Une année entière


Comme chaque année, on commence l’année avec un petit bilan. En pagaille.

2012. La fin d’un cycle. Un point et une majuscule. Les études pétillantes, l’université, Poitiers. L’entrée dans l’univers des grands. A tâtons. Toulouse. Revenir sur ses pas, sur sa vie d’avant. Comme si, comme si rien n’avait changé en deux ans. Se sentir souvent ailleurs. A coté. Flotter et se-réapprendre. Devenir un peu plus grande. Un peu moins fragile. Apprendre à serrer les poings et à ne plus se diluer.

L’année du diplôme. Les voyages, les projets, l’envol. Le premier restaurant étoilé, les aller-retour Poitiers-Toulouse, les cernes au coin des yeux, les paillettes au bord des cils. Apprendre à apprivoiser ses failles à se pardonner à dire non. Déménager un vendredi d’octobre. Dire au revoir. A Poitiers. A une vie. S’en aller sans savoir si on reviendra un jour. Les larmes. Les hésitations. Les étreintes. Les doutes. Cette difficulté à partir. Et cette envie obsédante de faire demi-tour. L’idée de la thèse qui grandit comme un doudou, comme un doudou pour pas-grandir. Pas trop vite. Les voyages en pointillés. Pour respirer et reprendre son souffle. Les envies d’ailleurs. De dépaysement. Les écritures à quatre mains.

Juin. J’ai soutenu le mémoire un soir d’été, tremblé beaucoup trop. Reçu les félicitations du jury. Le coeur au bord des lèvres et le sourire qui explose. Ne pas y croire à cette jolie fin. Se mordiller, se bousculer. La fierté de papamaman au bout du fil qui donne envie de pleurer. Se sentir légère. La mention très bien du Master. Et puis, la vie qui continue. J’ai hésité gribouillé douté. Organisé l’avenir tout blanc qui s’offrait alors à moi. Je l’ai dessiné, rêvé, fabriqué.

Les soirées d’été à quatre cinq six dix. Les rires qui m’emplissent jusqu’aux petits matins. Les rencontres et le sourire enfantin retrouvé. Les promesses entre minuit et cinq heures du matin sont toujours les meilleures. Les plus folles. Sentir qu’il suffit de peu pour que tout soit possible. L’insouciance, la confiance et ce goût de liberté accrochés aux lèvres. Rentrer à pied dans la ville encore endormie, voir le soleil se lever. Et, se sentir plus que tout vivante.

2012. Septembre. La fin du contrat pro et de la vie étudiante. Les doutes qui vont avec qui fatiguent épuisent. Les larmes qui débordent, les étreintes qui rassurent, sa main dans la mienne quand les genoux tremblent. Les rendez-vous bien trop sérieux, la décision prise et ses envies au bout des doigts. Cet arc-en-ciel au creux du ventre qui me pousser à créer, fabriquer, dessiner. Le sourire retrouvé. Les jolis projets. Etsy. Le panier de Gérard. Un joli conte. Et tout le reste. Les sites web, les faire-part, les bidules jolis-jolis. Faire ce que j’aime. Plus que tout. Avoir un travail sur mesure. Rencontrer la confiance de mes clients. Cette confiance qui rassure, qui panse, qui. Mes doutes. Avancer. Grandir. Lever la tête et apprendre à regarder dans les yeux. Se coucher tard. Se réveiller plus tôt. Le travail qui prend de plus en plus d’espace, de temps, d’énergie. Se promettre de mieux s’organiser. Pour se laisser du temps pour vivre pour le silence. Pour reprendre son souffle.

Les insomnies. Le sol qui craquèle au milieu de la nuit. Apprendre à apprivoiser l’obscurité. Le doudou. Ses bras. La peinture sur le bout des doigts, les écouteurs sur les oreilles. Plus fort. Le piano qui berce, qui rassure. Ces aller-retour pour voir la mer au bout. Cette image persistante obsédante. La vue de la fenêtre qui m’émerveille toujours autant après deux ans. Les mots qui consolent. Le moleskine qui accompagne partout, et contre tout. L’air glacé sur les joues en hiver, les pieds nus sur le sol en été. Les cartons, le premier Noël chez nous. Les mots gribouillés au crayon à papier, juste parce qu’ils sont jolis. Parce qu’ils font sens, parce qu’ils font écho. Et, pour ne pas les oublier. Les tremblements du dimanche soir et les sourires des inconnus qui ensoleillent la journée. L’arc-en-ciel qui finit par apparaitre. Toujours. La liste des belles choses pour se souvenir.

En 2012, j’ai grandi, ri beaucoup, soufflé ma vingt-quatrième bougie. J’ai pris l’avion pour l’Islande. Rome. Porto. Paris. J’ai voyagé. L’Andalousie. La Corse. J’ai eu cette envie de partir incessante plus forte que jamais. Qui colle au coeur. Les photographies bancales et le thé au caramel. Le regard apprivoisé dans le miroir, le menton relevé et le bruit du stylo plume sur le papier qui rassure. J’ai imposé ma chance. Serré mon bonheur.  Et le blog, ses petites merveilles et lss belles rencontres. David, Laetitia,  Marion, Virginie, Aurélie, Anne-Laure, JulieCélie. Les retrouvailles aussi. Les opportunités que l’on se fabrique. Qui arrivent, qui s’envolent. Qui glissent. Et qui font que la vie est une petite merveille.

Une année qui déborde. La vie en géant.

Et vous, votre année ?


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L’Islande


Voilà déjà plus de deux mois que je suis partie et revenue de ces quelques jours en Islande. Deux mois où il n’y pas eu une semaine où je n’ai pas regardé comme ça les billets d’avion vers Reykjavik.

Plus on voyage, plus les symptômes deviennent forts. Plus ils s’ancrent, deviennent essentiels. Repoussent notre épicentre. Les retours sont toujours plus délicats. Revenir, c’est avoir l’intime conviction qu’on ne pourra plus se suffire d’un même quotidien, d’un même lieu. C’est avoir cette question qui grandit en soi :   « quand comment où repartir ? ». Une injonction presque. C’est le mot expatriation qui fait écho, qui s’immisce, qui colle au corps. Qui grandit.

Je me sens vivante dans ses escapades et ses rencontres en pointillé. Ces instants arrachés au quotidien. Partir, c’est faire la rencontre de l’autre, et de soi en creux. C’est découvrir qu’il existe d’autres vérités, d’autres possibles. Ailleurs. Ce sont des chemins qui aident à s’ouvrir à s’apprendre.

L’Islande a été une petite merveille, une découverte qui m’a bousculée toute entière, qui m’a donné envie de découvrir les pays du Nord, la Nature, et surtout de voyager. De partir. Plus loin plus longtemps. Plus. Je n’ai pas grand chose à écrire, à dire, si ce n’est que c’était beau, que c’était grand, que. Intense.

 


 

(Re)lire le premier article sur l’Islande .

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Cartes de voeux, façon cocotte, à imprimer

Carte de voeux cocotte 2014


 

Le mois de janvier, c’est le temps d’envoyer les voeux et quelques douceurs à ceux qu’on aime. Chaque année, je fabrique mes petites cartes. Cela fait partie des petits plaisirs du début d’année. Imaginer, créer, écrire, envoyer. Et attendre impatiemment que la poste finisse le travail.

Si, je tenais à envoyer, cette année encore, mes cartes au format « papier », j’avais en tête quelque chose d’un peu original. Alors, quand une gentille lectrice, m’a soufflé l’idée d’une cocotte pour souhaiter les voeux, j’ai trouvé l’idée très chouette – merci Murielle !

J’ai mis en place un petit « kit de voeux » avec deux cocottes, des petits motifs à utiliser comme vous le désirez, quelques nuages à découper et à glisser dans l’enveloppe, et une carte pour accompagner le tout et ajouter quelques mots. Lorsque j’envoie une lettre, j’ai toujours en tête de créer un petit univers, une petite douceur à découvrir et à savourer.

Alors voilà, j’espère que ces petites cartes glisseront quelques sourires et un peu de poésie et de bonne humeur dans ce mois de janvier tout froid tout gris.

Si le coeur vous en dit, vous pouvez télécharger le PDF pour les cartes de voeux « cocotte » ici.

Edit : j’ai fait une mise à jour pour cette année 2017. Vous pouvez télécharger la carte de voeux cocotte 2017 par ici.

 


 

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