La vie d’après


Depuis petite, j’ai ce besoin de vivre qui me colle au corps. C’est viscéral. Je suis obsédée par la recherche de la beauté et par l’intensité. J’ai toujours rêvé d’une vie en majuscules et je crois que ma plus grande peur était que mes rêves s’éteignent, doucement, avec l’âge.

J’ai grandi avec les vers de Rilke en filigrane. Des chutes obscures et des remontées infinies. Il en est tant qui vivent et ne veulent rien, et qui se sentent anoblis par les sentiments lisses et de leurs repas légers. Je voulais l’amour qui percute, qui intensifie tout sur son passage. Je voulais l’amour et la beauté en cavalcade. L’amour d’un paysage, d’une émotion, d’une musique. La beauté qui glisse des frissons et qui tient en éveil.

Il aura fallu du temps, des écorchures et beaucoup de bleus pour comprendre que la vie pouvait être plus douce et différente. Il aura fallu un confinement en tête à soi, que la course en avant cesse brutalement un soir de mars, pour comprendre, enfin, que la vie pouvait être là où on ne l’attendait pas. Que le revers du bonheur n’était pas, forcement, la chute et qu’il pouvait se trouver dans l’équilibre.

Il aura fallu des nuits blanches et la fatigue accumulée au bord des yeux pour comprendre que la recherche de perfection pouvait, être éloignée de la douleur, de la fuite et l’obsession. Que repousser mes limites ne feraient pas, toujours, de moi une personne plus heureuse ou meilleure. Que vivre, bien vivre, pouvait, aussi, ressembler à un soir d’été qui s’étire.

Il aura fallu des jours et des jours à observer le ciel et de voyages intérieurs. Il aura fallu l’impatience, l’excitation, la joie, la peur, le manque et la colère. Des orages et des accalmies. Il aura fallu l’impuissance, la patience et la confiance en écho.

Il aura fallu, oui, à apprendre à danser sous la pluie. Je ne sais pas trop à quoi ressemblera encore la vie d’après, ou plutôt ma vie d’après, mais je sais déjà qu’elle sera, je crois, un peu plus douce, un peu plus à l’écoute envers mes besoins et mes émotions, et vers cette recherche si précieuse d’équilibre.

Les photographies ont été prises dans l’appartement d’Ara et Pierre de Doux Août.

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Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Marie-Christine

    Je vous suis depuis ma rencontre avec Émilie Euillet ,je suis tombée en extase devant son logo ..réalisant combien une image peut-être forte et suffisante, langage international, depuis je suis vie de miettes et je suis charmée, merci pour vos partages.
    Marie Christine.

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  2. cemaline

    Bonjour may… Je reprends le chemin physique de mon bureau, je retrouve les collègues et je suis émue par tes mots comme souvent. Je te souhaite “l’après” plein de douceur ,de poésie… cette période trouble nous a transformé : mais je souhaite que nous gardions en nous cette volonté de faire autrement pour notre bien ! Continue de prendre soin de toi et de nous par tes jolis mots ! Je t’embrasse

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et souriez, vous êtes fantastique

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