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Se souvenir des belles choses. Toujours.

{ carnet d’instantanés et de sourires }

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Postés dans: Photographies

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28.08.2014

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Une journée, un instant

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Une journée, un instant

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Qui suis-je ?

J’aime. Créer. Réserver un vol pour un pays, encore, inconnu. Écrire. Imaginer. Photographier. Observer le jour qui se lève et sa lumière bleutée.

L’instant où l’avion décolle. Et puis, la vue par le hublot. La mélodie d’un piano, la beauté d’une rencontre, la douceur d’une pluie d’été. Le bruit de pas sur le parquet. Le silence. La justesse d’un roman.

Je crois en la beauté de la vie. Je crois en l’amour. Je crois en la douceur. Je crois en l'humain. Je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.





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La première tétée, ton corps à peine sorti de La première tétée, ton corps à peine sorti de mien.
Une respiration, une caresse. 

Ta bouche maladroite qui cherche mon sein. 
Tes doigts minuscules sur ma poitrine, mes mains qui te découvrent et te cajolent.
Ta fragilité contre mon corps fort et puissant. 

Peau à peau, coeur contre coeur, nous ne faisons qu’un.
Connectés, liés, soudés à jamais. 

Dans le silence, ton regard qui croise le mien. 
Ton couinement de satisfaction. 

Allaiter, partout, tout le temps. 
Le matin, le midi, le soir. La nuit. 

La tétée qui console, qui rassure, qui panse. 
Celle contre la douleur, la fatigue et le chagrin. 
Celle pour grandir, pour apaiser, pour vivre.
Celle pour se retrouver.

La tétée qui fédère les mères depuis la nuit des temps.
L’allaitement comme un héritage, un don de soi.

La dernière tétée, promesse d’une vie tendre devant toi.
Le dernier voyage avant celui qui nous amènera j Le dernier voyage 
avant celui qui nous amènera jusqu’à toi
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Je reviens par ici après des mois sans rien écri Je reviens par ici après des mois sans rien écrire. Je reviens après le silence, la mer, le bruit des vagues, le soleil sur la peau, le bateau, les tours de manège et les glaces italiennes que l’on ne compte plus. Après les déjeuners sous le gros arbre, la peau salée, les cheveux devenus presque blonds.

Après l’ordinateur éteint, presque oublié. Les siestes à deux chaque après-midi et nos corps collés-serrés malgré la chaleur, les livres dévorés et entassés à côté du lit, du canapé, de la table. Partout.

Je reviens après les balades en montagne, au bord de l’eau, de l’océan, de la mer, dans les forêts. Je reviens après les heures de marche et la puissance de mes jambes retrouvées. Je reviens plus forte, plus ancrée. Plus droite. Après cette promesse que je me fais chaque année, et que je ne tiendrai pas, comme chaque année, de partir marcher longtemps, loin, plus souvent. Puisque c’est là, et nulle part ailleurs, où je me sens vivante.

Je reviens après les vagues de chaleur qui assomment, les fêtes de village qui font danser, chanter, rire, regarder la vie autrement. Et, tout oublier.

Je reviens plus légère, moins cernée. Avec quelques traces de bronzage et des points de suture sur un pied, signe d’un été aventureux qui se devait de se terminer.

Je reviens sur la pointe des pieds. Je reviens puisque mon fils est à la crèche, que l’appartement est silencieux et que la crème solaire est rangée. Puisqu’il faut bien, après tout. On est déjà le 11 septembre. C’est encore l’été, mais plus pour longtemps, paraît-il.

Allez, hop. Je reviens avec de l’énergie et des mots qui battent à l’intérieur. Des mots qui attendent d’être déposés ici, sur un carnet ou des affiches. Ou ailleurs. Ils attendent. Je reviens avec le désir d’écrire le monde, sa beauté, sa puissance et sa poésie. Avec plus de questions que de réponses. Avec cette sensibilité qui déborde, et l’envie de la partager.

Je reviens. Il fait encore bon à Toulouse. La lumière devient dorée.
Le dernier voyage avant celui qui m’amènera ju Le dernier voyage 
avant celui qui m’amènera jusqu’à toi
Cela fait partie des choses que je n’avais pas i Cela fait partie des choses que je n’avais pas imaginées avec la maternité : avoir la plus belle, la plus merveilleuse des choses à photographier et écrire, et vouloir la protéger de tout. Tout en rêvant de montrer à la terre entière à quel point ce petit être est exceptionnel - évidemment.

Avoir envie de nous raconter et, dans le même temps, vouloir protéger son intimité. L'ambivalence des mères. 

Je ne sais plus très bien quoi écrire. Ni comment l’écrire. J’ai peur d’être indélicate. J’ai peur qu’un jour mon fils me reproche d’avoir raconté quelque chose qui lui appartenait. Qu'il me dise ne pas avoir demandé à être exposé. Il aura raison évidement. 

Alors je joue à l’équilibriste. Et souvent, je ne joue rien du tout. Je me questionne. Je bâillonne mes mots en voulant le préserver. Il est si précieux et fragile.

Avant, c’était plus simple. Avant, j’écrivais et photographiais la vie et les jours. J’écrivais l’intime, les émotions, le sensible. Les anecdotes du quotidien et les grands bouleversements. La focale était sur moi, les autres apparaissaient flous. Je gommais les détails.

J’expose des bribes de vie sur internet depuis plus de vingt ans. Je n’ai jamais regretté un texte ou une image. Depuis mon adolescence, j’ai toujours essayé de préserver ma vie privée, et je crois l’avoir plutôt bien fait. J'ai exposé mes peurs et mes joies. J’ai cherché l’universel, et ce qui nous rassemble, dans mes expériences singulières. C’est ça qui m’a toujours intéressée.

Depuis deux ans, ma vie, c’est beaucoup lui. En plus d'être merveilleux, il est une source d'inspiration incroyable. Et je ne sais plus très bien ce que j’ai le droit d’écrire. Les limites me semblent floues. Les frontières poreuses. 
Peut-être que c’est aussi cela, devenir mère : apprendre à trouver ce qui m’appartient encore. Apprendre à écrire ce qu’il fait naître en moi, tout en le préservant, lui.
Je suis devenue maman fin juillet. Mon petit princ Je suis devenue maman fin juillet. Mon petit prince fait la sieste à mes côtés pendant que je vous écris ces quelques lignes.

Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour vous écrire, ni combien de fois il m’appellera pour un câlin, se nourrir, ou jouer.
Je ne sais pas combien de fois je le regarderai et j’oublierai tout.

Je sais l’océan de tendresse dans lequel je baigne depuis sa naissance. Je sais la douleur vive de l’accouchement. Je sais la fatigue chevillée au corps et l’amour qui fait tout oublier, l’amour qui emporte tout. Je sais l’évidence.
Je sais les réveils dans le silence de la nuit et sa bouche qui cherche mon sein dans l’obscurité. Je sais son couinement de satisfaction qui m’apaise et me fait oublier la fatigue. Je sais ses doigts minuscules qui s’agrippent quand je le cajole. Je sais son regard qui s’ouvre quand il entend ma voix et que je m’approche de lui.

Je sais l’amour inconditionnel. Je sais aussi que le plus beau, et sûrement le plus dur, est à venir.
Je sais la chute d’hormones, les doutes, la peur. La douleur et la fatigue. Je sais les larmes malgré la joie, malgré l’amour, malgré son coeur qui bat.

Je sais l’ambivalence. Je ne sais pas comment on fait pour gérer une entreprise avec un nourrisson. Je ne sais pas comment on fait pour écrire ou créer quand on ne dort pas.

J’ai tout à apprendre. Alors, je jongle. Je profite de chacune de ses siestes. Je profite de lui. Je suis hors du monde, hors du temps. Je me relis. Je m’endors en me relisant. J’apprivoise ce quotidien. J’essaie de m’organiser, de créer, d’écrire. Je tâtonne.

J’ai des questions qui débordent. Je me questionne sur la place - et la nécessité - de créer dans mon quotidien. Je réfléchis sur ma présence et ma disponibilité. Sur mon identité. Sur ce que j’ai envie de transmettre à mon fils, sur l’image à travers moi qu’il aura des femmes. Je voudrais qu’il soit fier, je voudrais être une maman présente, passionnée, épanouie et heureuse.

Je voudrais tout. Je cherche l’équilibre.
J’ai peu de réponses. Alors, en attendant, je le serre fort contre moi, je ferme les yeux et je le respire. Je lui murmure des mots doux et je lui promets d’être toujours là pour lui.
Ceci est mon corps, il porte mon enfant. Il est t Ceci est mon corps, il porte mon enfant. 
Il est terre d'accueil. 

Il protège, nourrit, berce. 
Il est une armure, un rempart face au monde extérieur.
Il est une maison douce, une maison tortue. Un nid bienfaiteur.

J’observe mon ventre et ma peau tendue, prête à s'ouvrir. Il fait chaud. Je porte une robe légère. Je te porte, ou c’est peut-être toi qui me portes finalement, 
Je sais que ce sont les derniers moments ensemble, juste tous les deux, hors du monde. Alors, je nous savoure, je nous profite. Je nous rêve, je nous observe. 

Je nous écris. Je voudrais me souvenir de toutes les émotions, toutes les sensations, toutes les pensées qui me traversent.
Je voudrais que tu saches cette invincible force que tu m’as insufflé durant neuf mois. 
Je m'étonne, chaque jour, de la puissance de mon corps et ses contours mouvants.

Bientôt, mon ventre s'ouvrira et mon cœur explosera.
Bientôt, peut-être demain, déjà, nous serons trois. Tu porteras, en toi, la promesse d'une vie nouvelle. Je ne sais plus si je dois compter les heures, ou les jours. Avec toi, j’ai perdu la notion du temps. Je suis entre entre deux rives. Je vogue.

Demain, ou peut-être vendredi, tes poumons se gonfleront d'air, tu seras parmi nous, parmi les vivants. Toi, tu naitras, et moi, je serai honorée du plus beau rôle d'une vie. 

En attendant, la joie.
En t'attentant, je me laisse bercer par le langueur de ces journées sans début ni fin. 
Je saisis la magie de ces jours suspendus. 

Mes doigts sur mon ventre ; j’imagine ton visage, ta peau douce et tes cuisses minuscules. Ton regard sur nous, tes joues à croquer, et ton petit nez. 
Je te dessine. Je te pense. Je te comprends. Je te sais. 

Je me découvre maman kangourou, koala, louve, cigogne. Je te couve. Au milieu de l'été, je déambule. Au coeur de la ville, le nez au vent ; je te porte, te berce, te caresse. Je suis si reconnaissante, et fière, de te savoir blotti sous ma peau. 

J'observe, en moi, ébahie, le miracle de l’amour.
Le dernier voyage avant celui qui nous amènera j Le dernier voyage 
avant celui qui nous amènera jusqu’à toi

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