
Août. Ses promesses, ses orages, ses éclaircies. Tout doucement, préparer les vacances. En pointillés. Compter les semaines avant. Avant le soleil qui colle au corps, le silence, et la mer à l’horizon. Six. Et puis, sur un coup de tête, réserver une maison dans le sud de l’Espagne pour la dernière semaine d’août. S’offrir un bureau avec vue sur la mer et l’idée, aussi, que tout est possible. Surtout l’idée. Y penser, se projeter et sourire. Compter les dodos. Neuf.
En août aussi, observer quelques projets éclore et en commencer doucement d’autres. Souvent, se coucher un peu tard et se réveiller, parfois, un peu tôt. Un mardi, entre deux confidences, observer du balcon le jour qui se lève et s’arrache à la nuit. Capturer l’instant. Saisir l’émotion. Vous savez, celle du matin encore endormi, celle du matin qui déborde de promesses.
Le lendemain, éteindre l’ordinateur et prendre un carnet. Penser aux jours-mois-années qui arriveront et à la couleur que j’aimerais qu’ils aient, ces jours-là. Écrire, colorer, créer. Se projeter, se fabriquer. Avoir l’impression d’avancer. De tenir un peu debout. Lâcher la rambarde et lever les yeux. Un pas après l’autre. Esquisser des chemins, des idées, des projets. Tâtonner. Frôler. S’enthousiasmer. Rêver, aussi. Rêver, évidement. Rêver, surtout.
Vers la même direction, réfléchir à son portfolio deux ans après l’envol. S’autoriser, enfin, une fenêtre sur son travail. Apposer quelques mots sur ses journées. Les rendre, un peu plus, réelles. Inscrire, s’inscrire. Se sentir un peu grande, un peu légitime, dans cet univers-là.
Et puis, un mardi matin, aller acheter le dernier Simple things et découvrir ses mots à soi l’intérieur. La petite magie à l’intérieur qui bouscule. Chaque jour, serrer Holly dans ses bras et sentir sa petite vie fragile qui bat, qui se bat. L’aimer si fort si fort cette petite chose-là.





