
Je me souviendrais de cette dizaine de jours en Andalousie comme un refuge au cœur de l’été, un lieu parfait pour reprendre sa respiration et recommencer, tout doucement, à savourer la douceur de la vie. L’été nous a bousculé. Il a été éventé dur glacial. Un soir d’août et sur un coup de tête, on a réservé un maison dans la sud de l’Espagne. Un endroit pour jeter de la distance et se réchauffer. Dix jours pour prendre de la hauteur et modifier son point de vue. S’éloigner pour saisir la valeur des choses, pour apprendre à regarder et avancer autrement. Et, aller de l’avant.
De ces dix journées, je me souviendrai de la plage de Cádiz, des rues désertes l’après-midi et de la beauté des couchers de soleil face à la mer. De l’heure magique où la ville s’éveille doucement et où les bars prennent vie. Je me rappellerai des fenêtres de la chambre ouvertes sur la nuit, de mes doigts chaque matin sur le clavier dans ce café de bord de mer, et du sourire du camarero. De notre terrasse sur le toit, du jus d’orange pressé et du soleil qui réchauffe à l’intérieur. Je me rappellerai la gentillesse de Carmen, la sangria partagée et la vue alors saisissante sur la ville.
Je me souviendrai de la blancheur incroyables des rues et de la beauté des patios andalous. De cette beauté qui vous laisse sans voix et vous pousse à vous souvenir de chaque détail. Je conserverai en moi la découverte de Séville ce samedi après-midi et l’impressionnante Plaza de España. Les heures passées dans la petite voiture, les mêmes CD qu’on écoute depuis près de six ans dans cette même voiture et dont on ne se lasse pas. Le paysage qui défile sous nos yeux et les rêves qu’on se tisse ensemble. De ces moments-là comme des éclats de bonheur, des éclats précieux que l’on étreint, que l’on étire et savoure.
De l’Andalousie, sa douceur m’a enveloppée. J’ai aimé ce quotidien éphémère à la folie. Les matinées studieuses, les après-midi face à la mer et les soirées à découvrir la ville. Je m’y suis accrochée, pansé, émue. J’ai saisi ma chance. Ma chance d’être ici, de pouvoir y être. J’ai avancé travaillé ouvert les yeux. J’ai appris, à nouveau, à respirer lentement. A saisir le temps et le silence. Cela a été sûrement mon plus beau dépaysement. Les dix journées les plus productives, les plus riches, les plus émouvantes de l’été. Les plus sincères et authentiques aussi. Dix journées pour s’accrocher, s’ancrer et retrouver ses repères. Dix jours juste tous les deux et pour se promettre que l’avenir sera doux.
L’Andalousie comme une évidence, comme un point d’accroche et appel à se retrouver. Comme un rempart parfait.












