Le désert de Wadi Rum – Jordanie

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A Wadi Rum, le paysage vous prend au corps, vous saisit.

Lorsque nous arrivons à l’entrée du désert, notre guide nous attend déjà. Faraj porte ce sourire propre aux bédouins, ce sourire qui vous transmet une énergie folle pour les journées à venir et qui rappelle que le bonheur tient à peu de choses. Ce sourire rassurant qui vous promet une rencontre qui vous marquera et vous transformera sûrement, aussi, un peu.

On saute, tous les six, à l’arrière du 4×4. A l’intérieur, ça bouscule ça chamboule ça secoue. Il suffit de quelques minutes pour que les paysages deviennent immenses et surprenants. Faraj nous montre les sept piliers de la sagesse qui nous encerclent. Autour de nous, du sable, des falaises sculptées par le vent et un ciel bleu immense. D’ici, tout semble plus simple. Au milieu du désert, le rythme s’accélère. Les yeux grands ouverts et l’enthousiasme au bord des lèvres, je m’agrippe un peu plus fort. Je me sens incroyablement vivante. Les plages de dunes et les parois de roche rouge se font face. Dans le rétroviseur, j’observe le sourire de Faraj chaque fois qu’il accélère un peu et que le vent se dessine alors sur nos visages.

A la naissance d’une dune, le véhicule ralentit. Les pieds nus, on touche le désert. Je ferme les yeux et fais un vœu. A mon premier pas dans le désert, à nos belles découvertes. On grimpe sur la dune. On s’enfonce dans le sable chaud. On se presse. Du sommet, le paysage est saisissant. On plisse les yeux, on s’agrippe à l’émotion. On voudrait capturer ses images pour les années à venir, les conserver au creux de soi et se promettre de ne jamais rien oublier. On descend en courant un peu et en riant beaucoup. Le moment parfait. Le coeur qui bat un peu plus fort et le désert qui nous saisit tous les six.


 

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De l’arrière du 4×4, la découverte continue. On ouvre les yeux un peu plus grands. Chaque tournant nous offre un nouveau visage du Wadi Rum, chaque vue nous surprend. Sur la roche, des dessins laissés par des nabatéens apparaissent. A 16 heures, on s’arrête au près d’un rocher. On se croirait alors dans un décor de cinéma. En mieux, en vrai. On rassemble quelques branches de bois. Faraj allume un feu et fait chauffer de l’eau. On s’assoie, tous les sept en tailleur, autour du feu. Pendant qu’il nous sert un thé, Faraj nous raconte son quotidien, ses histoires et ses souvenirs dans le désert. Dans le Wadi Rum, il y a aussi des vies et des rencontres qui se font, des champs de camomille entre deux collines qui apparaissent, des dunes de sable rouge et des figuiers sauvages qui vous surprennent.

Vers 18 heures, on se dirige vers le Captain’s desert camp où on dormira cette nuit-là. A notre arrivée, le camp respire la sérénité et le silence. Lorsqu’un bédouin nous sert du thé à la menthe en guise d’accueil, on atterrit doucement. Une demi-heure plus tard, on se rejoint à la sortie du camp. Quelques dromadaires et un guide nous attendent déjà. On grimpe dessus. On se retrouve alors perchés à quelques mètres du sol. Les dromadaires titubent, le guide nous raconte des blagues que l’on ne comprend pas toujours, le paysage nous enthousiasme. Le soleil se couche sur le Wadi Rum. Tableau parfait, tellement parfait.

 


 

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Rentrés au camp, les émotions nous éclaboussent. On se donne rendez-vous vingt minutes plus tard autour du feu. Entre temps, la nuit est tombée. Un feu géant, un oud, du thé à la menthe, le bonheur grimpe à nouveau. Je glisse une veste sur mes épaules. La nuit, les températures dégringolent dans le désert. On se faufile et on découvre notre repas du soir enterré et encore couvert de cendres. Un zarb, un plat traditionnel bédouin qui demande plusieurs heures de préparation. A ce moment-là, je crois qu’on est tous émus tous un peu chamboulés d’être là. De recevoir autant de délicatesse et d’attention pour nous six. La gentillesse des bédouins, le dîner parfait autour du feu, le paysage à couper le souffle. A l’intérieur, les émotions se bousculent.

A la fin du repas, un groupe de bédouins joue du oud pendant qu’un autre se met à danser. Le ciel est remplie d’étoiles. Sur les visages, des sourires se dessinent. On partage un narguilé et quelques verres de thé avec Leila et Omar. Ici, on ne compte pas les verres de thé offerts. Un thé, comme une accolade, pour se souhaiter la bienvenue ou pour se dire que la vie est belle. Ce soir-là, les échanges sont doux et sincères. Le temps suspendu. Je mesure ma chance de vivre ces instants si parfaits et je la serre fort.


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Aujourd’hui, j’ai vingt-six ans. Trois cent douze mois.

Je ne sais toujours pas faire du café, regarder un inconnu dans les yeux, dire non à un ami. Je sais tenir une promesse un peu folle, travailler durant douze heures d’affilée, consacrer mon temps à un projet qui fait battre mon cœur un plus fort. J’ai toujours peur de m’endormir seule dans le noir et de tomber dans les escaliers. Mes jambes tremblent toujours lors d’un premier rendez-vous. J’aime dessiner des soleils, m’émerveiller de la vue par le hublot de l’avion, et compter le nombre de dodos avant les vacances sur mes doigts. J’ai vingt-six ans et je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.

Aujourd’hui, j’ai vingt-six ans et j’apprends enfin à m’écouter. A ralentir le rythme. Pour la première fois de ma vie, j’ai envie de tête-à-tête avec moi-même, de prendre soin de moi et de ne plus avoir peur de ne pas être parfaite. J’ai arrêté de courir. J’ai des rêves de voyages au bout du monde et d’histoires racontées jusqu’au lever du soleil. Pour mes vingt-six ans, je voudrais du silence, de la spontanéité et des belles rencontres. Je voudrais des beaux projets et de la confiance retrouvée.

J’ai vingt-six ans et j’ose enfin regarder mes bleus dans les yeux. Je n’essaie plus de les cacher. Je n’ai plus peur de tomber, de trébucher et de ne pas réussir dès la première fois. Je relativise, je m’écoute. Je suis moins dure envers moi-même. J’apprivoise mes émotions. Je suis fragile, sensible et tête en l’air. J’ai mille défauts et l’envie dévorante tout voir tout vivre tout découvrir. Chaque jour, j’apprends à être un peu égoïste. Je m’écoute, je relativise. Je savoure mon quotidien. Et, vous savez, cela fait un bien fou. A vingt-six ans, je m’apprends enfin à travers mon regard, un peu moins dans celui des autres.

J’ai vingt-six ans et je suis presque grande. Encore minuscule et fragile. Vingt-six ans et la vie devant soi, la vie pour soi.


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Un joli conte n°3 // Concours

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En rentrant de Jordanie, Un joli conte m’attendait sagement à l’appartement. J’ai toujours le coeur qui bat un peu plus fort lorsque je vois un nouveau numéro pour la première fois dans sa version papier. Il devient alors un peu plus réel, un peu plus vrai.

Je le feuillette comme si je découvrais le contenu. J’ai attendu quelques heures avant d’ouvrir l’énorme carton. Je voulais alors avoir un peu de temps à lui consacrer. Je le découvre alors une première fois globalement. Je tourne les pages vite vite vite. Je l’observe dans tous les sens. Puis, je prends le temps de relire chaque article. C’est à ce moment-là que je prends conscience, je crois, de notre travail, avec vous tous, qui fonctionne plutôt bien. C’est aussi à cet instant précis qu’un sourire vient se coller à mes lèvres et ne me quitte plus ensuite durant quelques heures.

Alors, voilà encore, merci pour vos mots, votre soutien, vos conseils. Merci. Vous m’apportez tellement tellement. Merci pour vos petits mots sur Facebook, Twitter, Instagram et bien sûr ici. Nous grandissons plutôt bien, je crois, ensemble, non ?

Allez, on fête la sortie du numéro trois ?

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Un exemplaire papier d’Un joli conte à gagner !

 

Pour participer, c’est tous simple, glissez-moi simplement, en commentaires, une jolie chose, un joli détail, un sourire, un joli conte à vous. Simplement quelques mots d’un joli souvenir ou d’un petit bonheur de votre journée, semaine ou mois.

Cela peut être une petite anecdote ou histoire qui vous met du baume au coeur, une illustration, ou encore une photographie.

Si vous préférez participer avec une photographie ou une illustration, c’est bien sûr possible. Vous pouvez la poster alors sur Facebook, Twitter ou Instagram, pensez bien à mettre le hashtag #unjoliconte afin que je ne vous oublie pas. Pour que je sois sûre à 100% de rater personne, glissez un petit commentaire sous cet article avec un lien vers la photographie.

Je tirerai au sort parmi les commentaires déposés sous cet article avant le 15 mai un heureux gagnant.

Edit: et hop, le gagnante est Mathilde – je t’envoie un mail tout de suite.

 

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