Note grisâtre,

C’est comme un petit ruisseau qui est venu se loger sur mes joues. Il se creuse, se fonde, m’habite. Il pousse les sentiments à l’extrème à l’extérieur de la chair. Il fait naître le vide, le néant. Je suis creuse de l’intérieur. Les espoirs misés sur cette nouvelle année se sont déjà faits la malle. Ils n’auront même pas tenu le temps d’un mois, le mois des vœux. Je tremble et j’ai si peur. Et, je m’en veux. Se sentir comme un charmant petit monstre pris à son propre piège, mourant d’avoir cru trop fort, s’emmêlant, s’aliénant à ses propres rêves jusqu’à s’étouffer . Crever d’y avoir cru et d’être retombée si bas, si bas. Corps à corps avec la terre, je suis couverte de boue. Faire de l’or avec de la boue n’est possible que lorsqu’on est un artiste. Et à l’évidence, je n’en suis pas une. Je ne tiens debout que par la haine. C’est le désespoir qui m’anime et les cailloux au creux de l’âme s’accentuent. Tout recommencer, repartir à zéro, et apprendre enfin à se tenir droite. Tout s’envole, tout s’éparpille. Je crois que je suis incapable de vivre. Je crois que. Je me rature.

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Note d’après 2008,

Il y a eu le décompte, les secondes qui s’étiolent pour mieux recommencer. Il y a eu les bises, les résolutions et les coupes qui font tchin-tchin à minuit. Il y a eu les paroles échangées au milieu de cette nuit de magie au creux de l’oreille, au creux des rêves. Il y a eu cette vue sublime de sa fenêtre et ces sourires, ces rires envolées dans l’obscurité.
Et puis, le lendemain, c’était différent.
C’était les rues vides et Toulouse endormi. C’était l’aéroport, l’attente et la fatigue sous les yeux. C’était le début d’une semaine à l’accent hispanique et la crainte d’après. C’était les mains qui tremblent, et toute la magie des fêtes de fin d’année derrière nous.

Je vous souhaite une merveilleuse, amoureuse année.

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Note d’avant 2009,

P comme prendre l’avion.

C’est comme un petit trou noir de souris dans lequel on s’engouffre.
Comme le chant des sirènes, comme une force centrifuge qui nous attire.
C’est un peu effrayant, un peu moche parfois, beau souvent. Vivant toujours.
C’est un grigris de grand-mère qui nous fait croire à un renouveau, c’est une croyance en la magie du temps qui passe et se renouvelle.
C’est penser le temps comme une instance qui pense, qui tourne, qui choisit.
C’est croire en la déesse Chance sans vraiment s’en apercevoir.

C’est abaisser les rideaux en velours rouge de 2008 , et attendre le spectacle nouveau, en espérant qu’il soit un peu plus, juste un peu plus.
Majestueux.

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