Vivre en centre-ville, Toulouse

Location toulouse


Cela fait des années que je rêve de cet appartement en centre-ville à Toulouse. Des années, que je dis que cela sera un appartement en ville, ou rien. Que les aller-retour sont bien trop usants, qu’on dépose beaucoup trop de notre temps et d’énergie dans les trajets. Pourtant, lorsqu’on est arrivés sur Toulouse en novembre dernier, on a posé nos valises en banlieue. Dans cette ville où j’ai grandi et à quelques pas de la maison familiale. Un appartement joli et spacieux, mais loin de tout.

J’ai mis un peu de temps à me rendre compte que la ville, et son bouillonnement, me manquerait tant. A Poitiers, on vivait dans le centre. Près de tout. Bien sûr, ici, on était à quelques pas de mes parents. Bien sûr, en voiture, on rejoint Toulouse en vingt petites minutes. Bien sûr, ce n’est pas grand chose. Pourtant, j’avais l’impression de faire demi-tour, de ne pas être vraiment à ma place ici. L’idée de vivre dans cette ville m’angoissait, comme si en quelque sorte j’étais pré-déterminée, comme si je ne pourrais plus que m’en éloigner difficilement.

D’ici, le point de vue change. Il faut prendre la voiture pour tout. A 19 heures, tout s’apprête à fermer. Lorsqu’on travaille un peu trop, les sorties deviennent délicates. Il faut s’organiser, il faut attendre dans les embouteillages, se garer, prévoir le retard probable dû à la circulation pour avoir enfin le droit de respirer et de profiter un peu. Rapidement et sans un peu de courage, on oublie les séances de théâtre qui commencent trop tôt, les verres en terrasse à 19 heures et les déjeuners avec une copine. Tout se complique.

Alors, on a pris le temps de chercher un appartement où l’on se sentirait bien, qui nous ressemblerait et dans lequel on pourrait se projeter durant quelques années. Pour la première fois, on s’est donnés le droit d’être exigeants. On le voulait assez spacieux, et puisqu’on travaille tous les deux de chez nous, avec un grand bureau où on pourrait fermer la porte le soir. On rêvait de joli parquet et des portes-fenêtres pour la luminosité. On voulait de l’ancien, mais rénové. On imaginait un balcon et de petits déjeuners dessus. Alors, on a cherché doucement et sans se précipiter. On a mis quelques mois à trouver notre perle rare.

Et puis début juin, on est tombés sur cette annonce. Il est en hyper centre, mais dans une rue assez calme. Il a été refait à neuf il y a tout juste un an. Le parquet d’origine a été rénové et est beau-beau-beau. Il est traversant et toutes les fenêtres sont des jolies portes-fenêtres, dont certaines donnent sur un grand balcon sur cour. Nous serons les seuls à cet étage-là. Il est incroyablement parfait et tout près du canal pour les balades d’Holly. Une place de parking nous attend sagement.

Alors, voilà, on sautille. On se projette. On aura les clefs dans une semaine. Et, même si un déménagement n’est jamais drôle, et même si ce n’est sûrement pas très sérieux de déménager tous les six mois, je sais qu’on déjà sera heureux ici. Et ça, c’est l’essentiel.

 


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Prendre le large

voilier


Je me souviens de ce bateau, des petits pas attentionnés pour monter dessus et de ce sentiment de liberté qui m’envahissait alors. Je me souviens de bruit du moteur lorsque le port s’éloignait doucement de notre vue. De la boussole et de la carte. De mon admiration quand on dépliait tout à coup les voiles, de ma fierté quand je pouvais aider un tout petit peu. A ma hauteur. Tout ça, cela me semblait fabuleux.

J’étais minuscule et j’en conserve encore des souvenirs très clairs. Des souvenirs heureux et d’une incroyable intensité. Je me rappelle des encouragements pour que je les rejoigne dans l’eau. Je me souviens de ce bleu qui nous submergeait alors. De l’eau, qui me paraissait tout à coup, glacée. Je me souviens de ma petite peur, de ma bouée au cas où jamais bien loin, mais dont je me faisais un point d’honneur à ne pas utiliser. Parce qu’à huit ans, je portais déjà cette fierté de dire que je n’étais pas frileuse et que non, non,  je n’avais pas peur. Je souriais, je savourais. Parfois, je serrais les poings.

Cela fait des années que le voilier est au fond du jardin de mes parents. Des années qu’il n’a pas vu l’eau. Des années qu’on se promet de le remettre à la mer avec E., d’apprendre à naviguer, de mettre les voiles. Qu’importe la destination tant qu’on étreint à nouveau ces souvenirs d’enfance, de liberté.

Alors, ce week-end, je commence par un stage de voile. Je sais déjà que cela va être formidable et que cela sera le début d’une nouvelle histoire.

Je vous souhaite, à tous, un doux week-end.


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Souviens-toi que la vie est belle

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La semaine dernière, j’ai appris une de ces nouvelles qui vous bouscule. Qui remet en question vos certitudes et votre quotidien. Quelques mots, et mon petit monde intérieur s’est écroulé. C’était 18 heures, et tout à coup,  il faisait nuit. Pourtant, il y avait des parenthèses, de l’attente pour confirmer et des coins moelleux dans le discours. En quelques secondes, mes sourires s’étaient envolées.

Durant trois jours, c’était un boucan d’enfer mêlé à l’attente des résultats. Trois jours et une migraine. La tempête à l’intérieur, les cailloux dans le ventre. Je me sentais minuscule. Impuissante. Je crois que j’étais tétanisée par le peur, peur pour cette personne que j’aime plus que tout, peur pour de perdre mes repères. J’en ai tremblé, j’ai fait trop de recherches foireuses sur Google, je me suis imaginée mille histoires. Durant trois jours, j’ai arreté de respirer. J’étais redevenue une petite fille qui avait peur du noir et qui n’avait que son doudou pour se rassurer.

Et puis, le verdit est tombé. On était vendredi. Le mot tumeur et cancer se sont vaporisés. D’un seul coup, il n’y avait plus rien. J’ai repris ma respiration. Un sourire est apparu sur mes lèvres. Il ne m’a plus quitté de la journée. Parfois, j’ai l’impression que la vie nous fait mine de rien des piqures de rappels. Parfois, elle nous susurre des « Oh, regarde comme la vie est belle« , « Tu es chanceux, ne l’oublie pas« , « Savoure, la vie est si fragile et plus forte que tout« . Elle nous rappelle, à sa façon, de ne passer à coté de sa beauté. D’arrêter de courir, de travailler trop, d’être en apnée. D’arrêter d’avoir peur pour des broutilles et de passer à coté de l’essentiel. Elle nous rappelle de lever les yeux. De respirer. De ne pas oublier de savourer, chaque jour, sa poésie.

Cela faisait une éternité que je n’avais pas souri comme ce vendredi-là, que je n’avais pas trouvé la vie si douce si belle si intense. Souviens-toi que la vie est belle.


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