Je voudrais que la vie soit plus simple, qu’il n’y ait pas à choisir sans cesse. Entre le juste et le bon. Entre le bien et le meilleur. Entre le coeur et la raison. Je voudrais que les larmes et les disputes intérieures cessent et que le rideau en velours rouge s’ouvre. On ne peut pas vivre comme ça, non, on ne peut pas vivre comme ça. Cette amère impression de se battre contre soi-même, d’être coupée en deux. De se consoler de tout jusqu’à exploser. Alors je m’éprends du monde entier, des minuscules choses et des infiniment grandes. Ne pas penser, ne pas y penser. J’attrape les nuages du bout des doigts, le soleil et les étoiles. J’attrape les sourires et les cache sous mon oreiller. Des photographies m’absorbent. Je tricote des histoires colorés. J’écoute des jolies mélodies jusqu’à m’en évaporer. Il me faut de la couleur. Du rouge coquelicot, du vert printanier, du bleu océan, du bleu infini. J’ai besoin de rêves et de grandes choses pour vivre, tu comprends, dis ? Tu sais, les révisons deviennent douces lorsqu’elles m’empêchent de penser à autres choses, lorsqu’elles parviennent à apprivoiser peu à peu mon angoisse.
Je veux vivre grandement, en majuscule et sans pointillés.
