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Se souvenir des belles choses. Toujours.

{ carnet d’instantanés et de sourires }

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Postés dans: Algavre

Note du dimanche-lundi

  J’ai l’impression d’un doux rituel, d’une rencontre que je m’offre tout juste après, ou avant, la course. C’est peut-être aussi, une jolie façon de commencer et de terminer les…

30.04.2018

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May, Toulouse
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Qui suis-je ?

J’aime. Créer. Réserver un vol pour un pays, encore, inconnu. Écrire. Imaginer. Photographier. Observer le jour qui se lève et sa lumière bleutée.

L’instant où l’avion décolle. Et puis, la vue par le hublot. La mélodie d’un piano, la beauté d’une rencontre, la douceur d’une pluie d’été. Le bruit de pas sur le parquet. Le silence. La justesse d’un roman.

Je crois en la beauté de la vie. Je crois en l’amour. Je crois en la douceur. Je crois en l'humain. Je crois que les rêves sont faits pour être réalisés.





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Juillet 2025 - D’abord, la mer Juillet 2025 - D’abord, la mer
Je suis devenue maman fin juillet. Mon petit princ Je suis devenue maman fin juillet. Mon petit prince fait la sieste à mes côtés pendant que je vous écris ces quelques lignes.

Je ne sais pas combien de temps il me faudra pour vous écrire, ni combien de fois il m’appellera pour un câlin, se nourrir, ou jouer.
Je ne sais pas combien de fois je le regarderai et j’oublierai tout.

Je sais l’océan de tendresse dans lequel je baigne depuis sa naissance. Je sais la douleur vive de l’accouchement. Je sais la fatigue chevillée au corps et l’amour qui fait tout oublier, l’amour qui emporte tout. Je sais l’évidence.
Je sais les réveils dans le silence de la nuit et sa bouche qui cherche mon sein dans l’obscurité. Je sais son couinement de satisfaction qui m’apaise et me fait oublier la fatigue. Je sais ses doigts minuscules qui s’agrippent quand je le cajole. Je sais son regard qui s’ouvre quand il entend ma voix et que je m’approche de lui.

Je sais l’amour inconditionnel. Je sais aussi que le plus beau, et sûrement le plus dur, est à venir.
Je sais la chute d’hormones, les doutes, la peur. La douleur et la fatigue. Je sais les larmes malgré la joie, malgré l’amour, malgré son coeur qui bat.

Je sais l’ambivalence. Je ne sais pas comment on fait pour gérer une entreprise avec un nourrisson. Je ne sais pas comment on fait pour écrire ou créer quand on ne dort pas.

J’ai tout à apprendre. Alors, je jongle. Je profite de chacune de ses siestes. Je profite de lui. Je suis hors du monde, hors du temps. Je me relis. Je m’endors en me relisant. J’apprivoise ce quotidien. J’essaie de m’organiser, de créer, d’écrire. Je tâtonne.

J’ai des questions qui débordent. Je me questionne sur la place - et la nécessité - de créer dans mon quotidien. Je réfléchis sur ma présence et ma disponibilité. Sur mon identité. Sur ce que j’ai envie de transmettre à mon fils, sur l’image à travers moi qu’il aura des femmes. Je voudrais qu’il soit fier, je voudrais être une maman présente, passionnée, épanouie et heureuse.

Je voudrais tout. Je cherche l’équilibre.
J’ai peu de réponses. Alors, en attendant, je le serre fort contre moi, je ferme les yeux et je le respire. Je lui murmure des mots doux et je lui promets d’être toujours là pour lui.
Juillet - Retrouver son souffle Juillet - Retrouver son souffle
[La vie au ralenti] C’est la chose la plus complex [La vie au ralenti] C’est la chose la plus complexe que j’ai à gérer avec la maternité : la gestion de mon temps et de mes priorités.
Le temps pour m’occuper de mon si petit et fragile bébé, le temps pour gérer mon entreprise - encore si petite et fragile. Le temps pour ma famille, mon amoureux, mes amis. Le temps pour m’occuper de la maison. 
Et, je n’ose plus vraiment l’écrire : le temps pour moi. Pour créer, pour écrire, pour prendre soin de moi. 

Je n’ai jamais admiré la course à la productivité et à la performance. Je n’ai jamais cherché à faire, ou produire, plus. Je souhaite bien faire. Je privilégie la qualité à la quantité. J’ai peu d’amis, mais ce sont évidemment les meilleurs. Je préfère flâner à courir. Acheter peu mais des produits de qualité. Observer le ciel qu’enchainer les rendez-vous. 

Mon unique ambition est d’être heureuse. Je crois que c’est ce qui devrait toujours se cacher derrière l’expression « réussir sa vie ». Je crois que le temps est ce que l’on possède de plus précieux. Je crois aussi que les premières années auprès d’un nourrisson sont souvent les plus intenses, précieuses justement et vertigineuses d’une vie. 

Alors, je jongle. Je teste. Je me teste, je me découvre. J’ai tout à apprendre.
J’essaie de trouver mes marques. J’essaie de me créer de nouveaux repères. J’essaie. Je m’émerveille chaque matin de la douceur de mon bébé. Il m’apprend la lenteur et la patience. J’allaite. Je le regarde. J’essaie de ne pas regarder l’heure. De savourer avec lui ces moments qui n’appartiennent qu’à nous. 

J’essaie de ne pas m’en vouloir de ne pas être performante. De bercer mon bébé plutôt que de boucler la collection de janvier. J’essaie de dormir malgré la pile de choses à faire. Je me mordille les lèvres quand je vois une faute, un mail que j’ai oublié. Je m’en veux, et je mentirai si j’écrivais le contraire.

J’essaie de me recentrer et de me rappeler que dans cinq, dix, ou vingt ans, ce n’est pas une faute que je pourrais regretter, mais le temps manqué avec mon fils. J’essaie de faire de mon mieux et c’est beaucoup. 

Je vous souhaite un week-end au ralenti
Juillet 2025 Juillet 2025
Le dernier voyage avant celui qui nous amènera ju Le dernier voyage 
avant celui qui nous amènera jusqu’à toi
J’ai aimé être enceinte.
Pourtant, quand je le por J’ai aimé être enceinte.
Pourtant, quand je le portais, j’avais peur de ne pas aimer mon bébé. J’avais peur de ne pas être à la hauteur. Cela me semblait vertigineux d’offrir, du jour au lendemain, tout son temps et son énergie à un inconnu. Si mignon soit-il. 

Je savais que j’adorerais avoir un enfant. Mais je ne savais pas si je saurais l'aimer dès les premiers mois.
Mes doutes se sont évaporés lors de notre rencontre. Je mesure ma chance : je sais que ce n’est pas une évidence.

Il faut un immense don de soi pour s’occuper d’un nouveau-né. Beaucoup d’amour, et une infinie patience, quand les nuits se défont. Je ne sais pas vraiment où j’ai puisé la force de lui sourire et de le cajoler, chaque matin, après ces nuits hachées. J’ignore si j’en serais à nouveau capable. J’admire toutes les mères.

Aujourd’hui, mon bébé est devenu un petit garçon. Il me parle, il me répond, il m’emmène découvrir des trésors que lui seul voit. Il s’étonne de la beauté d’une fleur et du vent sur sa peau. Et, en écho, je m’émerveille avec lui. Il me ramène, sans le savoir, à cette part d’enfance que l’on garde tout au fond de soi. Une part curieuse, joueuse, entière.
Tout devient plus simple, plus joyeux. Nous partons, ensemble, à la rencontre du monde.

Et je sais déjà que ce n’est que le début de notre histoire.
Ceci est mon corps, il porte mon enfant. Il est t Ceci est mon corps, il porte mon enfant. 
Il est terre d'accueil. 

Il protège, nourrit, berce. 
Il est une armure, un rempart face au monde extérieur.
Il est une maison douce, une maison tortue. Un nid bienfaiteur.

J’observe mon ventre et ma peau tendue, prête à s'ouvrir. Il fait chaud. Je porte une robe légère. Je te porte, ou c’est peut-être toi qui me portes finalement, 
Je sais que ce sont les derniers moments ensemble, juste tous les deux, hors du monde. Alors, je nous savoure, je nous profite. Je nous rêve, je nous observe. 

Je nous écris. Je voudrais me souvenir de toutes les émotions, toutes les sensations, toutes les pensées qui me traversent.
Je voudrais que tu saches cette invincible force que tu m’as insufflé durant neuf mois. 
Je m'étonne, chaque jour, de la puissance de mon corps et ses contours mouvants.

Bientôt, mon ventre s'ouvrira et mon cœur explosera.
Bientôt, peut-être demain, déjà, nous serons trois. Tu porteras, en toi, la promesse d'une vie nouvelle. Je ne sais plus si je dois compter les heures, ou les jours. Avec toi, j’ai perdu la notion du temps. Je suis entre entre deux rives. Je vogue.

Demain, ou peut-être vendredi, tes poumons se gonfleront d'air, tu seras parmi nous, parmi les vivants. Toi, tu naitras, et moi, je serai honorée du plus beau rôle d'une vie. 

En attendant, la joie.
En t'attentant, je me laisse bercer par le langueur de ces journées sans début ni fin. 
Je saisis la magie de ces jours suspendus. 

Mes doigts sur mon ventre ; j’imagine ton visage, ta peau douce et tes cuisses minuscules. Ton regard sur nous, tes joues à croquer, et ton petit nez. 
Je te dessine. Je te pense. Je te comprends. Je te sais. 

Je me découvre maman kangourou, koala, louve, cigogne. Je te couve. Au milieu de l'été, je déambule. Au coeur de la ville, le nez au vent ; je te porte, te berce, te caresse. Je suis si reconnaissante, et fière, de te savoir blotti sous ma peau. 

J'observe, en moi, ébahie, le miracle de l’amour.
Dix mois. Dix mois de joie, de tendresse, de câli Dix mois. 
Dix mois de joie, de tendresse, de câlins. D’amour qui grimpe, qui grimpe, qui grimpe. Et qui fait des bisous. Dix mois d’amour qui se glisse qui éclate partout. Dans les nuits hachurées. Dans chacun de mes silences, de mes doutes. Dans mes colères. Dans cette culpabilité qui collent au corps, au coeur jusqu'aux cils parfois. 

Dix mois à perdre toute notion de temps, de priorités, de la vie d’avant toi. 

Dix mois que tu grandis si vite si vite mon trésor. Dix mois et tu étais encore au creux de moi, et te voilà déjà à gambader partout. A dire mama, à te dandiner quand on met de la musique, à rire aux éclats quand on danse. 

On nous avait pourtant prévenu. Tout passe si vite - tout. On nous avait mis en garde. Profitez, profitez. 

Alors, je passe le plus de temps possible a tes côtés. Je t’observe grandir. Je sais que demain ton enfance et les nuits sans fin seront déjà loin. Je sais combien ces moments sont précieux et éphémères. 

Je savoure. Je te dévore. Je me blottis contre toi. Ta peau douce contre la mienne fatiguée. Tes petites mains sur mon visage. On joue. Je te cajole, aime, savoure. Je t’écris pour me souvenir. Pour conserver une trace, pour te raconter, pour palier ma mémoire défaillante. Je t'écris pour que tu saches, quand tu seras grand, la vie douce quand tu te blottissais contre moi pour un chagrin, pour un câlin, pour un rien.

Tu es ma plus belle découverte, ma plus vertigineuse aventure. Mon plus grand défi. 

Tu es mon refuge, mon rempart contre les injustices, la colère et ce monde qui ne tourne pas rond. Ce rempart bouleversant qui me pousse, chaque jour, à dépasser mes limites et à redéfinir mes frontières. 

Dix mois, dis-moi que cette vie, à tes côtés, sera toujours aussi remarquable.

© 2026 Vie de Miettes

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