Le premier jour du reste de ma vie,


Attrape, ta chance, saisit ton bonheur,
va vers tes risques, à force de te regarder,
ils s’habituerons.
Char
C’est une nouveau départ que l’on murmure du bout des lèvres. Des nouveaux sourires pour un nouvelle vie partagée. Ce sont les rancœurs qu’on tente d’oublier le plus vite possible, parce qu’on se l’est promis il y a plus de six mois. L’absence et la distance qui s’effacent afin de laisser place à un nouveau souffle.
Le vent a enfin tourné.
Il y a les papillons dans le creux du ventre, les projets et cette peur toujours si immense. Il y a tout ce qui ne se dit pas, et tous les rêves qui s’agglutinent sur le seuil, le seuil de la vie. Le premier jour du reste de ma vie. Le tournant d’une vie d’une petite fille en une presqu’aldute. Une vie promise faite de « nous », et de projets à deux. On a attendu ce mois de février comme la promesse du bonheur durant des mois et le voilà arrivé. Il est là face à nous. C’est ici que normalement l’oiseau s’envole. C’est ici que tout s’efface, que les chagrins se partagent et que les bobos deviennent moins douloureux.
Il y a tant d’espoirs misés en ce début février.

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Petit confidence

Alors, voilà, voilà, j’ai encore raté l’examen de conduite. Oui, encore. Pour un virage à 5 km de trop, il a coché « ajournée » sur la feuille. Et voilà, voilà, mes larmes qui roulent sur mes joues. C’est si con l’importance que peut prendre un examen dans mon cerveau, tout ça pour le permis. Ce permis, c’est bête, mais ça me brise. Je le dis comme je le pense. Simplement et cruellement. C’est omniprésent dans mon cerveau. Cela tourne dans ma tête et mon estomac. J’ai mal. Le manque de confiance en moi me creuse. A quoi cela sert-il de lire Kant quand on ne parvient pas à tourner un volant correctement? Oui, c’est la question qui tourne dans ma tête, qui m’émiette. Ce sont des débris d’espoir qui s’abattent sur mon crâne.
C’est con d’avoir envie de s’éteindre pour un examen. C’est con, et vous voyez, j’en suis consciente. Je suis consciente de mon iraisonnement mais je ne parviens plus à me raisonner. Totalement in-consciente. Si j’en dessine une montagne de ce permis, c’est parce qu’il symbolise tant à mes yeux. Il me promet la clef de la liberté. Et puis, je me suis totalement investie à l’intérieur. Tellement investie moralement et pécuniairement. Il m’empêche de vivre depuis cinq mois. Il n’y a plus que lui. Tout est pour lui. Je me sens si conne, si incapable, et ces larmes qui ne cessent de s’étendre sur mes joues. A quoi cela sert-il de lire Kant quand on ne parvient pas à tourner un volant correctement? J’ai mal, et je me sens minuscule. J’étais si fière de moi mardi quand je suis sortie de la voiture. J’ai y cru, j’ai cru trop haut. Les noeufs se sont défaits en une poignée de secondes. Et puis non, puis rien. Tout s’écroula lors de la réponse. Tout. J’en peux plus de me battre contre ma faiblesse. Oui, je m’évalue face à un examen. Je sais aussi qu’objectivement on ne peut pas s’évaluer à partir d’un simple examen de trente-cinq minutes. Je le sais, oui. Mais là, mais là, tout est si flou. Je mélange tout. Je m’écroule. J’y pense. Cela me hante. Je n’arrive plus à croire en moi. Je tombe, c’est tout. Et souvent, je me dis que j’ai plus besoin d’un psy, que du permis au point où j’en suis. Je n’ai plus aucune confiance en moi. Je tombe dans mon intérieur. Je me roule, m’enroule contre moi même à m’en étouffer. Et j’en ai si honte, si honte.

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