La ralentie

Ete 2015


 

Chaque été, cela revient. Il y a un moment où je – me – décroche. Ce n’est pas vraiment voulu ni préparé. Je déborde, je suis fatiguée. A chaque fois, cela me secoue un peu. Je coupe, je m’éloigne. Et, finalement, je me retrouve. J’ai besoin, je crois, de quelques semaines juste pour moi. A moi. De silence, de simplicité, et de soleil.

Alors et tout doucement, je ralentis. Je suis la ralentie. J’ai le temps. Je prends le temps. De lire, de penser, de dormir. D’écrire aussi. Et puis, d’attendre et de ne rien faire – et, c’est tellement doux de ne rien faire, d’oser ne rien faire, et de ne pas culpabiliser de ne rien faire. J’observe le soleil caraméliser doucement ma peau. Je passe des heures à observer la mer les nuages le soleil. J’écoute l’horizon et je me fonds en lui.

J’attrape le temps. Je le saisis. Je ne fais rien. Je mets de la musique. Je ferme les yeux. Le soir, quand les températures tombent un peu, on se perd dans les petites rues avec Holly. Parfois, Anthony vient avec nous. Alors, on finit la promenade sur une place animée de la ville et cela sent bon les beaux jours. J’oublie de répondre aux SMS aux mails aux messages. J’éteins mon téléphone et je n’écoute pas le répondeur. Je me gomme ici. J’apparais par là. J’ouvre les yeux.

Je partage des verres et quelques rires en terrasse. Un soir, je réserve des billets pour Paris et Barcelone. J’ai tout le temps. Je suis vivante. Je rêve, je me rêve. Je pense un peu plus à mes envies, à ce qui me meut, et à la vie dont je rêverai dans dix jours trois semaines dix mois cinq ans. Je pense à moi, juste à moi. Je suis égoïste. J’oublie le temps. Je laisse mes cheveux onduler et mon mascara dans une chambre d’hôtel. L’essentiel est ailleurs.

Je prends un peu de recul sur ce qui nous engloutit, tous, un peu parfois. Le quotidien, les devoirs et les choses que l’on s’imposent souvent sans vraiment savoir pourquoi. Sur ce qui nous mordille nous stresse nous endort. Sur ce qui nous grignote à l’intérieur. De l’intérieur.  Alors, je me me dis que ces petits pas en arrière sont nécessaires et sains. Qu’ils me permettent, chaque année, de me rendre compte finalement de la chance que j’ai. La chance d’avoir un métier que j’ai fabriqué sur mesure et qui me laisse assez de liberté et de temps pour profiter de la vie. La chance aussi d’avoir des clients qui me font confiance les yeux fermés et qui m’aident depuis trois ans à grandir à m’épanouir, et à créer des choses qui ont du sens. La chance enfin d’avoir un amoureux, des amis, et une famille toujours là pour me porter et me permettre eux aussi d’aller de l’avant.

Et puis, quand septembre arrive, tout devient un peu moins flou. Tout retrouve sa place. Je suis apaisée. Je respire. Tout doucement, je me secoue. Je m’éveille. L’énergie semble alors un peu plus forte et le sourire un peu plus grand. Je ne sais pas trop comment, mais c’est toujours dans ce bric-à-brac, dans ces orages d’été, qu’éclosent les projets les plus lumineux les plus fous les plus beaux.

Et vous, vous me racontez un peu votre été ? Vous ressentez parfois ce besoin de ralentir et de décrocher ?





Oh, puis, je ne sais pas si vous connaissez le petit texte d’Henri Michaux La ralentie et qui est tellement (tellement !) parfait. Mon petit billet lui fait un tout petit peu (et tout modestement) écho. Vous pouvez retrouver le texte et une  jolie version audio par ici.

 

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C'est promis

Vos commentaires
sont des petites douceurs
Mille mercis à vous

  1. Quel bonheur de se poser et reposer en été ! Les pique-niques entre amis, les rires autour d’apéritifs.. Cette année je suis très speed car je déménage à Bruxelles, mais l’été prochain, je compte bien rattraper toute cette détente perdue :)

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  2. Oh là là, qu’il est beau ton texte May ♥ C’est très sain, j’en suis persuadée, de ralentir pour mieux retrouver tout ce qui bouscule notre quotidien ensuite. De mon côté, j’essaie de le faire de plus en plus, pas seulement pendant 2 ou 3 semaines au mois d’août, de plus en plus simplement parce que le quotidien te bouscule bien trop pour être sain quant à lui. Bonne rentrée et bonnes continuations.

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    • Merci la douce ! ♥
      Oui, tu as raison de le faire au quotidien. J’essaie aussi, tout doucement. Je ne sais pas si c’est le fait de grandir (vieillir est tellement vilain comme mot) mais mon corps me laisse finalement de moins en moins le choix (et je crois que c’est très bien comme ça). Dès que je travaille-stresse-fais-trop-de-choses-à-la-fois, j’ai l’impression que mon cerveau se bloque. Et, c’est simple, je ne peux absolument pas me concentrer. Si je le fais, l’angoisse sera encore plus forte et je devrais attendre encore plus longtemps pour pouvoir m’y remettre. Du coup, je sais reconnaitre quand je suis un peu trop sous tension et prendre un peu de recul avant d’exploser. C’est ça grandir, c’est apprendre à se connaitre et à se chouchouter un peu plus je crois.
      Des bises et une belle rentrée à ta petite famille et toi !

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  3. Tu as bien raison :D
    Moi cet été, j’ai décidé de faire une pause dans le sport. J’en ai fait un peu de temps en temps, mais j’ai surtout arrêté de le faire “sérieusement”. J’ai aussi laissé mon PC dans le salon, alors qu’il avait l’habitude de me suivre dans mon lit. Je ne suis pas accro à mon portable, mais j’ai quand même enlevé le wifi pour éviter les notifications des réseaux sociaux. Ce sont de petites choses qui m’ont aidé à décompresser

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    • Oh ces chouettes ces petits gestes qui font du bien et permettent de prendre un peu de recul et de se retrouver. C’est fou comme on appréhende ensuite septembre beaucoup plus sereinement.
      A très vite Lisa !

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  4. Le bonheur d’observer la nature, les gens, le cours du temps qui file et défile sous nos yeux…
    Lire un bon bouquin, sans devoir s’arrêter par le : “il faut que je fasse”. Le lire jusqu’au bout. C’est la dolce vita. Tout simplement. Et ça fait du bien !
    Merci May, tes mots sont doux doux doux et sonnent dans mon coeur, comme à chaque fois.

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    • Oui, c’est ça la dolce vita, tu as raison.
      C’est tellement doux et nécessaire pour se retrouver et avancer sereinement.
      Passe une jolie rentrée ! ♥

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  5. Je me retrouve dans tes mots, cela m’arrive souvent en vacances, de décrocher. Soudain je perds pied avec l’habitude et laisse juste filer le temps. C’est bon, c’est doux et… suffisant. <3

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    • Tellement, tellement.
      J’ai encore un peu de mal à ne pas culpabiliser, à me dire que c’est normal sur le moment (alors que bon, je sais bien que c’est normal, sain, toussa, toussa). Cela va venir, cela va venir !
      Et puis, je me sens tellement mieux et apaisée par la suite.
      Des bisous ♥

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  6. C’est doux, sain & bien de ralentir ♡
    Chaque année, ce passage est nécessaire, vital, salvateur.
    Chaque année, il nous emplit de l’essentiel.
    On se retrouve Soi, avec ses rêves. Ses rêves d’adultes & d’enfants mêlés, entremêlés.
    Les soucis se font plus légers… comme une feuille d’un arbre, un joli arbre… plus, il s’envole, comme l’automne qui se profile & fait s’envoler les feuilles dorées & légères.

    Être égoïste permet de donner plus après, de donner mieux. Sans se perdre.

    Merci pour ce beau texte May.
    Merci de l’avoir écrit, de l’avoir partagé ici.

    Douce reprise ♥

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    • ♥♥♥
      C’est tellement joli – et juste – ce que tu écris Mély.
      Merci à toi pour ton mot, tes mots.
      Tu es ma petite boussole. ♥

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  7. on a besoin de ralentir, de lâcher prise, c’est vital ! J’ai eu des vacances pas très reposantes (roadtrip en Irlande) mais j’ai adoré quand même ! bonne reprise et à bientôt j’espère :-)

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    • Oui, c’est sûr. J’adore avoir un emploi du temps qui déborde un peu temps au quotidien. C’est comme ça que je me sens le plus “vivante”, mais quelques semaines juste pour moi, à ralentir, c’est tellement doux.
      Des bisous Vivi !

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  8. Coucou ma jolie!

    Merci pour ce joli texte piqûre de rappel.. parce que quant à moi, je suis rentrée avec la sensation de ne pas avoir su/pu déconnecter suffisamment. Du coup, hier, en te lisant, je me suis dit mince alors zut de zut ralentir fait un bien fou may a raison il faut lever le pied ma petite marga (oui, sans points ni virgules parce que cette pensée m’a engloutie d’un coup d’un seul). Ralentir pour mieux respirer, pour respirer vrai et vivre et sourire vrai et embrasser vrai et songer rêver et que tout ça devienne réalité.

    >> H. Michaux, superbe texte !

    Besos besitos,

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    • Oh, tu sais que j’ai beaucoup beaucoup pensé à toi à cet été et que j’ai complètement laissé filer ton anniversaire en me répétant chaque jour (je me le répète encore, tiens) : il faut que je me rattrape, il faut que j’envoie un petit mot, je suis une nouillette. Et puis, j’ai laissé filer, parce que l’été, parce que les beaux jours, parce que tout ça. Alors, HAPPY YOU jolie. Mille belles choses et surtout du temps pour toi et ceux que tu aimes.
      Oh et puis, septembre, c’est bien pour prendre le temps de respirer un peu aussi, non ? Il fait encore un temps d’été et tout semble si calme.
      Des bisous qui claquent pétillent sur tes petites joues !

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  9. Je dois dire que je ne sais pas trop quoi dire après la lecture de cet article, dire autre chose que d’habitude, que j’aime tes mots, qu’ils me font du bien, sourire, réfléchir et me questionner. C’est beaucoup de choses et ça vaut bien mille mercis.

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    • Merci merci merci Marion.
      Et moi, j’ai juste envie de te dire merci et de te prendre dans mes bras en lisant ça. Cela fait tellement chaud au coeur de savoir que mes petits mots peuvent apporter quelque chose de positif. Merci, merci.

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  10. Oui tout pareil : fin juillet j’ai eu envie de ralentir. En août j’ai peu écrit. Pas de motivation. Et oui là ça repart mais en douceur… ;-)

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    • Repartir en douceur, oui, oui, oui. Sinon, on perd tous les bénéfices de l’été.
      Passe une belle rentrée !

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  11. marie kléber

    Je crois qu’on en a tous besoin May. Faire le vide, vivre à son rythme. Recharger les batteries.
    On se sent plus léger et mieux dans son corps, sa tête, après avoir déconnecté un peu, après avoir vécu au rythme de nos envies, de nos rêves.
    Belle et douce rentrée à toi!

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    • Oui, c’est tellement ça. C’est tellement compliqué aussi d’accepter qu’il y a des moments où il va falloir prendre du recul et prendre un peu de retard (pour ne plus en prendre et tout accomplir avec le sourire justement le reste de l’année). C’est compliqué et sain et normal (mais qu’est-ce que c’est dur quand même souvent !)(je suis la contradiction sinon).
      Une jolie rentrée à toi aussi !

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  12. Manaelle

    Quelle écriture… Un vrai régal, comme à chaque fois.
    Merci pour ces doux moments <3

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    • Oh merci Manaelle, cela fait tout chaud au coeur (j’avais un peu peur que ce texte fasse un peu trop perché et parte dans tous les sens quand je l’ai publié).

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  13. Coucou,

    Je crois (enfin j’espère ! :-p ) que ce texte nous parle à tous.
    Perso j’ai bossé cet été et là je suis en plein dans ce que tu décris depuis une semaine, rentrée à la maison et je ne fais rien mais alors rien, petit détail rigolo comme toi l’autre jour (alors que je mets du mascara TOUS LES JOURS) j’ai tendance à l’oublier, je traîne, lis, regarde des films et que c’est bon !
    On dit qu’il faut s’ennuyer pour créer et tu le décris parfaitement :-)

    Bonne rentrée alors !

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    • Oh oui, je l’espère finalement aussi. Cela fait du bien de prendre le temps de s’ennuyer (même si parfois, cela reste un peu culpabilisant et que l’on aimerait bien être au top tout le temps). Je sais que je suis dans le lâcher prise quand j’arrête de me lisser les cheveux. Je le fais machinalement depuis que je dois avoir 11/12 ans. J’ai les cheveux très frisés au naturel. Et, je me rends compte chaque été que c’est finalement pas si moche et que cela fait du bien d’être juste soi et de se retrouver un peu sans se cacher. C’est symbolique, mais cela fait du bien.
      Bonnes vacances Sabrina, profite, profite, profite !

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  14. Que de jolis mots dans ce texte, c’est tout doux! Et je m’y retrouve également, c’est comme ça que j’aime être vivante l’été. Bonne rentrée!

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    • Merci beaucoup Elsa pour tes mots (ils sont tous doux aussi). Cela fait tellement du bien cette respiration avant de reprendre la course.
      Passe un joli mois de septembre !

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    • Je crois que c’est malheureusement toujours un peu involontaire. On aimerait bien être à 100% au top et à fond. Pourtant, et parfois, c’est plus fort que nous, on a besoin de lâcher prise. Et finalement, c’est un mal pour un bien !
      Des bisous ma jolie !

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  15. Bonjour May..
    Je lis avec bonheur ce retour, accompagné de ce sourire un peu plus grand de septembre.
    L’été ici à toute allure.. Pourtant en demande, mais lequel du corps ou de l’esprit n’a pas rappelé à l’autre de s’octroyer une pause..?
    Ça m’est tombé dessus, d’un coup, avec le même étonnement émerveillé qu’en observant une étoile filante.. Une journée, qui devait n’en être qu’une, qui s’est transformée en week-end. Un week-end de paresse, à dormir, penser, ne pas beaucoup parler, parce qu’on ressent, plutôt. Comme par enchantement, ce week-end, pas de chargeur, téléphone éteint, deux jours durant.
    Je n’ai pas vu passer la route du retour, remplie de cette joie sauvage, de cette douceur inouïe que m’a apporté cette pause, bien malgré moi.
    Note à nous-même : Faire cela plus souvent..

    Bises

    Lucille (avec deux ailes)

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  16. Que tes mots sont doux et apaisants. Souvent quand je suis en vacances, j’oublie l’heure et les jours, et je crois que cela symbolise bien les vacances, de prendre son temps, de déconnecter. Bises

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