur, je me rappelle que je n’ai posé mes bagages que depuis un mois.

Chaque jour, j’ai l’impression d’avoir des aiguilles qui s’enfoncent lentement dans mon cœur nouvelle grise après nouvelle grise. Il y a encore des poignées de lettres en attente, des papiers à remplir à faire signer à envoyer et des délais qui sont déjà dépassés depuis trop longtemps. Il y a toutes ses mauvaises nouvelles qui arrivent par paquets et sans prévenir. Et les autres, qui n’arrivent pas.

Alors, je fabrique des jolies choses en entendant que le soleil m’éclabousse à nouveau. Il y a ce mail envoyé à M*ria qui me donne des ailes, ces mots espagnols qui m’envolent littéralement à chaque fois. Comme une ritournelle. Il y a toutes les promesses que l’on se fait à soi-même et qui nous pousse à avancer à y croire. Ces études à distance qui me cajolent m’harmonisent malgré tout. Ces gâteaux aux odeurs de grand-mère qui transpercent l’appartement. Ces sourires et ses images accrochés aux murs blancs. Ce projet avec Anthony qui m’enchante.

Je souris lorsque j’entre dans une salle de cours et que je sais que je vais apprendre des choses qui me passionnent. Je souris lorsque je vois Anthony et ses yeux de biche à la sortie de l’université. Lorsque j’étale des livres, du thé, des feuilles et des stylos dans tout le salon et que je m’y sens alors chezMoi, chezNous. Lorsque je reçois une lettre merveilleusement douce. Lorsque je m’endors le soir assommée par la fatigue dans ses bras.  La vie semble alors si simple, si simple.

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Rentrée Master Pro,

Je vais bien, comme une étincelle.

J’ai des morceaux de nuages accrochés sous mes ballerines depuis le début de la semaine. Lundi, la peur m’a éclaboussée et je ne l’ai pas revue de la semaine. La rentrée a été aussi douce qu’une crème à la noix de coco. Je suis contente et mille fois rassurée. Les cours sont intéressants, actuels, et motivants. Les projets de groupe sont déjà ouverts et laissent la place à mille rêves. C’est une nouvelle parenthèse colorée qui s’ouvre.

La motivation et l’implication des professeurs, l’intitulé prometteur de mes futurs cours, l’environnement, la petite classe, mes premiers cours, tout ça, tout ça, c’est un énorme tourbillon qui me fait bouillonner de l’intérieur. Je m’y sens déjà bien dans ce master. J’ai l’impression que des poignées de chemins s’ouvrent devant moi. Je n’ai qu’à courir et déguster toutes les choses sucrées et jolies. Tout me semble si intéressant, si pétillant.

C’est une nouvelle vie avec une perspective d’avenir plutôt jolie, de grande’enfant. Le poids de l’incertitude se décolle de mon estomac. Bientôt il va s’envoler, c’est sûr. Bientôt, j’arrêterais de me mordiller les bouts des lèvres en pensant à demain. Je me sens si bien ces temps-ci.

Vous voulez bien me raconter votre rentrée, dites ?

Les images sont encore des photographies du bâtiment où j’ai cours. Je verrais un article dessus, tout bientôt.

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Rentrée master,

Demain lorsque le réveil sonnera, je prendrais à nouveau la direction de l’école. Parfois, je me sens minusculement petite. Souvent, j’ai l’impression d’avoir un âge que je pourrais dessiner avec mes dix doigts et avec un sourire naïf sur mes lèvres.

Lundi, lorsque je sortais de la salle de conférence, j’avais les jambes en coton. Cette impression d’être une gamine avec les genoux écorchés dans un lieu pour les Grands me colle à la peau. Mes bensimons, mes collants plumetis et mes élastiques enfantins accrochés au poignée, cela ne fait pas sérieux-sérieux quand on a plus 17 ans.

Mardi, j’allais acheter une toile plus grande que moi et du joli papier marron. J’ai dessiné des lettres, les ai découpé et collais sur la toile pour en faire des mots des phrases. Je voulais un joli quelque chose qui me ressemble et m’assemble un peu. Dans la rue, je serrais la toile plus grande que moi tendrement si tendrement. Un jeu enfantin qui colle des paillettes au bout des doigts.

J’ai besoin de me sentir vivre dans les détails minuscules, dans les choses transparentes. Je vis pour ces bidules dont je suis la seule à voir et à apprécier. Pour ces bricoles qui me renversent, me bouleversent.

Demain, c’est la rentrée. J’ai envie d’un nouveau sac d’une jolie trousse et d’un stylo qui glisse sur les feuilles blanches. J’ai envie de rencontrer mille personnes et de ne me souvenir le prénom que de deux. J’ai envie de gribouiller sur mon cahier de texte mes devoirs.J’ai envie de me promettre que cette année mes cours seront tous propres et bien tenus et ce, jusqu’à la fin. J’ai des envies de secrets racontés autours d’un chocolat trop chaud. J’ai des envies de promesses d’une môme qui sait à peine lire et écrire.

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