Le soleil se lit sur mes lèvres. Il fait beau, il fait bon, il fait doux. J’ai ouvert les fenêtres. L’immense bibliothèque explose déjà. J’en souris. Je crois aimer les livres à la folie. Il y en a partout. Je vais chercher les petites filles dans une poignée de minutes et quelques secondes. Je croise les doigts pour ne pas entendre le mot télévision toutes les cinq minutes. Après, je donnerai des cours et ça, c’est vraiment très chouette.
La dame pour l’internat ne m’a appelée pour me dire « oui », ou « non ». Je ne dirais pas « pas de nouvelles, bonne nouvelle ». Mais tant pis, ce n’est pas si grave.
Je vais bien et c’est le plus important. Le reste m’importe peu.
Lorsque j’étais petite, le 1er avril était une journée spéciale un peu comme Noël ou Pâques. La veille, je confectionnais les plus beaux et les plus colorées petits poissons. Je me souviens que les écailles étaient très importantes. Je les dessinais et coloriais avec précision. Le sourire et les yeux donnaient pour finir vie à mon nouveau poisson. Papa déposait alors un morceau de double face sur chacun d’entre eux. Le lendemain serait une journée sourire, une journée multicolore. Cela fait des années que je ne dessine plus de poisson sur des feuilles blanches et que je ne colle plus de poisson avant de m’enfuir aussi vite que mes jambes me le permettent. Le 1er avril est devenue une journée qui se fond dans le mois.
S. m’a racontée sa journée. Ses amis et elle ont collés des poissons à ses professeurs. Ce n’est pas grand chose mais. J’ai souri. Je me suis sentie tout à coup trop grande, de l’autre coté de la frontière. Je voudrais parfois avoir à nouveau 10 ans et avoir une ribambelle de sourires cousue à mes lèvres pour un oui pour un non.
A 17 heures, j’ai gardé les deux petites filles. Cela ne s’est pas vraiment passé comme je l’aurais désiré. Elles sont envoutées par la télévision et l’ordinateur. Lorsque je leurs ai demandé ce qu’elles aiment faire, elles n’ont su me répondre que ces deux choses. Leurs parents m’avaient dit « Pas de télé, ni d’ordinateur lorsque vous les gardez !».
Alors, je dois dire que j’ai eu de mal. Je ne savais pas vraiment quoi répondre lorsqu’elles me disaient que leurs parents étaient d’accord, qu’elles y allaient toujours avec eux et qu’elles insistaient. Je leurs disais non bien sur, que leurs parents ne voulaient pas lorsque j’étais là, qu’on pouvait faire des choses chouettes ensemble. Elles m’ont dit qu’elles allaient rater leurs séries préférées avec des yeux de biches, en rajoutant qu’elles la regardent tous les jours avec leurs parents. C’était de «ma faute». De plus, la télévision se situe dans la chambre des parents. Et je me voyais vraiment mal m’y inviter.
Au final, on a joué à un jeu de société, je leur ai lu un petit livre et je les ai aidées à faire leurs devoirs. Je ne voulais ni crier, ni hausser la voix. J’ai demandé au retour de son père de leurs expliquer, les deux petites filles s’étaient déjà enfuies devant la télévision.
Et je crois, que cela va être à moi de trouver des activités et essayer de leurs faire oublier leur si jolie télévision.
J’espère un renouveau, un changement positif, un peu d’air frais. Je me suis tellement cassée la figure ces derniers mois que j’ai du mal à y croire, à positiver à nouveau. J’ai cru mille fois à mille choses et j’ai été autant de fois déçue. Alors, j’essaye de mettre un peu de distance, de ne pas me jeter bras ouverts vers toutes les idées farfelues qui me passent par la tête.
J’espère que cela va aller, j’espère m’inquiéter pour pas grands choses.
Demain, je garde les petites filles pour la première fois. Il me tarde beaucoup !
Je suis persuadée que cela sera une grande expérience pour moi même si cela peut sembler peu pour beaucoup. Je n’ai jamais eu de contact privilégié avec des enfants. Je crois que je vais (re)découvrir l’univers enfantin qui me fascine tant à travers leurs pupilles.
J’aime. Créer. Réserver un vol pour un pays, encore, inconnu. Écrire. Imaginer. Photographier. Observer le jour qui se lève et sa lumière bleutée.
L’instant où l’avion décolle. Et puis, la vue par le hublot. La mélodie d’un piano, la beauté d’une rencontre, la douceur d’une pluie d’été. Le bruit de pas sur le parquet. Le silence. La justesse d’un roman.
Je crois en la beauté de la vie. Je crois en l’amour. Je crois en la douceur. Je crois en l'humain. Je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.