Note du samedi soir,

Lundi, le premier sujet d’examen s’abattait sur la table à 14 heures 06. La salle était pleine et le silence l’habitait. Il était prenant. Je tremblais lorsque je rédigeais ma copie, la première d’une ribambelle. Celle qui donne la mesure. Mardi. Un autre sujet et un deuxième regret. Ne pas avoir assez révisé et donner tout de même le meilleur de soi. Lorsque j’écrivais, je me relisais pour tenter de le formuler un peu mieux, juste un peu. Je cherchais le mot juste. Les secondes étaient longues cet après-midi là. Lorsque je suis sortie de la salle, il faisait nuit. Mercredi. Dernier partiel de lettres modernes. Linguistique diachronique. Les lèvres écorchées et la fatigue sous les yeux. Les mots sont timides et la peur explose. Je rédige pourtant en silence, en tremblant. Les mots ont peur de se poser sur la feuille blanche. C’est midi lorsque je rend ma copie avec regrets. Jeudi. Les larmes au yeux lors d’un créneau. La fatigue et les doutes qui explosent. J’ai peur. Je tremble au volant. Le vent sur ma peau. Je ne ressens pas le froid. Je crois que je n’en peux plus. L’idée de tout arrêter est présente plus que jamais dans mon esprit. Vendredi. Dernier partiel de philosophie. Métaphysique. J’écris, j’écris encore un peu. Il le faut après tout. C’est avec un souffle apaisé que je rend ma dernière copie. A midi, je peux enfin me dire que la semaine de partiels est terminée. Les dés sont jetés. Sentir que tout s’effondre autours de soi. 15 heures 30. Hôtel Dieu. Dans une semaine, je ferai la souris. Prêter son corps pour quelques euros et en garder quelques traces. Parfois, je me sens si vide. De l’extérieur. De l’intérieur. Figure inhumaine.

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Les partiels qui commencent et le cerveau qui semble exploser. Surligner, écrire, effacer, écrire. Essayer d’avoir une jolie écriture, puis oublier. Essayer simplement de finir. La première respiration après quatre heures de dissertation est toujours la plus agréable. La bouffée de vent glacial me rappelle à la vie. Et, tout continue, tout recommence. Les gens, les transports, le retour. Il y a ce permis qui semble à n’en plus finir, et ces projets au bout des doigts, au bout des os. Il y a des immensités de rêves sous mes paupières lorsque je m’endors le soir. Mais. Mais, il n’y a personnes pour les retenir, pour faire que. Tous les soirs, le lit semble trop grand. Tous les soirs, mes doigts se crispent sur les draps sans vie.

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