Lorsque Sophie-Charlotte m’a contactée l’année dernière pour me proposer de répondre à quelques questions pour son prochain livre sur les entrepreneurs (créatifs), cela m’a touchée doublement : doublement parce que poser un minuscule bout de moi dans un livre ou magazine me surprend toujours autant, et puis, il y avait ce mot « entrepreneur » dans le titre. Ce mot à l’intérieur duquel j’ai encore tant de mal à me reconnaitre et à y trouver ma place. Ce mot qui sonne comme un peu grand un peu sérieux et qui me fait rougir quand je le prononce.
Au quotidien, quand on me demande ce que je fais, je tâtonne. Je ne sais jamais trop comment parler de mon quotidien. Alors, je rougis. Je dis : « je travaille dans le web » qui veut tout et rien dire. J’aide les créateurs et entrepreneurs à définir leur identité. Je fabrique des univers. Des faire-part, des sites web, des univers graphiques. Des blogs, des sites vitrines, des e-boutique. Des applications un peu plus importantes, et du print parfois aussi. A coté, j’ai un petit blog mignon. Je fais du sur-mesure et j’aime prendre le temps. J’avance à mon rythme. J’ai commencé toute seule et puis mon amoureux m’a rejoint. On a créé une petite entreprise ensemble. Je, oh, mais rien, un petit truc de rien du tout. Je rougis. J’avance, je bafouille, je m’éparpille.
J’essaie, on essaie, doucement de grandir et de faire des jolies choses. Des choses qui ont du sens, c’est important pour nous. On se précipite pas, tu sais. Si je sens que la personne en face de moi est réceptive et bienveillante, alors je raconte tout doucement nos projets avec des étoiles dans les yeux et en ajoutant que l’on verra, que l’on fait de notre mieux, que rien n’est vraiment figé. Je m’ouvre tout doucement et je nous raconte. Je raconte cette petite entreprise que l’on voudrait à notre image : enthousiaste, passionnée et avec des belles valeurs.
Je fuis les endroits un peu trop sérieux ayant peur de ne pas être à ma place. J’angoisse avant d’aller à la banque ou chez notre comptable. Je tremble toujours quand je signe des documents un peu importants. Je me dis souvent que tout le monde va se rendre compte un jour que je ne sais pas grand chose, que je fais beaucoup de petits riens. Souvent aussi, je me rappelle des mots de Sonia Rykiel : « Pendant dix ans, je disais tous les jours j’arrête demain. On va s’apercevoir que je n’y connais rien. J’ai toujours pensé qu’on finirait par me démasquer« . Ces mots me rassurent et je me dis que je veux bien conserver ce sentiment-là si je parviens un jour à avoir un tout tout tout petit peu de son talent.
Je suis encore minuscule et j’apprends. Je fais de mon mieux, je tremble beaucoup et j’y mets beaucoup d’amour. C’est finalement, j’imagine, déjà beaucoup. Alors, me glisser dans ce livre avec le mot entrepreneur dans le titre était un peu petit signe. Un coup de pouce pour me dire de lever les yeux et croire un peu plus en moi. A l’intérieur, j’y parle un peu de mon quotidien, de mon parcours et de la façon dont j’écris mes bilans (émotionnels). Oh, rien du tout, pas grand chose, mais un petit pas grand chose, qui me ressemble et qui fait battre le coeur un peu plus fort.
Vous vous sentez parfois un peu usurpateur vous aussi ?




Si le livre vous intéresse, c’est : Le guide des entrepreneuses créatives aux éditions Eyrolles. Il est paru en mai – je ne suis pas très très réactive. Il fourmille d’idées et de conseils pratiques.
La petite bougie et le parfum viennent de chez Durance et sentent incroyablement bons.



