
Le dimanche moelleux
Le dimanche est un entre deux. La nouvelle semaine n’est pas encore là. L’ancienne s’estompe déjà. Le dimanche tient par ses promesses sur les jours à venir, et sur les actes déjà accomplis. Le dimanche est ce jour merveilleux où l’on s’octroie le plaisir d’oublier les chose et de les faire attendre. C’est la journée parfaite pour noyer les impératifs et autres devoirs. On claque la porte et on profite enfin du silence. On prend même le temps de l’écouter, ce silence si apaisant.
Et même si la culpabilité finit toujours par arriver aux alentours de 18 heures, on s’amuse à la semer. La course commence alors. On ferme la porte à double-tour. On rit au wasserfall blond. On la broie à coup d’anecdotes partagées, d’un cake encore chaud, et de films légers. L’essentiel est à la simplicité et à l’instant présent. On joue à cache-cache avec le temps écoulé et avec les devoirs qui scandent notre prénom. La porte tremble et on ne l’entend déjà plus. On se sert un verre de vin, quelques tomates de cerises avant de se lover dans un fauteuil. On se murmure des histoires enfantines et des promesses indicibles.
Le dimanche se compose d’instants de rêverie, de complicité, et de plaisirs simples. La douceur et la lenteur du dimanche sont là pour compenser l’aridité de la semaine à venir. Et qu’importe si la culpabilité imprégnée de l’enfance, nous implore ; on ne l’écoutera pas. Ne l’entendra pas. Silence. On est presque grand.
Cet article me fait penser au joli texte de Philippe Delerm sur le spleen du dimanche de son célèbre livre La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules. Je crois d’ailleurs que je me rappelle cette petite scène tous les dimanches soirs. Il y a des mots qui marquent plus que d’autres. Vous pouvez la découvrir ou la lire à nouveau sur par ici. D’ailleurs, vous y trouverez aussi un (très joli) extrait sur le même thème de Olivier Adaam.








